Un partenariat pour lutter contre l'agrile du frêne

Isabelle Martin, présidente et chef de la direction... (François Gervais)

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Isabelle Martin, présidente et chef de la direction de GDG Environnement, Claude Guertin, professeur à l'INRS, Charles Dozois, directeur à l'INRS, et Robert Lavallée, chercheur au Service canadien des forêts, présentent le piège utilisé pour lutter contre l'agrile du frêne.

François Gervais

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(Trois-Rivières) L'agrile du frêne et les ravages que ce petit insecte originaire d'Asie causent préoccupent de plus en plus les autorités.

Pour limiter sa propagation, l'Institut national de recherche scientifique (INRS) s'associe à l'entreprise trifluvienne GDG Environnement afin de peaufiner une méthode de contrôle et d'éradication biologique à base d'un champignon. L'objectif de ce partenariat: poursuivre les tests pour commercialiser cette technique dans quatre ans.

Le partenariat entre l'institut de recherche et l'entreprise se décline en deux volets. Les quatre prochaines années seront donc consacrées aux tests sur le terrain afin de peaufiner le piège biologique pour obtenir l'homologation du produit. 

Une fois celle-ci décernée, l'entreprise GDG Environnement, qui se spécialise notamment dans le contrôle des insectes piqueurs avec du Bti, obtiendra les droits de la commercialisation au Canada, en Europe ainsi qu'aux États-Unis. Les perspectives de développement pour l'entreprise sont donc très encourageantes. 

«C'est très intéressant pour GDG. Le projet de recherche va durer quatre ans et nous allons investir 500 000 $ pour le mener à bien afin d'arriver à l'homologation», explique Isabelle Martin, présidente et chef de la direction à GDG Environnement. «C'est prometteur, car l'agrile se déplace. Il faut trouver une façon biologique pour protéger nos frênes.»

Le professeur Claude Guertin de l'Institut Armand-Frappier de l'INRS et le chercheur Robert Lavallée du Service canadien des forêts sont à l'origine du dispositif d'auto-dissémination qui oblige les agriles du frêne à traverser une chambre contaminée par un champignon. Ce dispositif sera d'ailleurs installé ce printemps dans les municipalités participantes au projet de recherche. 

«Nous en sommes là avec le développement du piège, d'accumuler les données sur l'efficacité de l'utilisation du champignon. L'entreprise vient nous donner un coup de pouce financier pour nous permettre d'étendre l'ampleur des dispositifs et supporter les travaux de recherche par l'embauche d'étudiants de deuxième et troisième cycle», souligne Robert Lavallée. 

«Ce partenariat va également nous permettre d'explorer de nouvelles voies», ajoute son collègue Claude Guertin. 

«Nous avons d'autres pistes de solutions que nous voulons explorer davantage.» 

Le champignon utilisé a la propriété, soulignent les chercheurs, de tuer l'agrile du frêne. Celui-ci est toutefois inoffensif pour les abeilles et les coccinelles, pour ne citer que ces exemples. 

«Le piège attire l'insecte. Aussitôt qu'il y pénètre, il est dirigé vers une pochette où l'on retrouve un champignon avec des spores. Dès que l'insecte y touche, il se contamine et ira, par la suite, contaminer d'autres agriles lors de la reproduction», précise Claude Guertin. «L'insecte sera mort en trois ou quatre jours.»

Des dégâts de 2 milliards $

L'agrile du frêne est un insecte très destructeur. Découvert au Canada au début des années 2000, cet insecte originaire d'Asie n'a pas de prédateur naturel en Amérique et la flore n'a pas de mécanisme de défense.

Les ravages entraînés sur les arbres sont fulgurants, causant rapidement leur mort. Et les frênes, ces grands arbres majestueux et très bien adaptés à la vie urbaine, ont été plantés abondamment par les villes. Lorsque l'insecte s'attaque à un secteur, ces arbres disparaissent malheureusement rapidement du paysage.

Les coûts de cette infestation, comparable à la maladie hollandaise de l'orme, sont faramineux. Les scientifiques estiment que cette espèce nuisible obligera les municipalités canadiennes à dépenser près de 2 milliards $ lors des trente prochaines années pour remplacer les arbres tués. Ce calcul ne tient pas compte des coûts supplémentaires de climatisation des bâtiments en été, lorsque les arbres permettent d'éviter les îlots de chaleur dans les villes.

Déjà présent dans le sud du Québec et en Ontario, il est possible que l'agrile du frêne affecte la région de la Mauricie et du Centre-du-Québec au cours des prochaines années. 

Et terminant, Robert Lavallée affirme que l'homme est le principal allié de l'agrile du frêne. L'insecte nuisible s'étend sur le territoire canadien et américain en étant souvent transporté dans du bois de chauffage. Il faut donc acheter ce bois localement.

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