Hydrocarbures: manifestation contre le projet de loi 106 à Québec

Plusieurs membres du Comité Vigilance Hydrocarbures des municipalités... (Stéphane Lessard Le Nouvelliste)

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Plusieurs membres du Comité Vigilance Hydrocarbures des municipalités de la MRC de Maskinongé allaient manifester mardi contre le projet de loi 106, devant l'Assemblée nationale du Québec. Plusieurs autres regroupements de citoyens se sont joints à eux, de même qu'une communauté autochtone.

Stéphane Lessard Le Nouvelliste

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Michel Lamy
Le Nouvelliste

(Yamachiche) Une centaine de citoyens de la région ont participé mardi à une manifestation s'opposant au projet de loi sur les hydrocarbures.

Cette manifestation avait lieu devant l'Assemblée nationale, à l'occasion du début des travaux de la Commission parlementaire sur le projet de loi 106.

Le projet de loi sur les hydrocarbures soulève de nombreuses préoccupations au sein de la population de la Mauricie et du Centre-du-Québec. La loi 106 rencontre même de fervents opposants, en particulier les membres de différents regroupements de citoyens. À cet effet, le Comité Vigilance Hydrocarbures des municipalités de la MRC de Maskinongé avait organisé un transport par autobus pour rejoindre d'autres groupes de citoyens lors de la manifestation de Québec.

Bien que la cause semble émaner de la population, le camp des détracteurs de la loi reçoit l'appui de certains élus. Le maire de Saint-Élie-de-Caxton, Réjean Audet, a en effet critiqué la proposition du ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles.

«J'ai décidé d'appuyer le Comité Vigilance parce que le projet de loi est très contesté. Ça inquiète une bonne partie de la population. D'ailleurs, je n'ai rencontré personne qui m'ait dit que c'était une loi qui était correcte. Je ne serais pas capable de gérer une municipalité sans écouter ma population et j'espère que c'est ce que Québec fera», commente-t-il.

Notons que M. Audet s'est joint à ses concitoyens pour manifester devant l'Assemblée nationale.

«Cette loi brime les droits de la population et donne un plus grand pouvoir à l'industrie. À une époque où on tient un discours sur les énergies vertes, je comprends mal qu'on décide de donner plus de pouvoirs aux industries. C'est un non-sens! Pour ma part, je suis suffisamment inquiet pour aller à Québec avec le Comité Vigilance. Quand la population est inquiète, je pense que c'est mon devoir d'être là», ajoute-t-il.

Le Comité Vigilance Hydrocarbures des municipalités de la MRC de Maskinongé s'était également associé à d'autres groupes d'intérêts citoyens de la région et des régions voisines. Ainsi, des manifestants de Trois-Rivières, Lanaudière (plus particulièrement de Saint-Sulpice), Portneuf et Saint-Augustin ont profité du transport organisé par le Comité Vigilance pour se rendre à Québec. La nation algonquine de Makwanini s'est également jointe aux différents groupes dans leurs démarches de protestation.

La détermination était palpable au sein des manifestants. Sébastien Houle, l'un des porte-parole du Comité Vigilance, a expliqué que c'était le devoir des citoyens de s'exprimer lorsqu'ils étaient mécontents des décisions prises par leurs dirigeants.

«Le gouvernement est prêt à livrer le Québec pieds et poings liés à l'industrie pétrolière. Nous, les gens de la Mauricie, avec les premières nations et les immigrants, tous autant que nous sommes, allons dire haut et fort à Québec que notre sous-sol nous appartient!», clame-t-il.

Le fait d'avoir réussi à rassembler des gens d'horizons différents autour d'une même cause n'était pas sans semer l'enthousiasme parmi les organisateurs. «On est vraiment fiers qu'il y ait un groupe autochtone et des comités de citoyens qui se mettent ensemble pour dire au gouvernement que le Québec appartient à sa population, et que celle-ci ne se laissera pas faire», affirme M. Houle.

Le projet de loi 106 prévoit le retrait des compétences municipales en ce qui concerne les prélèvements d'eau destinés à l'exploration et à l'exploitation des hydrocarbures. Si la loi était adoptée, les projets de l'industrie pétrolière auraient priorité sur les plans d'aménagement et de zonage des municipalités et des MRC. En cas de désaccord avec l'industrie, celles-ci se verraient dans l'obligation de contester le projet en faisant appel à la Régie de l'énergie.

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