Crise des déchets: une lueur d'espoir

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De gauche à droite: Pierre Giguère, député de Saint-Maurice, Christine Tremblay, sous-ministre au ministère du développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, le député Marc H. Plante, adjoint parlementaire au ministre du DDELCC et Pierre-Michel Auger, député de Champlain ont tenu un bref point de presse lundi.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le ministère du développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques a fait une proposition à la Régie de gestion des matières résiduelles de la Maurice, lundi, dans l'espoir de tirer cette dernière de sa mauvaise posture. La Régie a cinq jours pour y réfléchir et si elle dit oui, le ministère lui décernera un certificat d'autorisation temporaire de quatre mois pour lui permettre de régler ses problèmes.

Au cours d'une rencontre technique avec les médias, le sous-ministre adjoint Michel Rousseau a reconnu que le lieu d'enfouissement technique (LET) de Saint-Étienne-des-Grès est celui qui est le plus problématique au Québec, c'est-à-dire celui qui éprouve le plus de problèmes en même temps.

En fin de journée, le président de la Régie, René Goyette, s'est dit malgré tout «débordant d'optimisme.»

«Ça va au-delà de ce que j'aurais pensé», dit-il, en faisant référence au certificat temporaire qu'on lui offre et qui, en est-il certain, amènera la Régie «vers un certificat d'autorisation permanent».

«Ça a dégénéré de part et d'autre», reconnaît le président en parlant des événements des derniers jours. Mais après avoir dîné avec des fonctionnaires du ministère, lundi, «j'ai senti la collaboration revenir», dit-il. 

«Je suis heureux. On va travailler pour en arriver à une solution», résume-t-il en insistant pour remercier l'adjoint parlementaire du ministre, Marc H. Plante, pour ses interventions dans cette affaire.

Si la Régie dit oui à la proposition du ministère, elle pourrait alors dénouer son impasse en mettant temporairement plus de matières dans la cellule numéro 3 et ce, même si une entente légale est intervenue entre la Régie et la municipalité de Saint-Étienne-des-Grès, il y a quelques mois, pour ne pas rajouter de déchets dans les cellules 1, 2 et 3.

Il n'a pas été possible de parler au maire de Saint-Étienne, Robert Landry, à ce sujet lundi.

Seul un certificat d'autorisation du ministère ou un accord entre les parties pouvait briser cette entente. C'est exactement ce que la Régie espérait obtenir en attendant de trouver le moyen de régler tous ses problèmes de non conformité.

La Régie tient à modifier la géométrie de ses cellules afin de pouvoir y enfouir plus de déchets. Il s'agit là d'une option à long terme, comme l'indique le ministère, qui est assez commune parmi les LET du Québec. L'autre solution à long terme consiste à construire la cellule 5.

Sur une note plus positive, plusieurs situations reprochées à la Régie sont déjà réglées, ajoute le ministère. C'est le cas notamment du bruit, des risques de glissements de terrain et de l'intégration des cellules d'enfouissement dans le paysage. Il reste toutefois des exigences à remplir.

La Régie devra remettre au ministère certaines informations concernant le biogaz puisqu'il existe plusieurs zones où il n'est pas capté. Cela pourrait contribuer à régler sa problématique d'odeurs puisque 148 plaintes ont été déposées à ce sujet depuis 2014.

Quant à l'épineux problème du surplus de zinc dans le lixiviat, René Goyette mentionne que trois firmes offrent présentement des solutions potentielles à ce chapitre. Ce dernier ajoute qu'il faudra notamment éliminer les retailles de carcasses d'automobile (fluff) comme matériau de recouvrement des cellules.

Comme l'ont expliqué lundi les fonctionnaires du ministère, un surplus de zinc dans les rejets de lixiviat indique qu'il y a une problématique de métaux en général dans le contenu des matières acceptées au lieu d'enfouissement. La Régie devra donc trouver la source du problème et le régler si elle espère recevoir son certificat d'autorisation permanent.

Le ministère a d'ailleurs précisé qu'il existe 37 LET au Québec qui doivent respecter les mêmes normes et règlements.

La Régie a reçu plusieurs constats d'infractions au cours des derniers mois, notamment à cause du fait qu'il y a dépassement de la capacité autorisée des cellules actuellement aménagées.

Le ministère a indiqué qu'il entend faire un suivi très serré de la gestion du LET de Saint-Étienne. Un plan de contrôle ainsi que des inspections plus fréquentes permettront de s'assurer que les activités du LET se fassent en conformité avec son certificat d'autorisation actuel.

Finalement, le ministère constate aussi que depuis 2003, le recouvrement journalier de la cellule 1 a souvent été absent ou déficient et qu'en 2012, le recouvrement final n'a pas été complété, ce qui peut avoir des effets sur les odeurs et le volume de lixiviat.

Le ministère rappelle qu'il est obligatoire d'avoir un comité de vigilance. Or, on sait que ce dernier a été suspendu pour une question de représentativité.

En résumé, si la Régie accepte les conditions du ministère, un certificat conditionnel lui sera remis le 6 juin. La Régie sera ensuite accompagnée en continu. Les informations qui manquent devront être déposées au ministère au plus tard le 4 juillet. Le ministère terminera alors son analyse le 4 août. 

Le certificat d'autorisation permanent lui sera remis à la mi-août et la Régie devra continuer à suivre le plan de contrôle régulier que lui exige le ministère.

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