Le traitement des eaux usées est problématique chez Soleno à Yamachiche

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(Yamachiche) Les activités davantage centralisées sur la récupération de matière plastique de l'entreprise Soleno de Yamachiche ont entraîné de graves problèmes au système public d'assainissement des eaux usées de la municipalité qui a eu l'air et les odeurs d'un égout à ciel ouvert durant plusieurs jours, au début de l'été. Le président de Soleno, Alain Poirier, indique que l'entreprise n'a eu d'autre choix que de réduire sa cadence de 50 % depuis mai, lorsque ce problème a été porté à son attention.

Yamachiche a engagé un ingénieur qui a trouvé l'origine du problème: les eaux usées de la compagnie contiennent les résidus de savon antibactérien provenant de contenants recyclés. Étant donné que les étangs aérés du réseau public fonctionnent avec des bactéries ayant le rôle de décomposer une bonne partie des matières solides qui s'y trouvent, celles-ci ne pouvaient faire leur travail, étant tuées par les agents antibactériens.

Mardi prochain, l'entreprise rencontrera le ministère de l'Environnement dans l'espoir de trouver une solution. Soleno indique qu'elle reste en contact avec la Municipalité «et l'on va demander à un laboratoire indépendant de faire des analyses», a indiqué M. Poirier au Nouvelliste. «Il faut comprendre et cerner le problème», dit-il.

En attendant, les eaux usées sont en circuit fermé et «l'on a réduit la cadence de 50 %, donc 50 % moins d'eau», explique-t-il. Les eaux usées sont récupérées ensuite dans des citernes puis envoyées à l'extérieur pour être traitées.

«Nos étangs n'ont pas été prévus pour ce genre d'assainissement. Le système n'est pas conçu pour des eaux usées industrielles, mais pour des eaux usées domestiques. Personne n'était de mauvaise foi dans ce dossier, mais ça a causé des problèmes», reconnaît le maire de Yamachiche, Michel Isabelle.

Pour remédier à la situation, Yamachiche a dû acheter de nouvelles bactéries qui ont été implantées dans ses étangs. Elle a été forcée d'interdire à Soleno de déverser ses eaux usées dans son réseau. La compagnie devra trouver une solution permanente, comme l'ont fait les abattoirs qui possèdent des équipements autonomes de traitement des eaux usées.

Alain Poirier ne cache pas que certaines surprises pourraient découler de cette affaire. Il faudra probablement «soit réinvestir ou carrément réduire», dit-il, tout en précisant que rien n'est encore clair à ce sujet.

«On ne sait pas quel équipement. On ne sait pas quel montant. On ne sait pas également le délai pour installer les équipements», résume-t-il.

Pour l'instant, il semble que le plus grand débit d'activité de traitement des contenants de matière plastique pourrait être à l'origine du problème. «Je ne suis pas capable de vous dire oui ou non avec certitude», dit-il. L'entreprise fait «exactement la même chose» que RCM faisait avant elle, mais «à la différence qu'on en fait plus et là, on apprend que les bassins de décantation ne peuvent pas suffire à la tâche», dit-il.

«Ce sont de grandes surprises qui nous arrivent», déplore M. Poirier. «Quand on est arrivé là, le défi c'était quoi? C'était de protéger des emplois. C'était de sécuriser des emplois et c'était de créer des emplois. On y a cru et on a foncé», dit-il.

Quand on demande à M. Poirier si cette situation pourrait mettre, justement, ces emplois en péril, ce dernier répond: «Je ne suis pas capable de vous répondre à ça aujourd'hui puisqu'on n'a pas de réponses à toutes les questions», dit-il.

Du même souffle, il ajoute: «Vous ne pouvez pas être plus convaincu qu'Alain Poirier, président de Soleno Recyclage, souhaite de tout coeur de ne pas faire de mises à pied.»

Depuis «qu'on s'est fait dire de ne pas envoyer d'eau dans les bassins de décantation à Yamachiche» en mai, «j'ai 50 % trop de monde, mais personne n'a été mis à pied. S'il y a eu des mises à pied, il n'y en a pas eu gros. Mais je ne peux pas vous promettre que ça va être encore comme ça des mois et des années», plaide-t-il.

«J'ai beau vouloir tout faire pour envoyer traiter l'eau et ralentir la production, il me reste quoi, à un moment donné? C'est d'arrêter. Il faut que tout le monde trouve une solution. Quand je suis arrivé là, on ne m'a pas dit que je ne pouvais pas produire plus. On m'avait dit d'en faire plus et j'en fais plus», fait valoir l'homme d'affaires.

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