Terres contaminées à Bécancour: Martel fouille le dossier

Le député Donald Martel.... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Le député Donald Martel.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) Avec des informations qui se multiplient sur de possibles erreurs du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) entourant l'ancien site d'enfouissement industriel à Bécancour, Donald Martel dit vouloir «fouiller ce dossier».

«Je vais faire une demande d'accès à l'information auprès du ministère pour avoir en main tous les rapports qui ont été faits dans cette période-là», a-t-il annoncé au Nouvelliste. Au moment de mettre sous presse, le MDDELCC n'avait toujours pas fait le point sur les reproches qu'on lui adresse.

Dans Le Nouvelliste du 28 novembre, le député de Nicolet-Bécancour avait évoqué la possibilité que des toiles de protection aient été perforées par le ministère, d'où les problèmes actuels de contamination de la nappe phréatique. Ce même scénario a été rapporté jeudi sur les ondes du 106,9 Mauricie par un propriétaire du site, Julien Péloquin.

«C'est causé par le ministère de l'Environnement. C'est eux autres qui sont allés faire des carottes, c'est eux autres qui sont allés jouer dedans. Pourquoi le ministère de l'Environnement a fait ça? Pourquoi le ministère de l'Environnement se cache aujourd'hui? C'était complètement ridicule d'aller percer les membranes. On se réveille avec la nappe phréatique qui est contaminée», a-t-il lancé lors de l'entrevue radiophonique tout en fustigeant les fonctionnaires du ministère concerné.

Pour sa part, le représentant caquiste dit vouloir chercher la vérité. «Je me dis, est-ce que le ministère veut cacher des choses? Je ne réponds pas», a soulevé celui qui avoue ne pas disposer des preuves nécessaires pour confirmer les possibles manquements du ministère. 

«Ce qui m'a incité à douter, c'est qu'il y a une période de sept, huit ans où le ministère est complètement absent du dossier. Quand on fait de l'échantillonnage comme ça, il ne faut pas creuser dans la cellule. Si tu t'en vas dans la cellule et que tu détruis toutes les mesures de protection, c'est pas fort. Normalement, tu vas creuser à l'entour de la cellule pour voir si ça s'est répandu», a-t-il ajouté.

Par ailleurs, les informations voulant que le MDDELCC «n'était pas sur place» l'amènent, dit-il, «à faire de l'extrapolation». «J'ai plein de dossiers où le bureau régional fait de la surveillance ou des demandes un peu abusives. Je pense à Sainte-Eulalie, à Oriens Technologies et j'en ai d'autres. Il n'y avait pas mieux à faire pendant ces sept, huit années-là?», soulève M. Martel.

Selon lui, le ministre David Heurtel est actuellement de bonne foi. «Si le ministre veut protéger à tout prix son ministère, il devient un peu complice. Ce que je perçois du ministre, c'est qu'il a l'idée de foncer dans la même direction que moi, soit de trouver les solutions. C'est ce que je m'attends du ministre», poursuit le député provincial, qui entend même aller vérifier sur place. 

Le site qui a déjà été occupé par l'usine Recyclage Aluminium et Alsa Aluminium contiendrait une douzaine de cellules d'enfouissement renfermant quelque 368 000 tonnes de résidus considérés comme des matières dangereuses. Selon un rapport d'inspection, les cellules ne sont plus étanches et les résidus réagissent lorsqu'ils entrent en contact avec l'eau souterraine. Le tout dégage des gaz toxiques et inflammables. De plus, on note que les eaux contaminées coulent dans le réseau hydrographique de Bécancour.

Par contre, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec a voulu se faire rassurant. En effet, la Direction de santé publique et responsabilité populationnelle a affirmé qu'il n'y avait aucun risque «significatif» à la santé pour les résidents demeurant à proximité du site d'enfouissement industriel quant à la consommation d'eau de leur puits. 

À la Ville de Bécancour, un premier test s'est avéré rassurant pour les cinq résidences tandis qu'un second plus poussé, de nature viscochimique, est sous analyse.

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