Saint-Étienne-des-Grès réplique face à la crise des déchets

De gauche à droite: Jacques Groleau, ancien président... (Sylvain Mayer)

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De gauche à droite: Jacques Groleau, ancien président du Comité de vigilance, le maire Robert Landry et le président du Mouvement citoyen de Saint-Étienne, Pierre Plourde.

Sylvain Mayer

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Saint-Étienne-des-Grès) Malmenée dans le dossier de la crise des déchets qui sévit dans la région, la Municipalité de Saint-Étienne-des-Grès affirme que la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie a agi de manière tout à fait illégale en modifiant la géométrie de sa cellule d'enfouissement numéro 4 pour y mettre plus de matières puisqu'elle n'a jamais reçu de certificat d'autorisation du ministère de l'Environnement pour faire cette expérience.

Le maire, Robert Landry, indique que la Régie a commencé à parler de modifier la géométrie de ses cellules en 2012. Lorsqu'il a été question de faire ce projet pilote sur la cellule 4, en 2015, la Municipalité de Saint-Étienne a insisté pour que la Régie dispose d'un plan B, dit-il, au cas où son projet ne recevrait pas l'aval du ministère de l'Environnement. Ce plan B, c'était de préparer la cellule numéro 5, dit-il, pour accueillir les matières résiduelles.

Que son projet de rehaussement des cellules 1, 2, 3 et 4 soit accepté ou non par le ministère, la Régie prévoyait de toute façon l'ouverture de la cellule numéro 5 pour 2018, dit-il, et ce, au coût de 3 millions $. Rien ne l'empêchait donc de la construire pour prévenir le coup.

La cellule est déjà creusée, indique le maire Landry, mais tous les équipements techniques ne sont pas installés. La Régie n'a donc pas de plan B pour recevoir les déchets sur ses propres terrains alors qu'ironiquement, la moitié du lieu d'enfouissement est encore vide.

Flanqué de l'ancien président du Comité de vigilance, Jacques Groleau et du président du Mouvement citoyen de Saint-Étienne, Pierre Plourde, le maire de Saint-Étienne ajoute que la Régie a tout fait pour cacher ses gestes illégaux du regard citoyen.

Depuis 2015, le Comité de vigilance, dont font partie plusieurs citoyens et des membres de la Régie, est en effet interdit d'accès au lieu d'enfouissement technique de Saint-Étienne alors que ses statuts et règlements autorisent des visites au lieu d'enfouissement technique (LET) pour voir si tout est conforme.

Le maire ajoute que la Régie a passé cinq mois, récemment, sans avoir de détecteur de déchets radioactifs alors que c'est obligatoire.

«Ce qui va à la rivière va aussi dans la prise d'eau de Trois-Rivières», rappelle M. Landry.

D'ailleurs, ajoute-t-il, «on (la Régie) a mis la hache dans le Comité de vigilance» sous prétexte qu'il y avait trop de représentants citoyens alors que dans certaines municipalités québécoises où il y a un LET, il y a encore plus de citoyens dans le comité de vigilance que dans celui de Saint-Étienne.

«Depuis mars 2014, on me fait sortir des réunions de travail quand il est question de Saint-Étienne. Il a fallu que je passe par la loi d'accès à l'information pour avoir des documents», se plaint M. Landry.

Depuis que la cellule numéro 4 a été rouverte pour être modifiée, les plaintes de mauvaises odeurs se sont multipliées dans la municipalité, ajoute-t-il.

Il félicite en ce sens le ministère de l'Environnement d'avoir exigé une nouvelle étude de dispersion des odeurs sur 10 km, car il faut savoir, dit-il, jusqu'où elles se rendent.

Robert Landry indique qu'à de nombreuses reprises, la Régie a agi sans résolution de ses membres. Ce fut le cas, dit-il, lorsqu'elle a envoyé une mise en demeure puis un mandamus pour forcer Saint-Étienne à retirer son règlement qui l'empêchait de modifier la géométrie des cellules. Elle aurait agi aussi sans résolution quand elle a modifié la cellule 4, affirme-t-il.

«Depuis qu'ils ont modifié la cellule 4, il y a eu 23 plaintes, juste en décembre, pour les odeurs», signale-t-il.

Le maire Landry a remis aux médias une copie de tous les avis de non-conformité envoyés à la Régie par le ministère de l'Environnement.

Le maire n'entend pas demander la mise en tutelle de l'administration. «On demande que la Régie respecte la réglementation», dit-il. «J'ai parlé au ministre Heurtel et il m'a confirmé que tout ce qui est demandé à la Régie est aussi demandé à tous les autres LET du Québec.»

La Régie a reçu du ministère une liste de 14 questions relativement à son projet de rehaussement des cellules d'enfouissement, en juillet 2015, puis une autre en mars 2016 qui comptait cette fois 19 questions. Le maire estime que le ministère fait son travail. «La Régie n'aurait toujours pas acheminé au ministère l'ensemble des documents requis pour émettre un nouveau certificat d'autorisation», dit-il.

S'il fallait que le ministère lui remette un tel certificat, le maire Landry promet que la population va monter aux barricades. Bien qu'aucun projet en ce sens n'ait été encore préparé, le maire ne serait pas surpris qu'on bloque alors l'accès des camions au LET de sa municipalité.

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