Terres contaminées à Bécancour: aucun risque «significatif», selon le CIUSSS

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Habitant tout près du site contaminé à Bécancour, Jean-Guy Pinard reste sceptique par rapport à la qualité de son eau potable.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) Alors que la mise au jour de l'existence de terres contaminées à Bécancour a semé l'émoi, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec veut se faire rassurant.

En effet, la Direction de santé publique et responsabilité populationnelle (DSPRP) affirme qu'il n'y a aucun risque «significatif» à la santé pour les résidents demeurant à proximité du site d'enfouissement industriel quant à la consommation d'eau de leur puits.

Pourtant, l'eau embouteillée est recommandée pour les enfants de neuf ans et moins, histoire de réduire leur exposition aux fluorures. Car, dit-on, une eau qui présente des concentrations en fluorure supérieures à la norme québécoise pourrait entraîner l'apparition de fluorose dentaire chez les enfants de ce groupe d'âge, et particulièrement chez les moins de cinq ans.

«Ce n'est pas complètement une non-consommation pour ces enfants, mais c'est mieux de varier un peu les apports en eau. Pour boire, on est peut-être mieux d'utiliser de l'eau embouteillée, mais pour les jus et les soupes, il n'y a pas de problème à en consommer un peu. Mais avoir toujours ce seul apport d'eau-là, ça peut avoir un effet sur la minéralisation des dents et ça peut faire des taches sur les dents. C'est surtout esthétique», explique au Nouvelliste la conseillère en santé environnementale au CIUSSS MCQ, Karine Martel.

Comment expliquer que ce même CIUSSS soit favorable à la fluoration de l'eau? «Les niveaux pour la santé dentaire sont bien en dessous des normes. Dans ce cas-ci, on est au-dessus de la norme. C'est un dossier complètement différent», fait-elle remarquer.

Celle-ci rappelle que les occupants des deux résidences concernées ont été avisés de ces recommandations en 2013 et de nouveau en 2016. «Aucune autre recommandation de santé publique n'est nécessaire et les personnes de plus de neuf ans peuvent consommer leur eau en toute sécurité», précise Mme Martel. 

Dans le but de surveiller les impacts potentiels des contaminants, celle-ci indique que des analyses de la qualité de l'eau ont été effectuées par le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) dans les puits privés les plus près (plus de 1 km) de l'ancien site d'enfouissement appartenant autrefois à Alsa Aluminium et Recyclage Aluminium.

Les résultats sont comparés aux exigences du Règlement sur la qualité de l'eau potable (RQEP) et la DSPRP les reçoit depuis 2013. Or, parmi l'ensemble des éléments mesurés, les fluorures constituent l'unique paramètre qui s'est avéré au-dessus de la norme (maximum 3,6 mg/L par rapport à la norme RQEP: 1,5 mg/L), et ce, pour deux des quatre résidences concernées.

«Il faut toutefois préciser que les fluorures peuvent être présents de façon naturelle dans l'eau souterraine et de surface par dissolution des dépôts minéraux. Aucun avis de non-consommation n'a été émis par la Direction de santé publique pour l'ensemble des résidences à proximité», tient-on à indiquer. 

La DSPRP dit suivre de près la situation de l'ancien site d'enfouissement industriel à Bécancour et les problématiques environnementales qui en découlent, de concert avec le MDDELCC. Les préoccupations qui y sont associées portent principalement sur la qualité de l'eau potable. 

«Les eaux contaminées par le site d'enfouissement demeurent une situation préoccupante au niveau environnemental et des efforts doivent être faits sans délai pour régler cette situation. La Direction de santé publique continuera de suivre les résultats d'eau potable et de répondre aux préoccupations de la population touchée jusqu'à ce que la situation soit réglée», assure-t-on.

Alors qu'à la Ville de Bécancour, on se dit surpris de ne pas avoir été mis au courant de la situation de l'eau potable, la Direction de santé publique dit n'avoir pas jugé nécessaire d'en aviser la Municipalité «comme il s'agit de puits privés et qu'on n'a pas d'inquiétude particulière, sauf des recommandations très précises pour les jeunes enfants».

Pas rassuré

La mise au point du CIUSSS MCQ n'a aucunement rassuré Jean-Guy Pinard, qui habite tout près des terres contaminées, sur le chemin Louis-Riel.

«Je suis bien sceptique. Il y a tellement de cachettes dans tout ça. Tu te demandes si les résultats sont vrais. Tu te poses des questions. C'est la même rengaine que la première fois. Le taux de fluor a augmenté et c'est dangereux pour les dents des enfants», affirme celui qui a troqué le robinet pour de l'eau embouteillée «même si je ne suis plus un enfant et qu'il me reste moins de dents».

Finalement, le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, parle d'une bonne nouvelle par rapport aux informations du CIUSSS MCQ.

«Je trouve qu'ils ont réagi vite, compte tenu de l'ampleur de la problématique. Je donne beaucoup de crédibilité au département de la santé publique. Mais je veux quand même vérifier un peu. Si la santé publique réussit à sécuriser les citoyens, je vais être sécurisé», a-t-il conclu.

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