Insectes piqueurs: «Il faut avoir l'expertise»

Richard Vadeboncoeur, biologiste et responsable du développement des... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Richard Vadeboncoeur, biologiste et responsable du développement des affaires chez GDG Environnement.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le fait que la Ville de Shawinigan n'ait pas reconnu un pointage suffisant à Conseillers forestiers Roy pour lui permettre d'obtenir le contrat du contrôle biologique des insectes piqueurs ne représente pas un cas isolé, souligne Richard Vadeboncoeur, directeur du développement des affaires chez GDG Environnement.

Du reste, il avance que les municipalités qui ne sont pas bien desservies peuvent développer une opinion négative de ce service, les rendant méfiantes sur son efficacité.

M. Vadeboncoeur a paru courroucé par les propos d'Antoine Roy, directeur général de Conseillers forestiers Roy, rapportés dans notre édition de samedi.

Rappelons que l'entreprise saguenéenne n'est même pas parvenue à obtenir la note minimale de 70 % pour être considérée dans le processus d'appel d'offres pour le contrôle biologique des insectes piqueurs à Shawinigan. M. Roy s'en désole et se demande comment les citoyens peuvent accepter ce qu'il considère comme l'instauration d'un monopole.

De son côté, M. Vadeboncoeur laisse entendre qu'il existe un monde entre la qualité du service offert par GDG Environnement et celle de son principal compétiteur au Québec.

«On n'est pas surpris qu'il ne soit pas conforme à Shawinigan; il ne l'est pas à bien des endroits», commente le porte-parole. «Ce n'est pas qu'à Shawinigan qu'il ne se classe pas à 70 %. À Mont-Tremblant, il n'avait même pas 50 %!»

Vérification faite, cette ville des Laurentides a toujours retenu les services de GDG Environnement pour le contrôle des insectes piqueurs depuis 2005. À la suite de son dernier appel d'offres pour les années 2017, 2018 et 2019, Conseillers forestiers Roy a déposé une soumission.

Elle a obtenu un pointage technique de 42 %, nettement insuffisant pour aller plus loin dans le processus. GDG Environnement, qui avait récolté 98 %, a donc obtenu le contrat pour un montant de 184 300 $ par année.

La Tuque offre le contrôle biologique des insectes piqueurs depuis 1994. Lors de l'attribution du dernier contrat en 2013, GDG Environnement avait obtenu une note de 91,5 %, alors que Conseillers forestiers Roy ne s'était pas qualifiée avec un 66 %.

Comment expliquer que cette entreprise puisse obtenir des contrats dans certaines municipalités en battant l'offre de GDG Environnement alors qu'ailleurs, elle ne parvient même pas à obtenir le pointage minimal pour se qualifier pour soumettre son prix?

«Il y a des places où ils sont sûrement capables de mettre un peu de produit dans l'eau», ironise M. Vadeboncoeur.

«Mais quand ça devient complexe, ils l'échappent. Tout le monde est capable de s'acheter du Bti et d'en mettre dans l'eau. Pour faire un projet efficace, il faut avoir l'expertise. GDG est dédiée au contrôle biologique depuis 35 ans.»

«Nous avons une structure de coûts très rigoureuse, nous n'avons pas de sous-traitant, nous avons une synergie avec d'autres mandats, ce qui nous permet d'avoir de meilleurs coûts. 

Nous sommes moins chers que notre compétiteur dans la plupart des appels d'offres. En plus, on maximise les retombées locales. Ce sont des gens de Shawinigan qui travaillent sur le projet de Shawinigan.»

Un modèle

M. Vadeboncoeur fait remarquer que les grilles d'évaluation sont pratiquement identiques d'une municipalité à l'autre. Il ne nie pas que des fonctionnaires municipaux puissent s'être inspirés de l'expertise de GDG Environnement pour la conception de devis.

«Les Villes se les échangent», explique-t-il. «Quand on parle de contrôle biologique des insectes piqueurs, certains éléments doivent être mentionnés, comme l'utilisation du Bti, le test de nuisance, les résultats attendus. Ça fait 35 ans que GDG a inventé le programme municipal de contrôle des insectes piqueurs. C'est normal qu'on fasse référence à des choses qui viennent d'ici.»

M. Vadeboncoeur estime que les citoyens devraient féliciter la Ville de Shawinigan pour sa rigueur en imposant une grille de pondération aux soumissionnaires plutôt que d'y aller simplement avec le plus bas prix. «La Loi sur les cités et villes est là pour protéger le citoyen. Il y a eu des histoires d'horreur quand on donne des contrats de déneigement au moins cher et après, ça chiale partout.»

«Ce qui est plate, c'est que lorsque des entreprises s'essayent dans le domaine et qu'elles ne livrent pas la marchandise, ça risque de créer un tort à tout le service», craint M. Vadeboncoeur.

«Si les gens de Terrebonne ou de Saint-Donat disent que ça ne fonctionne pas, ils risquent de mettre tout le monde dans le même bain. On veut dissocier GDG de la compétition.»

En toute fin de journée, la Ville de Shawinigan a publié un communiqué de presse dans lequel elle demande «une rétractation et des excuses» à Conseillers forestiers Roy pour ses «propos diffamatoires».




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