À quoi ressemblait un jardin au XIXe siècle?

Anne-Renaud Deschênes, adjointe à la coordination, montre ici... (Stéphane Lessard)

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Anne-Renaud Deschênes, adjointe à la coordination, montre ici une belle betterave prise dans le jardin.

Stéphane Lessard

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Batiscan) Quels légumes et quelles fines herbes cultivait-on, au XIXe siècle? La réponse se trouve dans le jardin du Vieux Presbytère de Batiscan où, pour la troisième année, des recherches historiques ont permis de reproduire le potager du curé Fréchette, prêtre de Batiscan entre 1843 et 1875 et de sa ménagère, Adeline.

Les responsables de ce projet, appelé «Les quatre saisons d'Adeline», ont pu faire une bonne reproduction historique du jardin typique de nos ancêtres en se procurant des semences ancestrales auprès d'entreprises spécialisées.

Certains des semences qui ont germé dans ce potager ne sont donc pas vendues dans les magasins de la région.

La quantité d'espèces végétales qui sont présentes dans le jardin du curé est assez impressionnante. La tomate étant considéré comme une plante toxique, à cette période, elle ne fait pas partie de la collection. Toutefois, pour tenir compte de l'influence anglaise, on cultive des pommes de terre, soit la Belle rose à la pelure fuchsia et à la chaire rose et la Crotte d'ours, bref, rien de ce qu'on trouve au supermarché.

L'influence amérindienne est elle aussi bien présente dans ce carré de légumes. Un secteur est consacré en effet au trio courge, haricot et maïs. «Mais ce n'est pas un maïs qu'on peut consommer en épi comme aujourd'hui. C'est trop dur pour les dents. Ce maïs rouge foncé et dur comme de la roche, à maturité, est plutôt réduit en farine pour en faire de la soupe, du pain banique ou de la sagamité», explique Anne-Renaud Deschênes, adjointe à la coordination au Vieux Presbytère de Batiscan. Ce maïs est cultivé près des plants de haricot, à qui il sert de tuteur. Tout près, on trouve la citrouille algonquine, une grosse courge verte et orangée. «Elle est vraiment bonne et charnue», dit-elle.

On appelle ces plantes «les trois soeurs», dit-elle, car elles forment un parfait compagnonnage. «On le sait pour avoir fait des recherches dans les livres d'histoire. Le haricot rend l'azote à la terre tandis que les grandes feuilles de courge préviennent la sécheresse de la terre», explique-t-elle.

Les carottes, de leur côté, sont plus courtes et trapues que celles des temps modernes et leur couleur tire sur le rouge. «L'oignon était croqué comme une pomme», ajoute la guide en précisant qu'on le consommait aussi en tranches fines sur du pain en guise de casse-croûte. Les petits pois verts occupent une place importante dans ce jardin entièrement biologique. Ils étaient fort prisés au temps du curé Fréchette, indique Mme Deschênes.

La jolie et discrète capucine se démarque de toute cette verdure avec ses fleurs flamboyantes comestibles. Toutefois, «les feuilles se consomment aussi. C'est la fleur en version radis fort», précise la spécialiste. Le même petit goût poivré que la fleur donne donc un peu de piquant aux salades, d'autant plus qu'il y avait de quoi en faire, de la salade. Nos ancêtres cultivaient en effet de la laitue de variété langue de cerf qui n'a visuellement rien à voir avec les variétés d'aujourd'hui. Le navet aussi a un petit quelque chose de différent. C'est le navet plat hâtif à feuilles entières. «Un petit peu coriace, plus ligneux», dit-elle. Mieux vaut le manger en soupe.

Carotte, panais et choux étaient laissés sous la neige, en fin d'automne et Adeline pouvait ainsi aller en chercher à son gré, selon ses besoins.

Déjà, dans ces années-là, on avait un sens de la gastronomie puisque plusieurs fines herbes avaient leur place dans le potager, comme la livèche, la sauge, le persil, le thym, la sarriette et le cerfeuil, avec son bon goût de réglisse. «Beaucoup de choses venaient d'Europe», précise la guide.

Si les Européens ont importé beaucoup de végétaux au Canada, les autochtones ont aussi su les séduire avec leur maïs puisque, toujours selon Mme Deschênes, ils ont montré aux colons à faire du maïs soufflé sur les braises, une gâterie très prisée, même dans ce temps-là.

Quelques plantes médicinales ornent aussi ce jardin fort intéressant à visiter.

Au cours de la semaine du 10 au 14 août, plusieurs des plants indigènes cultivés par le Vieux Presbytère seront transportés dans des bacs en bois pour être exposés aux Fêtes de la Nouvelle-France, à Québec.

On peut visiter ce jardin de même que le Vieux Presbytère de 10 h à 17 h jusqu'au 29 octobre.




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