Saint-Étienne ne veut pas d'une installation de compostage

Il faudra s'habituer bientôt à trier les matières... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Il faudra s'habituer bientôt à trier les matières putrescibles à la source.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

La Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie ira visiter des usines de compostage au Québec et en Ontario, en juin, en prévision de l'arrivée du bac brun pour les matières putrescibles qui viendra allonger, en 2019 et 2020, le chapelet des bacs résidentiels destinés aux déchets et au recyclage.

Le président de la Régie, René Goyette, indique qu'il faudra en effet décider bientôt de l'avenir de nos matières putrescibles, celles que l'on peut transformer en compost et retourner à la terre. L'objectif du gouvernement est de ramener à 700 kg par habitant la quantité de matières résiduelles éliminées et de recycler 80 % de la matière organique putrescible.

Le tri à la source, c'est-à-dire par les citoyens à la maison, reste l'option privilégiée par la Régie, c'est-à-dire que chaque citoyen déposera dans ce troisième bac les rognures de légumes, plantes et résidus de table, bref, tout ce qui peut être transformé en compost.

Exactement où, par qui et par quel moyen ce compostage résidentiel sera-t-il effectué? Voilà la question à laquelle la Régie devrait être en mesure de répondre dès cette année.

La Municipalité de Saint-Étienne-des-Grès, pour une, refuse que la Régie aménage une installation de compostage sur son territoire, dit René Goyette. La Régie a donc déposé une demande à Champlain où elle possède aussi un lieu d'enfouissement sanitaire. Toutefois, «Champlain nous a mis des conditions qu'on pense ne pas être capable de réaliser», indique-t-il.

Le maire de Champlain, Guy Simon, explique que si la Régie veut faire du compostage dans sa municipalité, elle devra le faire dans une installation fermée qui ne dégage pas d'odeurs et se limiter à traiter les matières putrescibles de la Mauricie seulement.

Or, explique M. Simon, la Régie possède encore des contrats d'enfouissement avec des municipalités extérieures à la région et cette demande obligerait ces municipalités à «diviser leurs vidanges», dit-il.

Champlain tient à limiter la quantité et la provenance des intrants, explique le maire Simon, car les gens se souviennent encore de la mauvaise expérience vécue avec Compostage Mauricie, à Saint-Luc-de-Vincennes, dit-il. «C'est un sujet délicat à la Régie», fait-il valoir.

René Goyette assure de son côté que le projet de compostage que la Régie doit réaliser sera «complètement différent». Il existerait en effet des installations de compostage intérieures qui ne dégageraient aucune odeur, assure-t-il.

Le président ajoute qu'à ce stade-ci, toutes les options sont envisagées, incluant la possibilité de faire affaire avec le secteur privé, s'il le faut. Il en revient toutefois au ministère de l'Environnement et non à la Régie, précise-t-il, d'autoriser ou non une entreprise privée à construire une installation de compostage ou de transbordement dans la région. En résumé, il est encore beaucoup trop tôt pour savoir où s'en ira le contenu de notre éventuel bac brun.

L'implantation de ce qu'il est convenu d'appeler la «troisième voie» coûtera près de 9 millions $ à la région, juste pour les bacs bruns. La Régie s'apprête à faire des démarches afin de se prévaloir d'un programme d'aide qui paierait jusqu'au tiers de la facture, indique M. Goyette.

Des réflexions seront éventuellement nécessaires afin de déterminer comment et à quelle hauteur seront facturés les contribuables pour obtenir leur bac brun. «Quand on a eu le bac bleu, il y a eu une facture sur tous les comptes de taxes», rappelle-t-il.

«Il n'y a pas de solution miracle et facile», fait valoir le président. «On a des dettes d'une cinquantaine de millions $», rappelle-t-il. La quantité de matières résiduelles à enfouir va diminuer d'année en année (donc moins de revenus pour la Régie). «On a de plus en plus de normes en environnement à respecter», ajoute-t-il.

M. Goyette signale d'ailleurs que la Régie vient de décréter un règlement d'emprunt de 785 000 $ afin d'acheter de l'équipement qui lui permettra d'être conforme au niveau de ses rejets de zinc. Le projet totalise quelque 2 millions $ puisqu'il faudra aussi construire un bâtiment pour loger cet équipement.

«On n'a pas le choix», signale M. Goyette puisque ce traitement était rattaché au certificat d'autorisation remis à la Régie, l'an dernier.

C'est l'entreprise E2Metrix de Sherbrooke qui a finalement trouvé la solution au problème de rejets de zinc de la Régie qui avait fait les manchettes, l'an dernier. La Régie avait dû dépenser 2,3 millions $ afin de transporter ses rejets de lixiviat non conformes vers le système de traitement de la Ville de Trois-Rivières.

Malgré ces nouveaux défis à relever, René Goyette se dit très heureux de l'évolution de la Régie et estime que les problèmes rencontrés depuis quelques années sont réglés, incluant les plaintes d'odeurs engendrées par la cellule 4. M. Goyette prend bientôt sa retraite. Son mandat de président de la Régie se terminera le 16 novembre. Il quittera alors aussi la vie municipale.




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