David Suzuki n'approuve pas le saumon transgénique

La compagnie AquaBounty a «élaboré» un saumon transgénique... (Photo AquaBounty)

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La compagnie AquaBounty a «élaboré» un saumon transgénique qui grossit deux fois plus vite, et représente donc un enjeu économique majeur pour l'industrie.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'environnementaliste David Suzuki est contre la commercialisation du saumon transgénique pour la consommation humaine.

La Food and Drug Administration, aux États-Unis, a annoncé, en novembre dernier, que le saumon génétiquement modifié AquAdvantage, surnommé le «saumonstre» par les écologistes, était aussi sécuritaire pour la consommation humaine que le saumon ordinaire et pouvait être mis en marché. Santé Canada a approuvé sa commercialisation il y a quelques jours et ce poisson sera désormais vendu dans nos supermarchés.

Généticien de formation, David Suzuki estime «que nous n'en savons pas assez. C'est une chose de croiser des plantes de la même espèce, mais lorsque vous ajoutez un gène qui vient d'une espèce différente, on ne sait pas ce que ça produira comme effet», explique-t-il.

«Je suis un des rares, très rares généticiens, qui dit que nous allons trop vite avec ça. Je suis abasourdi de constater jusqu'à quel point les scientifiques se montrent confiants en disant que c'est comme du saumon ordinaire. Ça ne l'est pas», affirme-t-il.

«Depuis la révolution agricole, il est vrai que nous avons croisé des plantes et des animaux pour nos besoins. Mais nous avons utilisé des méthodes de reproduction et d'élevage conventionnelles. Dans le cas de ce saumon, vous prenez le gène d'un poisson du Pacifique et vous le mettez dans un poisson de l'océan Atlantique. Ce sont deux espèces très différentes et cela n'arrive pas dans la nature», explique-t-il.

«Ils disent qu'ils ont suivi toutes sortes d'étapes et qu'ils vont être reproduits en milieu terrestre, mais ils ne veulent pas nous laisser décider si nous voulons en manger ou pas», déplore M. Suzuki.

L'étiquetage des OGM n'est en effet pas obligatoire au Canada ni aux États-Unis. «Qu'est-ce que c'est que ça? Les citoyens veulent savoir ce qu'ils mangent. S'il y a trop de sel, on le voit sur l'étiquette. S'il y a trop de gras, trop de sucre aussi. Pourquoi pas les OGM?» demande-t-il.

Les compagnies qui produiront ces OGM prétendent que c'est pour nourrir les populations affamées, mais les populations pauvres «n'ont même pas les moyens d'acheter ce saumon», plaide-t-il. «Ce n'est que pour faire de l'argent», analyse-t-il. «L'argent est une très mauvaise raison pour se dépêcher à mettre ces produits en marché», estime le généticien bien connu pour son émission à caractère scientifique The Nature of Things à CBC.

Ce défenseur infatigable de l'environnement s'inquiète au plus haut point pour l'avenir de la planète.

Quand on lui demande si la santé de notre environnement s'améliore grâce à certains efforts déployés, il répond un non catégorique.

Il s'inquiète notamment de l'emballement du climat et de l'eau contaminée aux radiations qui continue d'être déversée dans l'océan Pacifique en provenance de la centrale nucléaire de Fukushima détruite en bonne partie par un tsunami en 2011.

«Il y avait quatre centrales, deux ont été détruites, la troisième est très fragilisée et on y trouve plus de 1000 barres de combustible. Ces barres doivent être gardées dans l'eau en tout temps. Si elles sèchent, elles vont surchauffer et exploser. Mais comment les retirer? Ils en retirent entre 3 et 6 par jour. Si un autre tremblement de terre arrive, ils vont perdre ce bâtiment et qui sait ce qui va se passer alors?»

Selon lui, les Japonais comptent sur le facteur de dilution en rejetant l'eau irradiée dans le Pacifique. «C'est fou. Ils ne devraient pas faire ça», croit M. Suzuki.

Même si la cause environnementale semble perdue, David Suzuki invite à l'espoir car sans espoir, plus aucun effort ne serait mis pour tenter de sauver notre planète, la seule que nous ayons, rappelle-t-il.

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