Problème d'odeurs: les municipalités pourraient en payer le prix

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Les travaux au LET donnent des maux de tête à la région.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Saint-Étienne-des-Grès) Le conseil d'administration de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie s'est réuni d'urgence, lundi matin, afin d'analyser le plan d'intervention imposé par Québec, vendredi dernier, visant à mettre fin au problème d'odeurs très fortes émanant du lieu d'enfouissement technique de Saint-Étienne-des-Grès depuis quelques semaines.

Le CA a finalement décidé d'écrire au ministère du Développement durable, Environnement et Lutte contre les changements climatiques pour lui demander plusieurs précisions en lien avec les nouvelles exigences imposées vendredi dernier.

«On a fait le tour du document avec les gens du conseil d'administration et de la direction», indique le président de la Régie, René Goyette.

«On a décidé d'écrire au ministère pour avoir des précisions sur certaines choses et s'assurer que lorsqu'on va accepter tout ça, ça va être clair, net et précis pour éviter qu'il y ait des délais additionnels», dit-il.

Cette affaire ébranle la Régie au point où elle a reporté l'adoption de son budget prévue pour mardi «parce que tout ça va avoir des incidences majeures par rapport au budget», prévoit le président.

On se rappellera que vendredi dernier, le ministère a annoncé que la Régie n'aurait plus le droit d'accueillir de vidanges à Saint-Étienne jusqu'à ce que ses travaux de mise à niveau soient terminés. Selon le maire de Saint-Étienne-des-Grès, Robert Landry, les travaux de captation des gaz devraient être terminés d'ici deux ou trois semaines, ce qui mettrait fin aux fortes odeurs.

Quand on lui parle des rumeurs voulant que le LET de Champlain ne pourrait pas dépanner la Régie, cette fois-ci, comme il l'a fait en juin, René Goyette répond: «Ça ressemble un peu à ça».

«S'ils s'en vont à Berthier, ça va coûter un peu plus cher», prévoit le maire Landry.

«Il va falloir faire un amendement aux contrats», dit-il. «Ça va avoir des impacts sur les finances municipales», prévoit-il, c'est bien certain.»

Et les impacts ne seront pas juste en Mauricie. En plus d'enfouir les déchets de la région, la Régie s'était engagée à recevoir les matières résiduelles admissibles du territoire de la Régie intermunicipale de gestion des matières résiduelles de L'Islet-Montmagny jusqu'en décembre 2017. Elle accueille aussi les déchets de La Tuque, La Bostonnais, La Croche et les territoires non organisés de ce secteur. La Régie s'occupe aussi des déchets du territoire de la Régie de Thetford jusqu'en 2018.

Elle devra donc trouver un endroit accrédité pour acheminer toutes ces matières, mais cela impliquera, pour les municipalités, la modification des circuits de transport et une baisse de revenus.

M. Goyette rappelle que la cueillette des matières résiduelles n'est plus une compétence qui relève de la Régie, et ce, depuis déjà longtemps. «Chaque municipalité a la responsabilité de ramasser les déchets», tient-il à préciser afin de corriger l'affirmation faite vendredi dernier par le ministère de l'Environnement selon laquelle «la Régie devra continuer à remplir ses obligations de collecte des déchets».

Le ministère de l'Environnement avait ordonné à la Régie, le 23 septembre dernier, de s'engager par résolution à obtenir les services d'une firme externe spécialisée afin de surveiller les travaux actuels de mise aux normes. Ces travaux sont directement responsables des odeurs pestilentielles qui incommodent les populations avoisinantes depuis environ trois semaines.

La Santé publique a contacté le maire Landry, lundi après-midi, après avoir obtenu de la Régie un rapport de modélisation de la dispersion atmosphérique autour du LET ainsi qu'une étude de caractérisation du biogaz.

L'analyse de la Santé publique se base donc sur ces documents et sur une estimation de la situation actuelle, précise Anne-Sophie Brunelle, conseillère en communications du CIUSSMCQ.

Selon l'analyse, le chlorure de vinyle n'est pas présent en concentration assez élevée pour atteindre la santé des citoyens à court terme.

«Quant au sulfure d'hydrogène, sa concentration dépasse le seuil olfactif et peut parfois irriter les yeux, le nez et la gorge. Cependant, ces effets sont réversibles quand l'odeur disparaît», indique-t-elle. «De plus, sa concentration est loin d'atteindre des seuils de dangerosité.»

«Le direction de la Santé publique est donc davantage préoccupée par les effets à long terme», précise-t-elle. Elle recommande «à la municipalité, à la Régie et au ministère de l'Environnement de mettre des solutions rapidement en place pour que la problématique se règle d'ici les prochaines semaines».

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