Vendre ou valoriser le compost?

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Le bac brun serait implanté en Mauricie en 2018 ou 2019.

La Presse

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le gouvernement du Québec veut bannir les matières compostables des lieux d'enfouissement d'ici 2020. Les municipalités du Québec n'ont d'autre choix que de se conformer à cet objectif. Dans la région, on verra donc apparaître le bac brun vers la fin de 2018 ou début de 2019, a indiqué au Nouvelliste le président de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie, René Goyette.

La Régie n'a pas encore décidé ce qu'elle entend faire de tout ce compost. «Est-ce qu'on va faire un centre de compostage ou si l'on va vendre notre compost? Il y a des gens qui nous ont contactés. Ils veulent l'acheter parce qu'ils veulent se construire une usine de biométhanisation», raconte le président.

La Régie devrait-elle construire aussi une telle usine comme elle l'a déjà envisagé dans le passé? «Je pense que la décision qu'il va falloir prendre sera économique», insiste René Goyette.

«Avant d'en construire une, il va falloir regarder quelle est l'avenue la plus intéressante. Est-ce qu'on veut faire une usine de biométhanisation? Une usine de compostage? Ou bien est-ce qu'on vend notre compost à quelqu'un qui a une usine de biométhanisation? Ce n'est pas encore décidé», dit-il.

René Goyette, président de la Régie de gestion des... (François Gervais) - image 2.0

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René Goyette, président de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie.

François Gervais

M. Goyette estime que le choix devra «être le plus rentable et le plus performant pour la Mauricie», fait-il valoir. «Une usine de biométhanisation coûte des dizaines et des dizaines de millions $. Est-ce qu'on a les moyens de le faire? On a 51 millions $ de dettes. Est-ce qu'on est en position pour en mettre encore 15 ou 30 millions $», se questionne-t-il. «Moi, je pense que non, mais c'est l'ensemble de la Mauricie qui va le décider», dit-il.

«Est-ce que c'est rentable de le faire? Est-ce qu'on va faire du compostage? Il y a des endroits qui ont un centre de compostage qui a zéro senteur», dit-il. Bref autant d'avenues que la Régie devra examiner lorsque son nouveau Plan de gestion des matières résiduelles (PGMR) recevra l'aval du gouvernement.

La Régie achève d'ailleurs sa période de consultation publique au sujet du PGMR adopté récemment par les MRC de la Mauricie. Cet outil de gestion lui permet d'énoncer les objectifs à atteindre et les moyens à prendre pour y arriver. Après Shawinigan, la MRC de Maskinongé, la MRC de Mékinac et la MRC des Chenaux, la tournée de consultation publique, qui est réalisée par une commission présidée par Maurice Poudrier du Conseil régional en environnement de la Mauricie, s'arrêtera à Trois-Rivières, le mardi 29 mars.

Cette toute dernière soirée de consultation se déroulera à 19 h au pavillon Maurice-Pitre du 6455, rue Notre-Dame-Ouest.

Parmi les 24 mesures proposées au PGMR, c'est l'implantation d'une collecte des matières organiques qui retient le plus l'attention. «La priorité des priorités, c'est le compost», indique René Goyette.

Les déchets de table méritent d'être compostés.... (Stéphane Lessard) - image 3.0

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Les déchets de table méritent d'être compostés.

Stéphane Lessard

En 2014, environ 45 000 tonnes de matières résiduelles provenant du secteur résidentiel de Trois-Rivières ont été enfouies et les matières organiques, comme les résidus alimentaires et les résidus verts, constituent la plus grande part de ces matières éliminées.

La Régie souhaite élargir la définition des matières acceptées pour le compostage à d'autres types de matières organiques. Elle voudrait notamment inclure les copeaux de bois, les boues municipales et de fosses septiques déshydratées ainsi que les résidus de table.

La Régie veut aussi augmenter le volume autorisé, intégrer des activités de transbordement de matières organiques brutes en vue de leur transport vers d'autres installations de compostage autorisées et faire annuler la limitation du territoire desservi.

À Trois-Rivières, les seules matières organiques présentement récupérées sont les résidus verts via trois collectes de porte en porte, soit une au printemps et deux à l'automne.

Les secteurs résidentiels génèrent à eux seuls plus de 14 353 tonnes de résidus verts, mais seulement 3499 tonnes sont récupérées. Les résidus alimentaires, eux, représentent 10 688 tonnes.

Les feuilles d'automne, quant à elles, ont généré 1737 tonnes de résidus en 2014.

Les citoyens peuvent apporter ces résidus à l'écocentre. C'est le cas notamment pour les arbres de Noël puisqu'aucune collecte spéciale n'est offerte pour les ramasser.

Toujours selon des données de 2014, la Régie a dû aussi enfouir plus de 84 000 tonnes de matières résiduelles provenant du secteur des industries, commerces et institutions (ICI) alors que la plus grande partie de ces résidus était composée de matière organique, donc compostable.

Pas moins de 53 % des matières organiques générées par les ICI ont malgré tout été récupérées et valorisées, soit 62 000 tonnes.

Les personnes, groupes, entreprises et organismes qui le souhaitent pourront profiter de la tournée de consultation pour déposer un mémoire par courriel d'ici le 29 mars via l'adresse fournie sur le site web de la Régie.

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