Gestion des matières résiduelles: vers une mobilisation citoyenne?

Le maire de Saint-Étienne-des-Grès Robert Landry et Pierre... (Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste)

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Le maire de Saint-Étienne-des-Grès Robert Landry et Pierre Plourde du Mouvement citoyen souhaitent régler le litige à propos des cellules d'enfouissement sanitaire de la RGMRM.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Saint-Étienne-des-Grès) Le litige qui oppose la municipalité de Saint-Étienne-des-Grès à la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie n'est ni un conflit de personnalité, ni un entêtement de la part du conseil municipal, assure le maire, Robert Landry. «Je représente une population et je pense sincèrement qu'elle est derrière le conseil municipal», dit-il, ce que confirme au Nouvelliste le président du Mouvement citoyen stéphanois, Pierre Plourde.

On sait que la Régie et la municipalité se parlent présentement par avocats interposés concernant le projet de modification de la géométrie des cellules d'enfouissement sanitaires de la Régie, un projet qui permettrait, selon la RGMRM, d'économiser 20 millions $, soit 4 $ par porte.

Le conseil municipal n'en veut pas tant et aussi longtemps qu'il ne disposera pas de données solides et d'études lui assurant que le projet ne viendra pas générer plus de bruit, d'odeurs et de risques qu'en subit présentement la population. Il a d'ailleurs adopté un règlement selon lequel les cellules d'enfouissement ne doivent jamais dépasser les 4 mètres.»

Pierre Plourde estime que s'il le faut, la population sera mobilisée pour faire respecter ce règlement. «Il y a en certains, dans le lot, qui vont dire: Qu'on le ferme, le site», prévoit-il.

Le maire Landry est déçu de sa récente rencontre avec le ministre de l'Environnement, David Heurtel.

Il rappelle qu'une entente avait été signée en 1991 au sujet des opérations de la Régie et des dimensions des cellules d'enfouissement. Selon cette entente, dit-il, les parois des cellules ne devaient pas dépasser quatre mètres. «Là, la Régie veut les monter à 12 mètres», déplore-t-il.

La municipalité attend toujours les résultats de la fameuse étude commandée en février par la Régie à Inspec-Sol qui permettra de savoir s'il y a du danger de compacter plus de déchets dans la cellule numéro 1 car elle craint que la portance du sol soit insuffisante et que survienne un éboulis dans la rivière Saint-Maurice, ce qui affecterait la prise d'eau de la Ville de Trois-Rivières.

Le président de la Régie, René Goyette, a indiqué que c'est le ministre et lui seul qui aura accès à cette étude lorsqu'elle sera prête. M. Goyette refuse d'indiquer si le ministre a commandé des études à la Régie ou s'il allait en entreprendre dans ce dossier.

Le ministre Heurtel, dit le maire Landry, a demandé à l'administration stéphanoise si elle était prête à considérer l'analyse de la Régie, qu'elle soit positive ou négative. «C'est la seule chose qu'il nous a proposée. Autrement dit, il nous demande d'enlever notre règlement», déplore-t-il. «Mais notre règlement, c'est sûr qu'il va rester là», martèle le maire Landry, même si la Régie arrive avec une réponse positive sur la portance du sol, sur les odeurs ou sur le bruit. Le maire se dit toutefois prêt à faire certains amendements.

Le conseil municipal entend se battre pour conserver son règlement. «On le sait qu'il y a quelques inconvénients à avoir un lieu d'enfouissement sur le territoire, mais on ne veut pas en subir plus», plaide le maire.

La municipalité n'est pas complètement fermée aux échanges. Entre des parois de 4 mètres, comme actuellement, ou des parois de 12 mètres, il y a peut-être un terrain d'entente, laisse entendre le maire.

Mais par-dessus tout, dit M. Landry, la municipalité tient «mordicus à ce que la Régie mette rapidement en exploitation la cellule 5. Elle est dans leurs projets», plaide-t-il, en présentant des documents produits par la Régie.

«En ouvrant la cellule 5, ça dégage toute la latitude possible pour faire des tests», estime de son côté M. Plourde.

«Si cette cellule n'était pas dans leurs projets, c'est sûr que ça pourrait être une dépense inutile, mais c'est dans leur projet initial» pour 2018, plaide le maire. «Ça donne une sécurité si jamais l'enfouissement dans les autres cellules augmente les odeurs. C'est ce qu'on a demandé au ministre.»

Selon M. Landry, le ministre Heurtel «est supposé de nous apporter des solutions. On va attendre quelque temps. Il a demandé des expertises à la Régie», dit-il.

Par la suite, la municipalité se garde l'option de l'injonction et le maire espère de tout coeur qu'il ne faudra pas en arriver à la mobilisation citoyenne pour faire entendre raison à la Régie.

brigitte.trahan@lenouvelliste.qc.ca

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