Conférence de Paris: un nouveau texte avec des termes plus faibles

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Le chef de la diplomatie française et président de la COP21 Laurent Fabius.

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Associated Press

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a présenté, jeudi, une nouvelle ébauche d'un accord mondial sur le climat, qui montre des avancées sur des éléments clés et un blocage sur d'autres enjeux, alors que les négociations à Paris sont dans leur dernier droit.

L'ébauche de 27 pages - deux pages de moins que la version précédente - comprend un objectif à long terme de maintenir le réchauffement du climat bien en deçà de deux degrés Celsius par rapport à la période pré-industrielle, tout en poursuivant des efforts pour tenter de limiter la hausse des températures à 1,5 degré Celsius.

L'ébauche indique aussi que les gouvernements auraient comme objectif un plafonnement des émissions de gaz à effet de serre «le plus tôt possible» et tenteraient d'atteindre la «neutralité des émissions» d'ici la seconde moitié du siècle.

Il s'agit de termes plus faibles que dans les ébauches précédentes, qui incluaient des réductions d'émissions et des échéanciers plus spécifiques.

La «neutralité des émissions» n'a pas été définie dans le texte. Les versions précédentes avaient inclus des termes similaires, dont la compréhension générale était un objectif de pas plus d'émissions de gaz à effet de serre que ce que la Terre peut absorber naturellement.

M. Fabius, qui dirige les pourparlers, a demandé aux négociateurs de se pencher sur cette ébauche et de revenir deux heures plus tard pour poursuivre les discussions. La conférence de Paris doit se conclure vendredi, mais les négociations annuelles sous l'égide des Nations unies se terminent rarement au moment prévu.

«Ce projet est plus court que le précédent - c'est une bonne chose - et il tranche sur plusieurs options, mais il laisse entre crochets quelques points spécifiques, qui, sans mystère d'ailleurs, sont les plus complexes. Je citerais la différenciation, les finances ou l'ambition, sur lesquels il n'y a pas d'autre solution que d'avoir une discussion finale dans les heures à venir», a dit le ministre français, tard jeudi.

Les petites nations insulaires demandent aux pays riches de s'engager fermement à les aider à affronter les dommages causés dans l'avenir par la hausse du niveau des mers et des tempêtes plus violentes. Un important négociateur européen a accusé la Chine de bloquer une proposition qui verrait les pays mettre à jour leurs cibles d'émissions polluantes tous les cinq ans.

Les négociateurs tentent aussi de déterminer si des pays en voie de développement comme la Chine, ou encore les riches nations arabes, devraient se joindre aux pays industrialisés quand vient le temps d'aider les pays pauvres à réduire les émissions carboniques qui, selon les scientifiques, réchauffent le globe.

Le secrétaire d'État américain John Kerry a déclaré que les discussions en sont rendues à un stade «critique». Il s'est aussi entretenu avec plusieurs négociateurs, dont ceux du Brésil et de l'Inde.

La situation est toutefois différente cette fois-ci, puisque les organisateurs avaient incité les pays à définir leurs propres cibles d'émissions avant le début de la conférence et que les États-Unis et la Chine, qui se sont opposés sur la question des changements climatiques dans le passé, se sont considérablement rapprochés plus tôt cette année.

L'ampleur de l'entente proposée est aussi différente: des représentants provenant de plus de 190 pays essaient de conclure le premier accord de l'histoire qui imposerait à toutes les nations de réduire leurs émissions. L'entente précédente, le protocole de Kyoto signé en 1997, ne mettait à contribution que les pays les plus riches.

«J'ai espoir et je suis raisonnablement optimiste que nous conclurons pour la première fois de l'histoire des Nations unies un accord universel et très ambitieux sur les changements climatiques, ce qui assurera à l'humanité des vies plus saines et plus prospères», a dit plus tôt le secrétaire-général de l'ONU, Ban Ki-moon.

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