Pêcheurs: «On s'en va vers des affrontements»

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Une industrie de 10 millions $ menacée dans la région.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Louiseville) La communauté ne décolère pas face à la décision du ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs d'interdire l'utilisation de poissons appâts vivants pour la pêche blanche sur le fleuve Saint-Laurent.

Jean Lévesque, président de l'Association des pêcheurs du... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste) - image 1.0

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Jean Lévesque, président de l'Association des pêcheurs du lac Saint-Pierre.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

Le président de l'Association des pêcheurs du lac Saint-Pierre, Jean Lévesque, indique qu'une rencontre est prévue le 9 mars entre les intervenants du milieu touchés par cette décision.

«On va regarder quel genre de geste on peut poser», prévient-il. Ces derniers ne sentent pas, en effet, que leur voix est entendue par les autorités gouvernementales dans ce dossier. «On s'en va vers des affrontements», prévoit-il.

«Il y a une pétition qui circule à l'Assemblée nationale et on va demander aux gens de la signer», ajoute M. Lévesque.

C'est que cette décision annoncée mardi menace une industrie de quelque 10 millions $ dans la région.

«À un moment donné, il y avait des menés qui venaient des États-Unis et qui étaient vecteurs de maladie», reconnaît Jean Lévesque. «Mais quand tu prends les menés dans le même plan d'eau, il n'y a pas de problème», fait-il valoir. Bref, dit-il, «il y aurait eu moyen de faire autrement pour éviter l'impact économique de cette décision-là», plaide-t-il.

«C'est une catastrophe pour la pêche sportive d'hiver sur le lac Saint-Pierre», a commenté pour sa part l'Aire faunique communautaire du lac Saint-Pierre, mercredi. L'organisme de protection de l'environnement et de promotion de la pêche sportive affirme «qu'aucune étude de risques sur les probabilités que des problèmes surgissent n'a été présentée» par le ministère pour justifier cette décision.

L'AFC qualifie de «très théorique» l'idée que la dispersion des maladies et d'espèces exotiques aquatiques envahissantes dans les plans d'eau du Québec se fasse par les appâts vivants.

L'AFC estime qu'il existe en effet «un éventail de vecteurs de propagation autres que la pêche sportive». Elle déplore aussi les pertes économiques que cette décision engendrera.

Le député de Maskinongé, Marc H. Plante, ne cache pas que son bureau de comté a reçu plusieurs appels au lendemain de l'annonce de cette mesure. Il a vite compris que cette décision ferait des mécontents.

«Mais il faut prendre des décisions sur une base scientifique», fait-il valoir. «Je ne veux pas me mettre entre les deux, mais la décision que le ministère a prise est basée sur des données scientifiques», explique-t-il.

Le député estime que la surprise, dans le milieu, «ne devrait pas être si grande. L'interdiction du poisson appât en été était déjà annoncée depuis 2012 et ça devait tomber en vigueur cet été. Même morts, ces appâts peuvent présenter des virus pathogènes qui sont indétectables par les commerçants et les utilisateurs», plaide-t-il en se basant sur des documents du ministère.

«On conserve quand même le droit aux poissons appâts morts en hiver (sur le fleuve)», souligne le député Plante. «On a conservé l'utilisation du mené mort pour la pêche hivernale afin de permettre à l'activité économique de continuer», fait valoir le député en rappelant qu'il y a eu un sondage en ligne, l'automne et l'hiver derniers, par le ministère à ce sujet.

L'Aire faunique communautaire invite malgré tout les gens à signer la pétition sur le site de l'Assemblée nationale ou sur son site (http://afclacst-pierre.org/petitions-poissons-appats/) et estime que «l'encadrement réglementaire existant concernant l'utilisation des poissons appâts, leur transport, leur importation ainsi que le zonage appliqué aux ensemencements sont suffisants afin de limiter le potentiel de la pêche sportive comme vecteur de propagation d'espèces envahissantes au Québec.»

Tout laisse croire que la décision ministérielle ne passera donc pas aussi facilement parmi les usagers du lac Saint-Pierre que la carpe asiatique a réussi à le faire, récemment, dans le fleuve Saint-Laurent.




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