L'agrile du frêne s'approche

Le redoutable phytoravageur, l'agrile du frêne.... (Ville de Montréal)

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Le redoutable phytoravageur, l'agrile du frêne.

Ville de Montréal

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'agrile du frêne, cet insecte ravageur capable de venir à bout d'un frêne en quelques années, est aux portes de la Mauricie. L'Agence canadienne d'inspection des aliments vient en effet de confirmer que cet insecte a été officiellement identifié à Saint-Gabriel-de-Brandon, dans la MRC d'Autray.

André Robitaille de Service d'arbres Robec. ... (Olivier Croteau) - image 1.0

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André Robitaille de Service d'arbres Robec. 

Olivier Croteau

André Robitaille de l'entreprise Service d'arbres Robec, arboriculteur depuis 35 ans et membre de l'American Society of Consulting Arborists, disait déjà, l'an dernier, qu'il ne faudra qu'un an ou deux avant qu'on le voit apparaître en Mauricie.

«Je pense toujours qu'il est ici de façon latente parce que lorsqu'on le découvre officiellement, ça fait peut-être deux ou trois ans qu'il est déjà présent avant qu'il fasse mourir l'arbre. Quand l'infection commence, il n'y a que quelques insectes et ce n'est pas suffisant pour faire mourir l'arbre», explique-t-il.

Pour l'instant, rien n'indique que l'agrile s'est installé ici. La Ville de Trois-Rivières, pour une, est aux aguets. Quelque 27 pièges ont été aménagés un peu partout sur son territoire, pour la troisième année, afin de dépister la présence du phytoravageur. Pour l'instant, rien en vue, assure Cynthia Simard du service des communications de la Ville.

Quand l'insecte s'amènera, toutefois, on peut s'attendre à perdre les frênes en l'espace d'à peine six ans, dit-elle. 

«Selon les scientifiques, c'est un rouleau compresseur», indique André Robitaille. 

Ce dernier rappelle que l'avancée de l'insecte se fait surtout par le déplacement de bois contaminé d'une région à l'autre pour faire des feux dans les terrains de camping ou parfois même, via le bois de chauffage pour les foyers.

Certains clients de Robec feraient tout pour sauver leur frêne et sont prêts à payer entre 200 $ et 800 $ aux deux ans pour le faire traiter au Tree Azine, un insecticide qui a fait se preuves.

Mais le coût exorbitant de ce traitement fait en sorte qu'on ne pourra traiter tous les arbres tout le temps.

La Ville de Trois-Rivières a donc répertorié les 1887 frênes qu'elle possède et les a tous photographiés, cette année, question d'observer la progression éventuelle de chacun lorsque l'agrile frappera.

La Ville entend faire le même exercice l'an prochain sur les terrains résidentiels.

Le boulevard Gene-H.-Kruger compte une importante colonie de frênes qui devront tôt ou tard être abattus lorsque l'épidémie arrivera. La valeur de tous ces frênes est de 2,5 millions $.

Afin d'éviter l'apparition d'un important îlot de chaleur subséquent dans ce secteur, la Ville de Trois-Rivières a planté d'autres essences d'arbres entre les frênes qui prendront la relève, raconte Mme Simard.

Selon André Robitaille, c'est à Nicolet et à Bécancour que les pertes seront les plus impressionnantes puisque l'on compte beaucoup de frênes sauvages près de l'eau.

Bécancour ne fait pas de surveillance particulière du phénomène et aucun citoyen n'a encore manifesté un problème de ce genre à la Ville, indique Marie-Michelle Barette du service des communications.

André Robitaille recommande de remplacer les frênes malades par des espèces comme le ginko biloba, l'ostryer de Virginie, qui est indigène, et le bouleau jaune, l'emblème du Québec qui résiste à une autre maladie, l'agrile du boulot.

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