Déversement d'eaux usées: tout va bien, dit Coderre

Le maire de Montréal, Denis Coderre, s'est dit satisfait mercredi du... (La Presse)

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Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne
Montréal

Le maire de Montréal, Denis Coderre, s'est dit satisfait mercredi du déroulement de l'opération visant l'assèchement et la réparation de l'intercepteur Sud-Est, malgré l'apparition d'un panache de mousse à la suite du déversement d'eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent, amorcé à minuit une minute dans la nuit de mardi à mercredi.

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Le maire de Montréal, Denis Coderre 

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Durant 89 heures, les eaux usées de 12... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE) - image 1.1

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Durant 89 heures, les eaux usées de 12 arrondissements et 7 villes défusionnées ont été dérivées vers le fleuve. Sur la photo: un préservatif flotte dans l'un des lieux de déversement, à Verdun.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE

Le responsable de la gestion des eaux usées, Richard Fontaine, a expliqué de son côté que la mousse était principalement attribuable aux détergents en suspension dans l'eau usée.

«La coloration blanchâtre que vous allez voir est beaucoup associée à ce qu'on va retrouver au niveau de la lessive, le phosphore qu'on va retrouver au niveau de l'eau et ce n'est pas anormal», a-t-il expliqué tout en précisant que des analyses de l'eau ont été prévues avant, pendant et après le déversement.

«Ça, c'est un meilleur indicateur que la coloration», a indiqué M. Fontaine.

Des estacades ont été installées et d'autres le seront au besoin et un camion aspirateur se trouvait également à l'un des sites où l'on s'attendait à des problèmes d'odeurs plus prononcés.

Une vingtaine de cols bleus de la ville étaient déjà à pied d'oeuvre à l'intérieur de l'intercepteur en mi-journée mercredi et rapportaient des détériorations importantes.

«J'ai eu un rapport par radio. Le terme qui a été utilisé c'est que c'est 'pas joli'», a raconté M. Fontaine, ajoutant que les employés travaillaient dans des conditions difficiles, au point où il a fallu descendre des équipements de nettoyage parce que les cols bleus oeuvraient dans un pied d'eau et dans «une matière vaseuse, visqueuse».

L'état de l'infrastructure de cinq mètres de diamètre qui se trouve à 35 mètres de profondeur prouve, selon le maire Coderre, qu'il était nécessaire et pressant de procéder à ces travaux.

«Non seulement il n'y avait pas d'autre option, mais c'était nécessaire pour l'avenir, pour l'intégrité même de l'infrastructure», a répété le maire.

M. Coderre a d'ailleurs promis de descendre lui-même jeudi dans l'intercepteur pour constater de visu l'état de détérioration de l'immense conduite.

De son côté, le chef de l'opposition à l'Hôtel de Ville de Montréal, Luc Ferrandez, a accusé le maire Coderre d'avoir agi de façon cynique et autoritaire en allant immédiatement de l'avant avec le déversement d'eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent.

«De façon tout à fait cynique, M. Coderre préparait une campagne de publicité pour convaincre les Montréalais de ses justifications et de la nécessité d'aller de l'avant», a-t-il déclaré en mêlée de presse sur le bord du fleuve.

M. Ferrandez affirme que la Ville a procédé sans respecter intégralement les exigences émises par le panel d'experts indépendants qui ont fait rapport à la ministre fédérale de l'Environnement vendredi.

«On a un maire qui (dit): j'ai raison jusqu'au bout; j'ai raison malgré les avis d'experts, des experts du ministère de l'Environnement, des experts indépendants et la population qui disait: ça ne se fait pas, on ne veut pas voir ça», a déclaré le maire de l'arrondissement du Plateau Mont-Royal.

Le maire Coderre n'a pas voulu réagir à ces propos, balayant les objections de son opposant du revers de la main.

«Moi, je ne réponds pas à Luc Ferrandez, je réponds à la population. On a une responsabilité à prendre. Quand on vous dit que c'est pas joli en bas, c'est justement important de faire le geste qu'on pose», a dit M. Coderre.

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