Inquiétudes face à la gestion des déchets nucléaires

La centrale nucléaire Gentilly-2.... (Archives Le Nouvelliste)

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La centrale nucléaire Gentilly-2.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Bécancour) Le Mouvement Sortons le Québec du nucléaire (MSQN), qui avait été très actif avant la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2, reprend du service.

Dimanche, dans le cadre du grand rassemblement du Jour de la Terre qui se déroulera sur le quai de Bécancour, de 12 h 30 à 15 h 30, où sera lancée l'opération Vous ne passerez pas (www.vousnepasserezpas.com) contre l'avancée de la filière des hydrocarbures, le MSQN distribuera des dépliants sur la gestion des déchets nucléaires qu'il juge inquiétante.

Le MSQN se dit en effet très préoccupé par le projet entériné par le gouvernement Harper d'un immense dépotoir nucléaire, ou Installation de gestion des déchets près de la surface (IGDPS), qui sera aménagé par un consortium d'entreprises à but lucratif dans la région de Chalk River, en Ontario, près de la frontière du Québec. Le porte-parole du MSQN, Philippe Giroul, de Trois-Rivières, indique que son organisme craint que des déchets nucléaires de l'ancienne centrale Gentilly-1 et possiblement de Gentilly-2 se retrouvent à cet endroit.

La porte-parole d'Hydro-Québec, Véronique Trépanier, indique qu'Hydro-Québec n'a aucune entente avec les organisations qui visent présentement l'aménagement de sites d'entreposage de déchets nucléaires de faible et moyenne intensité.

Mme Trépanier précise que Gentilly-1 appartient à Énergie atomique du Canada qui fait sa propre gestion de l'installation. Quant à Gentilly-2, «le combustible irradié est le principal déchet. On doit le laisser dans une piscine de stockage pendant 7 ans et ensuite on le transfert dans des CANSTOR (enceintes de stockage de béton) sur le site» de Gentilly-2, dit-elle.

La Société de gestion des déchets nucléaires évalue actuellement des sites d'entreposage du combustible irradié pour tous les producteurs canadiens. «Actuellement, tous les sites potentiels sont situés dans le nord de l'Ontario», dit-elle. Les premières grappes de combustible ne commenceront pas à être transférées avant 2045, précise Mme Trépanier.

Pour ce qui est des déchets de faible et moyenne intensité, «on essaie de les réduire le plus possible à la source avant d'en disposer dans des enceintes de stockage appelées IGDRS (Installation de gestion des déchets radioactifs solides). «On en trouve un sur le site de Gentilly-2 depuis l'exploitation de la centrale», dit-elle. «Ça permet de conserver les déchets en toute sécurité jusqu'à la remise à l'état naturel du site qui est prévue en 2066.»

Selon le MSQN, le dépotoir de Chalk River sera situé sur les berges de la rivière Outaouais qui est une source d'eau potable pour des millions de Canadiens.

Dans une étude intitulée CNL Near Surface Disposal Facility Project, il est écrit en effet que les déchets nucléaires de faible et moyenne intensité provenant d'emplacements comme Gentilly-1 seront triés, empaquetés afin de rencontrer les exigences en matière de transport et envoyés soit aux laboratoires de Chalk River pour y être éliminés ou encore aux Installations de gestion des déchets près de la surface pour y être entreposés à long terme.

Le MSQN distribuera donc quelque 500 dépliants aux personnes qui prendront part à l'activité du Jour de la Terre, dimanche, afin de sensibiliser l'opinion publique sur ce projet qui devrait être en activité dès 2020. Rappelons que des manifestants des quatre coins du Québec seront au quai de Sainte-Angèle à cette occasion et plusieurs arriveront en autobus. La manifestation organisée par le Regroupement vigilance hydrocarbures Québec réunira des scientifiques, des citoyens et certaines personnalités, dont Martine Ouellet, Amir Khadir et JiCi Lauzon.




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