Eau contaminée: le dossier du branchement progresse

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Robert Landry

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Saint-Étienne-des-Grès) La Municipalité de Saint-Étienne-des-Grès doit rencontrer le ministère des Transports du Québec la semaine prochaine afin de vérifier l'exactitude de l'étude préliminaire fixant à 2,2 millions de dollars les coûts d'extension du réseau d'eau vers le secteur contaminé par le sel de déglaçage.

De nombreuses maisons sont affectées par le sel de déglaçage qui contamine leur eau. Saint-Étienne a la solution d'étirer son réseau d'eau jusqu'à ce secteur situé à l'est de l'autoroute 55.

«Nos experts nous confirment que nous avons de l'eau en quantité suffisante pour les fournir. Mais l'étude (sur les coûts) a été faite par le MTQ et je veux m'assurer que tout est correct, que l'étude est encore juste», raconte Robert Landry, le maire de Saint-Étienne.

La solution proposée serait d'installer une conduite principale de 10 centimètres de diamètre (quatre pouces) pour amener l'eau jusqu'au secteur visé et y connecter un tuyau de cinq centimètres (deux pouces). Certaines questions ont été soulevées sur ce point lors d'une rencontre publique tenue lundi soir, surtout qu'il est possible que le tuyau alimente également une pépinière et un terrain de camping.

De plus, comme le problème de déglaçage n'est pas de sa responsabilité, il est hors de question que la Municipalité mette un sou dans ce projet. Selon le maire, des sommes d'argent du gouvernement pourraient venir aider la Municipalité à combler la différence entre la totalité de la facture et la part de 650 000 $ que veut investir le MTQ. C'est ce scénario qui est analysé actuellement.

«Tous ceux qui ont des problèmes avec le sel de déglaçage dans leur eau, on leur apporterait l'eau dans leur robinet sans frais. Les gens paieront les frais d'entretien annuels», continue M. Landry, qui ne s'attend pas à ce que le problème soit réglé avant cet automne ou même avant le printemps 2017.

La direction régionale du MTQ confirme que l'étude préliminaire fait état d'un projet dont les estimations varient de 1,5 à 2,2 millions de dollars. Le montant va se préciser à mesure que les plans et devis avanceront.

Réjean Lapointe, propriétaire de la Pépinière 55.... (Stéphane Lessard) - image 2.0

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Réjean Lapointe, propriétaire de la Pépinière 55.

Stéphane Lessard

Des doutes sur le projet du MTQ

Réjean Lapointe, propriétaire de la Pépinière 55, entretient de gros doutes sur l'efficacité d'un réseau composé d'un tuyau de quatre pouces et d'un autre de deux pouces pour alimenter tout un secteur.

«On prend de l'eau pour l'équivalent de 50 maisons, en plus du camping qui prend de l'eau pour 50 maisons, d'une ferme et de la cinquantaine de maisons qu'il y a dans le secteur. Si on est branché sur le réseau, on va avoir un compteur d'eau et ça va nous coûter entre 35 000 $ et 40 000 $ par année.»

M. Lapointe préférerait s'alimenter de façon permanente via une source située à l'ouest de l'autoroute 55, sur la propriété du MTQ et à l'abri des effets du sel de déglaçage. Il a déjà aménagé une conduite de 8000 pieds pour alimenter sa pépinière en eau à partir de cette source durant la belle saison. Il désire obtenir du MTQ une permission permanente du droit d'accès à cette source et que le MTQ investisse 150 000 $ afin d'aménager une traverse isolée qui fournirait de l'eau à longueur d'année à son entreprise.

«Le MTQ veut qu'on paie le 150 000 $, mais je pense que c'est au ministère de payer. Quand on s'est implanté ici, on est arrivé avant l'autoroute 55 et à ce moment, la qualité de l'eau était parfaite. Le MTQ dit qu'une permission permanente, ça n'existe pas. Mais il y a une traverse qui amène l'eau au secteur de la Terrasse. Est-ce une permission temporaire ou permanente?»

M. Lapointe estime que l'option de la traverse à 150 000 $ réglerait la question rapidement et de façon raisonnable avant de s'attaquer à un plus morceau: la Pépinière 55 a intenté une poursuite de plusieurs millions de dollars contre le MTQ pour dommages causés à son entreprise: l'eau n'est pas disponible en hiver, ce qui nuit à la production, et l'entreprise éprouve des problèmes de financement pour sa propriété en raison du problème d'eau.

«Le problème, c'est la manipulation et l'abus de pouvoir. Le MTQ veut étirer le dossier. Le MTQ pense qu'on va plier, mais ce ne sera pas le cas. Si on fait faillite, le dossier tombe. Mais on ne fera pas faillite. Avec la traverse à 150 000 $, on arrête l'hémorragie. Après, on règle la poursuite de trois millions de dollars», affirme M. Lapointe, en soulignant que l'allure de ce dossier prouve que de l'incompétence et de la collusion règnent dans certaines sphères gouvernementales.

Par le biais de son porte-parole, la direction régionale du ministère des Transports du Québec refuse de commenter le dossier de la Pépinière 55 en raison de sa judiciarisation.

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