Vadeboncoeur a déjà dénoncé les pratiques de GDG Environnement

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Richard Vadeboncoeur, présentement responsable du développement des affaires chez GDG Environnement, en a déjà eu long à dire sur cette entreprise dans une autre vie.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Les soupçons d'irrégularités soulevés par Conseillers forestiers Roy au sujet de l'attribution d'un contrat pour le contrôle des insectes piqueurs à Shawinigan ne constituent qu'une doléance supplémentaire à l'endroit de GDG Environnement.

L'actuel responsable du développement des affaires de l'entreprise trifluvienne, Richard Vadeboncoeur, est bien placé pour le savoir, puisqu'il avait lui-même dénoncé le même genre de pratique à Trois-Rivières en 2008 et 2009.

À ce moment, M. Vadeboncoeur occupait les mêmes fonctions, mais pour une autre entreprise, Groupe Bio-Services. Elle se spécialisait aussi dans le contrôle des insectes piqueurs.

Le Groupe Bio-Services tentait alors d'obtenir le contrat pour l'épandage dans le secteur Trois-Rivières-Ouest. De son point de vue, le conseil municipal favorisait subtilement GDG Environnement pour l'attribution de ce contrat. M. Vadeboncoeur s'en était plaint au ministère des Affaires municipales, en octobre 2008, ainsi qu'au Vérificateur général de la Ville de Trois-Rivières, en janvier 2009.

En 2007, le conseil municipal avait accordé un contrat de 25 000 $ à GDG Environnement pour préparer les traitements l'année suivante. Lorsque l'appel d'offres a été publié en 2008, M. Vadeboncoeur estimait que son compétiteur bénéficiait d'une longueur d'avance et que les délais étaient beaucoup trop courts pour que son entreprise présente une offre complète.

Le devis avait également irrité Groupe Bio-Services. «Par exemple, des éléments d'évaluation utilisés reposaient sur des critères demandant 21 ans d'expérience», illustrait M. Vadeboncoeur dans nos pages, le 21 janvier 2009. À ce moment, son entreprise offrait le contrôle biologique des insectes piqueurs depuis une dizaine d'années et avait obtenu la confiance de plusieurs municipalités, dont Laval. 

En 2009, le conseil de Trois-Rivières a finalement accordé le mandat au Groupe Bio-Services, pour une durée de trois ans. L'entreprise a toutefois été acquise par GDG Environnement en mars 2010 et M. Vadeboncoeur s'est ainsi retrouvé chez la firme qu'il dénonçait quelques mois plus tôt.

Le responsable du développement des affaires reconnaît des similitudes entre ses doléances avec le Groupe Bio-Services et celles de Conseillers forestiers Roy aujourd'hui.

«On chialait, on essayait de se faire accepter», résume M. Vadeboncoeur. «C'est un peu le lot de toutes les entreprises. Tout le monde est dans le même bain: il faut se faire les dents sur des mandats et quand on a une certaine expertise, on vient à bout de se faire valider.»

«Ce n'est pas une question de culture d'entreprise», ajoute-t-il. «C'est juste que GDG a plus d'expertise que les autres parce qu'ils ont inventé le service. À Trois-Rivières, (Groupe Bio-Services) braillait pour avoir des contrats et on disait qu'on était bon. Quand on est dans une situation où on a moins d'expertise, c'est le jeu de dire que t'es bon. C'est de bonne guerre. (Conseillers forestiers Roy) crie haut et fort qu'il est bon, comme nous l'avons fait dans le temps.»

Les dénonciations de M. Vadeboncoeur au ministère des Affaires municipales n'avaient pas été jugées recevables.

Stratagème

Quelques années auparavant, GDG Environnement et le Groupe Bio-Services avaient également défrayé la chronique judiciaire à la suite d'un appel d'offres à Gatineau. 

En 2004, quatre entreprises avaient déposé une soumission pour le contrôle des insectes piqueurs sur une partie de cette ville, mais seulement trois s'étaient qualifiées après l'étape du pointage intérimaire: GDG Environnement, Sylvico et Bio-Services. Cette fois, le comité de sélection de la Ville de Gatineau avait levé le drapeau.

Sylvico, acquise par GDG Environnement en janvier 2003, avait simplement été utilisée pour présenter un prix disproportionné. Le juge Benoit Moulin avait d'ailleurs relevé que la même personne avait préparé les soumissions de GDG et de Sylvico, mais que l'offre de la filiale était près de deux fois plus élevée. 

En agissant de la sorte, Sylvico favorisait GDG, qui pouvait obtenir des points en tant que deuxième plus bas soumissionnaire, dans le pire des scénarios. L'offre la plus élevée recevait une note de 0 pour ce volet. Au total des points, cette subtilité avait permis à GDG de coiffer Bio-Services et d'obtenir le contrat. 

Le juge avait ainsi reconnu un préjudice de 63 000 $ en faveur du Groupe Bio-Services, montant qui correspondait à la perte de profits évaluée. GDG Environnement avait porté cette décision en appel, mais elle avait été déboutée.

À la suite du jugement en première instance, le Bureau de la concurrence du Canada avait obtenu une ordonnance à l'encontre de GDG Environnement et de Sylvico, en avril 2008.

L'ordonnance avait été rendue sans reconnaissance de responsabilité ou de culpabilité aux termes de la Loi sur la concurrence, mais les deux compagnies avaient dû mettre en oeuvre des mesures pour se conformer aux dispositions de la loi qui portent sur les complots et le trucage des offres.




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