Crise des déchets en Mauricie: plus de collectes des ordures dès le 2 juin

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À l'avant, le directeur de la RGMRM, Daniel Pépin et le président, René Goyette et quelques-uns des élus qui étaient présents: Bernard Thompson, Yves Lévesque, Michel Angers et Gérard Bruneau.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Saint-Étienne-des-Grès) À partir du 2 juin prochain, inutile de mettre vos ordures au chemin. Personne ne les ramassera. La Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie n'a plus de place pour les enfouir et tout ça parce que le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques tarde à donner un simple certificat d'autorisation.

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Malgré une invitation à la conférence de presse, pas un seul élu de la région n'était présent ou représenté.

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La Régie se voit donc obligée de se tourner rapidement vers les entreprises privées afin d'y envoyer ses déchets éventuellement, ce qui occasionnera une hausse du tarif de l'enfouissement pour les citoyens. Ironie de l'affaire, le Lieu d'enfouissement technique de Saint-Étienne-des-Grès n'est rempli qu'à 50 % de sa capacité.

Mercredi, le président de la Régie, René Goyette, s'est entouré de son directeur général, des maires de Trois-Rivières et de Shawinigan, des préfets des MRC des Chenaux, de Mékinac, de Maskinongé, de son conseil d'administration et des membres de la Régie pour faire cette annonce dans une ambiance où se côtoyaient colère et découragement. Ils avaient invité tous les députés de la région et pas un, ni même un de leurs représentants, n'était présent.

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, croit pour sa part que le ministère fait de «l'opposition systématique» depuis plusieurs mois à la Régie pour des raisons que personne n'arrive à s'expliquer.

«Je pense qu'ils (les gens du ministère) ont pris la Régie en aversion», analyse de son côté M. Goyette.

La cause de cette situation abracadabrante remonte à 2014 alors que la Régie annonce qu'elle veut sauver des coûts d'enfouissement de 20 millions $ aux citoyens. Au lieu de construire une cinquième cellule d'enfouissement à grands frais, elle demande la possibilité de se prévaloir, pour la cellule d'enfouissement numéro 4, d'une technique couramment utilisée dans le domaine de la gestion des matières résiduelles qui permet d'enfouir plus de matières dans une cellule déjà existante en changeant la géométrie de cette dernière.

La Municipalité de Saint-Étienne-des-Grès s'y oppose alors vivement, craignant un accroissement du bruit, des odeurs et une perturbation du paysage. L'affaire se ramasse devant les tribunaux parce que l'aval de la Municipalité est nécessaire pour que ce projet puisse se réaliser. Les deux parties prennent finalement entente devant le juge. La Municipalité lèvera son interdit, mais la Régie s'engagera en échange à prendre les moyens pour ouvrir une nouvelle cellule, la numéro 5 et à ne pas enfouir plus de matières dans ses cellules 1, 2 et 3 jusqu'à ce que le ministère lui fournisse un certificat d'autorisation.

La Régie indiquera aussi qu'elle est prête à investir pour l'ouverture de la cellule 5, si le ministère refuse son projet de modification de la géométrie des cellules 1, 2, 3.

Mais voici que le fameux certificat d'autorisation n'est toujours pas arrivé. Il n'y a plus de place dans la cellule 4 et la cellule 5 n'est évidemment pas construite. Ce genre de construction prend en effet 12 mois.

La Régie tient beaucoup à ne pas ouvrir une cinquième cellule parce qu'en 2018 ou 2019, les matières putrescibles seront valorisées et le tonnage des matières à enfouir sera en chute libre. Ce serait de l'argent jeté à l'eau.

«On en a assez», fulmine le maire Angers qui croit «que le travail a été bien fait depuis le début et je pense que le ministère de l'Environnement nous met des bâtons dans les roues», déplore-t-il.

Le président de la Régie, René Goyette, indique qu'en janvier dernier, une rencontre importante a été tenue avec le ministère de l'Environnement à laquelle la Régie avait invité un spécialiste italien en portance des sols. Les gens du ministère n'ont toutefois posé aucune question, affirme-t-il. Le 7 mars, la Régie reçoit une lettre du ministère. Ce n'est pas le certificat tant attendu, mais «neuf pages de demandes additionnelles», raconte-t-il.

Il n'a pas été possible de parler au ministre de l'Environnement David Heurtel, mercredi. Le dossier a été confié au député de Maskinongé, Marc H. Plante, qui assure que le ministère a beaucoup collaboré dans ce dossier, mais que la Régie a omis d'envoyer certains documents. «Notre volonté est loin de vouloir fermer le site», assure-t-il. Si la Régie avait remis au ministère tous les documents demandés au début mai, «on ne serait pas rendu devant cette problématique-là», dit-il. M. Plante assure que les choses se régleront très vite dès que le ministère aura les documents demandés.

La pire de ces demandes, constate René Goyette, c'est une étude de dispersion atmosphérique à 10 km de distance alors qu'il y en avait déjà une de faite à un kilomètre. «J'ai bien de la misère à comprendre qu'il va y avoir plus d'odeurs à 10 km qu'à un kilomètre du LET», fait-il valoir. Le ministère demande aussi à la Régie de contrôler son zinc. «On ne pourra jamais répondre à ça», assure le président. Des déboursés de 1,3 million $ ont été faits en recherches, l'an dernier, par la Régie, pour tenter de remédier à ce problème, mais sans succès. Une dizaine d'entreprises ont proposé des idées, mais la solution ne semble pas facile à trouver.

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