Le premier Hyundai à l'hydrogène au Canada testé à l'UQTR

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De gauche à droite: le ministre Pierre Arcand au volant de la Tucson à l'hydrogène, Faizan Agha, de Hyundai Canada, le recteur de l'UQTR, Daniel McMahon et le directeur de l'IRH, Richard Chahine.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Des hybrides aux pneus verts, tout sur l'actualité de l'auto écolo. »

Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le tout premier véhicule à l'hydrogène de Hyundai, un Tucson, a fait son entrée au Canada officiellement, mercredi.

La première voiture à l'hydrogène de Hyundai est... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste) - image 1.0

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La première voiture à l'hydrogène de Hyundai est louée par l'IRH de l'UQTR pour quatre ans à des fins d'analyses en conditions hivernales.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

C'est l'Institut de recherche sur l'hydrogène de l'Université du Québec à Trois-Rivières, où se trouve la seule station de ravitaillement en hydrogène au pays, qui le loue.

Une entente entre les deux parties permettra aux professeurs et étudiants de l'IRH de tester ce modèle, au cours des quatre prochaines années, dans les conditions hivernales difficiles du Québec, des essais qui seront suivis de très près, d'ailleurs, par le ministère des Transports.

Le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, était présent lors du dévoilement de ce nouvel outil de recherche qu'il a eu la chance de conduire pendant quelques minutes. Il s'agissait pour lui d'un deuxième essai de véhicule à hydrogène, le premier s'étant déroulé en Californie.

Le ministre en a profité pour annoncer une aide financière de 200 000 $ à l'IRH. Cette nouvelle contribution permettra notamment aux chercheurs de trouver un nouveau moyen de chauffer l'habitacle des voitures à l'hydrogène puisque ces véhicules électriques avec pile à hydrogène ne peuvent compter, on le comprendra, sur la chaleur dégagée par un moteur à essence pour assurer le confort des passagers en hiver.

La technologie à l'hydrogène de Hyundai a déjà été testée à des températures de -30 degrés Celsius, indique le professeur Richard Chahine, directeur de l'IRH, «mais nous allons la tester à des températures encore plus basses. Nous allons aussi observer son comportement, car nous avons des hivers très rudes ici», dit-il. L'IRH disposera aussi d'une Toyota à l'hydrogène, dans quelques mois, pour faire la même chose.

«Toyota et Hyundai voient le Québec comme un lieu favorable. L'acceptation des technologies propres, au Québec, est plus forte que dans les autres provinces», dit-il.

«Et pour les manufacturiers de véhicules, le Québec est une des plus belles places au monde pour montrer l'avantage de cette technologie parce que notre électricité est propre. Il y a des endroits, en Chine par exemple, où la voiture électrique est plus polluante qu'une voiture qui roule à l'essence parce que l'électricité vient du charbon», indique le directeur de l'IRH.

Les performances en hiver, le kilométrage, le démarrage à froid, autant d'éléments qui seront analysés dans un contexte de la vie quotidienne par l'IRH grâce à des équipements d'acquisition de données qui seront installés dans le véhicule. Des protocoles sont prévus avec le ministère et le fabriquant, ajoute le directeur.

Avec l'aide des subventions annoncées mercredi par le ministre Arcand, l'IRH va tenter de développer une technologie à l'hydrogène peu coûteuse qui pourrait allonger l'autonomie des véhicules électriques. L'IRH utilisera à cet effet sa petite voiture électrique Nemo qui n'a qu'une autonomie d'à peine 30 km.

Le Hyundai électrique à l'hydrogène dépasse de loin les performances des simples véhicules électriques. Son rayon d'action, par exemple, est de 500 km. Son temps de remplissage n'est que de 3 à 5 minutes.

En fait, c'est un VUS électrique, mais la batterie n'est pas la même, explique le professeur Chahine. Au lieu d'une batterie lithium-ion qui se recharge à l'aide d'une prise murale, le véhicule à l'hydrogène, lui, est doté d'une pile à combustible qui fonctionne à l'hydrogène.

Le Tucson à l'hydrogène de Hyundai est un VUS et non une petite voiture. Seule différence apparente avec le modèle traditionnel, c'est qu'il ne fait aucun bruit et n'a pas besoin de pot d'échappement.

L'autre différence, c'est la masse qu'on peut traîner avec autant d'autonomie qu'une voiture à essence conventionnelle, indique le professeur Chahine.

«À un moment donné, il y a comme un point de croisement où la voiture électrique devient moins favorable à ces applications», dit-il.

La voiture à l'hydrogène permet donc d'avoir les mêmes avantages qu'une voiture à l'essence sans être polluante. Mais quand arrivera-t-elle enfin sur le marché au Québec?

C'est un peu l'histoire de l'oeuf ou de la poule, semble-t-il. Les premiers véhicules à l'hydrogène se pointent timidement un peu partout dans le monde, mais encore faut-il un réseau pour faire le plein.

«Ça dépend comment le gouvernement et l'entreprise privée vont être impliqués là-dedans», indique le professeur Chahine. «Mais ça prend un catalyseur», plaide-t-il, c'est-à-dire «le gouvernement, mais il ne peut pas imposer des choses. Il peut faciliter les choses. Il en revient aux consommateurs et aux fournisseurs de ces produits-là» de faire pression, dit-il.

Le ministre Arcand, lui, rappelle la venue prochaine de son projet-pilote de trois stations multicarburants qui pourrait éventuellement comprendre l'hydrogène.

«On est ouvert. On a un merveilleux institut ici, à Trois-Rivières et on va travailler avec ceux qui veulent travailler avec nous», dit-il. L'hydrogène, «c'est une infrastructure à développer. On a besoin d'investisseurs», fait valoir le ministre.

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