Eaux usées: Bécancour veille au grain

Même si elle se fait rassurante envers sa population sur la qualité de l'eau... (La Presse)

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) Même si elle se fait rassurante envers sa population sur la qualité de l'eau potable, la Ville de Bécancour veille au grain à la suite du déversement de huit milliards de litres d'eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent par la Ville de Montréal. «L'inquiétude, c'est la sagesse. On reste allumé, car il peut arriver n'importe quoi», a confié au Nouvelliste le maire Jean-Guy Dubois, qui estime à une vingtaine le nombre d'appels logés à la municipalité par des citoyens préoccupés.

Depuis l'annonce de cette opération controversée, des mesures spéciales de vérification ont été mises en place afin de s'assurer de la conformité et de la qualité de l'eau que consomment les citoyens. Notamment, des tests d'échantillonnages sont effectués toutes les six heures. De plus, les opérateurs de la centrale de traitement d'eau assurent une vigie constante des installations, et ce, jusqu'à la fin du déversement prévu. «Le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, dont les spécialistes sont venus nous démontrer qu'il est très peu probable que les rejets de Montréal atteignent notre prise d'eau, assure une surveillance particulière à plusieurs points du fleuve», rappelle le maire Jean-Guy Dubois. «Moi, je fais de la politique, pas de la science», renchérit-il pour justifier sa confiance envers les experts rencontrés, ceux-ci lui ayant dit que le déversement ne devrait pas avoir de conséquences sur Bécancour.

Par ailleurs, le premier magistrat tient à mentionner que la Ville a pris entente avec une équipe de chercheurs de l'UQTR afin, dit-il, «de valider nos sources». «À ce jour, aucune anomalie n'a été détectée. Le dernier rapport de vendredi matin ne rapportait aucun changement notable dans la qualité de l'eau. Les citoyens de Bécancour peuvent donc consommer l'eau en toute sécurité», affirme-t-il.

Dans l'éventualité où le moindre changement de qualité au niveau de la prise d'eau municipale serait détecté, des mesures seront immédiatement entreprises par la Ville.

«Et le cas échéant, les citoyens en seraient aussitôt informés par les médias disponibles, soit la radio, la télé, le site Internet municipal, le Facebook municipal et le système de téléphonie ciblée. Nous assurons la population de toute notre vigilance dans ce dossier et nous la remercions pour sa confiance», précise la directrice des communications, Marie-Michelle Barette.

Pour sa part, le maire de Louiseville, Yvon Deshaies, dit «ne s'être occupé de rien» depuis le début du déversement en question. «Le ministère s'en occupe, ce sont les spécialistes de ça. J'attends», a-t-il simplement fait savoir. Celui-ci tient à souligner que sa municipalité puise son eau dans un puits artésien situé au nord et «qu'il n'y a pas de maison sur le lac Saint-Pierre». «Quant à l'impact sur les berges, je vais attendre. Je vais appeler quelques pêcheurs en fin de semaine. Je sais que des gens ont appelé pour canceller leur cabane pour la pêche blanche», confie M. Deshaies.

Du côté de la Ville de Trois-Rivières, on continue à se montrer rassurant par rapport à la qualité de l'eau potable. À défaut du maire Yves Lévesque, qui n'a pu être joint, le responsable des relations publiques et des médias, Yvan Toutant, a réitéré l'information publiée la veille sur le sujet. «Les citoyens n'ont aucune raison de s'inquiéter de la qualité de notre eau potable. Si un problème venait à survenir, la Ville de Trois-Rivières lancerait immédiatement un avis d'ébullition d'eau», a-t-il répété.

Au début de la semaine, les élus des deux rives avaient demandé qu'un répondant en position d'autorité soit nommé au sein d'Environnement Canada afin d'accompagner les Villes ou communautés pouvant être touchées ou se questionnant sur le déversement. Et ils veulent s'assurer que le gouvernement exerce son devoir de consultation auprès des communautés et des municipalités lors de tels événements.

«On vient d'apprendre des choses sur notre fleuve, ce qui nous rend plus critique, prudent et exigeant. L'histoire commence dans ce dossier là. Il va falloir que les déchets biomédicaux arrêtent d'aller au fleuve. Il faut une prise en charge des autorités gouvernementales», conclut le maire Jean-Guy Dubois.

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