La lumière se pointe au bout du tunnel pour la Régie

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Parmi les demandes du ministère, la Régie devait aménager des puits horizontaux et verticaux de captation des gaz émanant de la putréfaction des déchets.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Saint-Étienne-des-Grès) La Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie était en pleine crise, en mai dernier et son président, René Goyette, brandissait la menace de fermeture du lieu d'enfouissement de Saint-Étienne-des-Grès.

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René Goyette, président de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

Trois mois plus tard, la crise est pour ainsi dire terminée et vers le 30 septembre, la Régie prévoit même qu'elle aura répondu à toutes les exigences imposées il y a trois mois par le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

Il semble que le ministère ait même donné un peu de corde à la Régie qui n'est pas arrivée à respecter l'échéancier du 8 août pour terminer les travaux exigés.

«C'est une question d'appels d'offres et de contrats», explique M. Goyette. «Étant un organisme public, il y a des délais à respecter et c'était impossible d'arriver dans les dates, d'autant plus qu'on était en pleine période de vacances», explique-t-il. «Ça a causé de sérieux problèmes. Le 18 août, toutefois, les derniers contrats étaient octroyés.»

La Régie est donc toujours dotée d'un certificat d'autorisation temporaire jusqu'à ce que tous les travaux soient complétés.

On se rappellera que deux points principaux étaient au coeur de la problématique. La Régie devait fournir une étude de dispersion atmosphérique sur 10 km à la suite de 148 plaintes d'odeurs déposées contre elle depuis juin 2014. Elle doit aussi régler son problème de dépassement des normes de zinc à l'effluent de son système d'eaux usées, une situation qui traîne depuis 2012.

Dans les deux cas, les solutions sont toujours en cours de réalisation.

René Goyette assure que «les discussions avec le ministère de l'Environnement sont excellentes.»

Pour ce qui est de la dispersion atmosphérique des odeurs, l'étude a été réalisée et remise le 15 juillet, mais le ministère a demandé quelques précisions de plus, dit-il. «On est en train de les compléter», assure-t-il.

Du côté des excédents de zinc, la Régie est en discussion présentement avec le ministère au sujet des normes sur les rejets qui fluctuent beaucoup d'un endroit à l'autre, certains rejets étant 100 fois supérieurs à ce qui est permis à la Régie, «et ça s'en va dans la même rivière», rappelle M. Goyette. «Donc, on a fait une demande de modification. Je devrais avoir des nouvelles cette semaine.»

La Régie a aussi donné, dans ce dossier, des mandats à E2Metric ainsi qu'au Centre national en électrochimie et en technologies environnementales (CNETE) de Shawinigan.

La Régie espère de tout coeur que les deux entreprises arriveront à une solution parce qu'elle continue, en effet, à transporter ses rejets de lixiviat par camion vers Trois-Rivières et Shawinigan, sur ordre du ministère, ce qui lui occasionne des frais astronomiques. Le 23 juillet, ces frais totalisaient quelque 600 000 $. «Aujourd'hui, je suis rendu à 920 000 $», indique M. Goyette.

On saura au prochain budget de la Régie si ces sommes occasionneront des hausses de la taxe des ordures, quoi que la Régie peut en éponger une partie grâce à des surplus réalisés l'an dernier. Si la situation devait perdurer jusqu'en décembre, toutefois, le total atteindrait les 2,3 millions $.

«Le CENETE a fait des tests, ce n'est pas terminé. E2Metrix me dit que dans 15 jours, ils vont me donner la réponse», signale M. Goyette.

À l'endroit où la Régie transporte son lixiviat excédentaire en zinc, «la norme, à l'entrée est de 10 et à la sortie, il n'y a pas de norme tandis que nous, notre norme de rejet est de 0,07. Et ça passe dans la même rivière», illustre-t-il.

«Ce matin (lundi) j'ai eu une conversation avec le ministère de l'Environnement. On devrait avoir des réponses dans le courant de la semaine. On attend ça avec beaucoup d'impatience», dit-il. «

Si nos normes ne sont pas revues, à la fin de l'année, on aura dépensé 2,3 millions $ de transport de Saint-Étienne aux bassins de Sainte-Marthe et aux bassins de la Ville de Shawinigan», dit-il.

Rappelons que la Régie avait été contrainte d'aller enfouir les déchets de la région au LET de Champlain parce que sa cellule 4 était pleine en fonction des normes qu'il fallait respecter.

Les matières résiduelles sont finalement revenues à Saint-Étienne six semaines plus tard, vers la mi-juillet.

La Régie estime que vers le 30 septembre, toute cette saga sera derrière elle et qu'au rythme où vont les choses, elle pourra enfin recevoir son certificat d'autorisation permanent et poursuivre sa mission.

Cette saga, rappelons-le, avait créé des frictions avec la Municipalité de Saint-Étienne-des-Grès. «Je comprends les gens de Saint-Étienne, mais je pense que lorsque tous les travaux seront faits, surtout pour les odeurs», dit-il, les choses vont rentrer dans l'ordre.

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