Gentilly-2: fin du plan de mesures d'urgence nucléaire

Le plan de mesures d'urgence nucléaire externe pour... (Émilie O'Connor Le Nouvelliste)

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Le plan de mesures d'urgence nucléaire externe pour la centrale nucléaire Gentilly-2 est aboli.

Émilie O'Connor Le Nouvelliste

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(Bécancour) Les citoyens habitant dans le rayon de huit kilomètres de la centrale nucléaire Gentilly-2 pourront désormais se départir des comprimés d'iode et de la documentation d'information les renseignant sur les mesures à prendre en cas d'accident nucléaire.

L'Organisation régionale de la sécurité civile a décidé de mettre fin au Plan des mesures d'urgence nucléaire externe à la centrale nucléaire.

Selon l'organisation, l'installation nucléaire ne représente plus un risque pour les populations avoisinantes. Les experts ont en effet établi que suite au déclassement de la centrale, il n'y avait plus d'accident possible avec effet sur la santé au-delà de la zone d'exclusion d'un kilomètre de l'installation nucléaire, dont les terrains sont propriété d'Hydro-Québec et où il n'y a pas de résidences.

La zone de huit kilomètres planifiée pour les mesures d'urgence peut donc être abandonnée et les comprimés d'iode stable sont désormais inutiles.

«En mettant fin à ses opérations en décembre 2012, la centrale nucléaire de Gentilly-2 a entrepris les travaux visant à procéder à son déclassement et ultimement à son démantèlement. Dès lors, l'ORSC a mandaté des experts pour évaluer le risque radiologique en tenant compte de l'état actuel de la centrale afin de revoir sa planification en conséquence.

Selon leurs conclusions, les mesures de protection mises en place ne sont plus requises et il n'y a pas lieu de maintenir un plan de mesures d'urgence spécifique au risque nucléaire», explique la Sécurité civile.

En entrevue au Nouvelliste, le directeur régional de la Sécurité civile, Sébastien Doire, explique que l'abandon de ce plan ne veut pas dire l'abandon de toutes les mesures d'urgence.

«Il s'agit du plan de mesures pour l'externe, dont nous sommes responsables. Mais Hydro-Québec continue d'avoir son plan de mesures d'urgence pour ses installations. Par ailleurs, notre plan national de mesures d'urgence pour des situations qui nécessitent une intervention de notre part est toujours en vigueur et ne change pas», mentionne M. Doire.

Au cours des prochains jours, les 3500 résidences touchées par cette mesure recevront un avis par la poste afin de retourner les comprimés dans une pharmacie, ou encore à l'hôtel de ville de Bécancour, à la caserne d'incendie de la rue Rochefort à Trois-Rivières, aux bureaux des ressources humaines de la Ville de Trois-Rivières, situées au 1001 rang Saint-Malo ou encore au bureau municipal de Champlain.

Les citoyens peuvent également se départir de la documentation portant sur les mesures à prendre en cas d'accident à Gentilly-2, car ils ne sont plus valides, selon la Sécurité civile.

Soulagement

À Bécancour, la nouvelle de la levée de ces mesures a été accueillie comme un soulagement aux yeux du maire Jean-Guy Dubois.

«Même si la population a bien répondu et a été très collaboratrice, ça met fin à une source d'inquiétude occasionnelle pour eux. Bien qu'elles étaient nécessaires, ces mesures n'ont jamais servi, mais ça nous obligeait à une très grande responsabilité au niveau de la distribution et de l'information. Ça va grandement alléger notre plan de mesures d'urgence», constate M. Dubois.

Se tenant bien informé de l'évolution du dossier du nucléaire sur son territoire, Jean-Guy Dubois affirme avoir totalement confiance en les experts qui clament désormais que l'installation nucléaire ne représente plus un risque pour les populations avoisinantes.

Un avis que ne partage pas forcément Michel Fugère du Mouvement vert Mauricie, qui a milité aussi pour le collectif «Sortons le Québec du nucléaire».

Bien qu'il reconnaisse que la mesure liée aux pilules d'iode est devenue désuète, il questionne la nécessité de se débarrasser de la documentation qui, elle, demeure toujours pertinente.

«Le réacteur est arrêté depuis plusieurs années, il n'y a plus de nécessité de conserver les pilules. Mais il reste encore des déchets radioactifs, et en ce sens, les mesures d'évacuation sont encore pertinentes», constate M. Fugère, qui rappelle que personne dans la société actuelle ne peut garantir qu'une attaque terroriste, par exemple, ne puisse jamais endommager les installations et causer une fuite des déchets radioactifs.

«Ce serait une bonne façon de maintenir les citoyens en état de vigilance, que chacun soit conscient du milieu dans lequel il vit, et ce, tant que le site n'aura pas été remis à l'état naturel», croit Michel Fugère.

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