L'Environnement: «Le ministère de la pollution»

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Serge Fortier du Comité gaz de schiste de Bécancour affirme que le ministère de l'Environnement n'a pas la capacité de protéger adéquatement l'environnement.

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(Bécancour) La contamination des terres à Bécancour par des produits toxiques qui fuient d'un site d'enfouissement de matières dangereuses résiduelles démontre l'incapacité du ministère de l'Environnement de faire correctement son travail. C'est du moins ce que croit Serge Fortier, un militant écologiste et membre du Comité gaz de schiste de Bécancour.

Bien que son organisation milite principalement ces dernières années contre l'exploitation du gaz de schiste et pour un contrôle par le ministère de l'Environnement des puits déjà existants dont plusieurs fuient, Serge Fortier fait un parallèle entre ces questions et la contamination des terres à Bécancour.

«On se rend compte que le gouvernement ne contrôle pas la situation au niveau de l'environnement», lance d'emblée en entrevue Serge Fortier.

Le Comité gaz de schiste de Bécancour collige actuellement avec d'autres groupes les données concernant les puits de gaz naturel du Québec. Pour Serge Fortier, ce dossier et celui des terres contaminées de Bécancour démontrent une attitude symptomatique du ministère de l'Environnement. 

«Plusieurs fuient et contaminent les sols. Puis le ministère de l'Environnement ne fait rien de ce côté-là», dénonce Serge Fortier qui y voit une attitude généralisée de la part du ministère garant de la protection de l'environnement.

«Il ferme les yeux sur les contaminations connues ou n'est pas intéressé de connaître la situation des puits inactifs qui contamineraient le sous-sol. Il y a un parallèle à faire avec le dossier de Bécancour. Ce n'est pas d'hier que le ministère est au courant de la problématique. Ça fait au-delà de dix ans.»

Ce militant écologiste n'hésite pas à dire que le ministère de l'Environnement est «dépassé par les événements».

«Je ne sais pas si c'est par manque d'effectifs, il y a eu beaucoup de coupes auprès du personnel qui avait beaucoup d'expérience en environnement. Le gouvernement est dépourvu d'effectifs suffisants pour assurer la qualité de l'environnement et faire respecter la réglementation», soutient M. Fortier. «Le gouvernement éteint des feux, c'est tout ce qu'il est capable de faire.»

Le ministère de l'Environnement souffrirait, de plus, d'un manque de transparence «dans tous les dossiers».

«C'est leur attitude. Il tient secrètes des problématiques parce qu'il ne sait pas comment les régler. Il n'a pas les effectifs ou les compétences pour les régler», dénonce Serge Fortier.

«Nous avons montré à la population qu'il y a des puits de gaz naturel qui fuient, comme celui de Sainte-Françoise. Toutefois, lorsque ce problème est arrivé dans les médias, le ministère est allé installer une clôture autour de ce puits. Il n'a même pas bouché la fuite. Et le gaz sort encore. Le ministère sait qu'il fuit, mais il ne fera rien comme il ne fera rien pour les autres.»

Ce manque de transparence serait jumelé à une culture du secret. Toutes les données concernant les puits de gaz naturel qui fuient ne sont pas divulguées, précise Serge Fortier. Il est donc porté à croire que le ministère de l'Environnement agit de la sorte dans la majorité des dossiers.

«On veut être au courant de ce qui nous pend au bout du nez. Il y a des bombes à retardement, puis les citoyens ne sont pas au courant. Et le ministère de l'Environnement ne bouge pas tant et aussi longtemps que le ''feu'' ne prend pas ou que la problématique ne nous saute pas en pleine face. Après il arrive et dit qu'il va faire un plan d'action... mais il fallait prendre les actions avant», soutient-il.

Sensé faire respecter la réglementation en place, le ministère de l'Environnement est davantage, estime le Comité gaz de schiste de Bécancour, un ministère qui «donne des permis de polluer».

«Ce n'est pas le ministère de l'Environnement, c'est le ministère de la pollution», tonne M. Fortier. «Quand la pollution devient trop grave et que ça affecte les citoyens, il y a une plainte qui se fait et là, tu vois ressortir le ministère.»

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