Site d'enfouissement: «On pense que la décision est prise»

Le ministre de l'Environnement, David Heurtel, a rencontré... (Photo: Olivier Croteau Le Nouvelliste)

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Le ministre de l'Environnement, David Heurtel, a rencontré les deux parties s'opposant dans le projet de modification de la géométrie des cellules au site d'enfouissement de Saint-Étienne-des-Grès.

Photo: Olivier Croteau Le Nouvelliste

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Laurie Noreau
Le Nouvelliste

(Saint-Étienne-des-Grès) Les jeux semblent faits au site d'enfouissement de Saint-Étienne-des-Grès. C'est du moins l'opinion du maire de l'endroit au terme d'une première rencontre avec le ministre de l'Environnement, David Heurtel, mardi. Et selon lui, les solutions semblent plutôt favorables à la position de la Régie.

«Ça n'a pas été nécessairement très positif. Cette rencontre-là, on n'en est pas sorti très enjoué», confie le maire Robert Landry. «On semble pencher pour la décision de la Régie. On a beau dire ce qu'on veut, mais on pense que la décision est prise», laisse-t-il tomber.

Du côté de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie, la satisfaction était difficile à camoufler. «Je suis content à 150 %. Je suis très, très satisfait des solutions et des conditions que le ministre a mis sur la table. Je les ai toutes acceptées», s'exclame le président René Goyette sans s'avancer sur la nature desdites solutions. «Ça, ce sera au ministre de l'annoncer».

Le ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques assure quant à lui que les solutions qui auraient été présentées mardi sont loin d'être définitives. «On est au début d'un processus pour trouver une solution», rappelle-t-il. «Je crois qu'il y a une volonté de trouver une solution. C'est ce que j'ai vu tant du côté de la Municipalité que de la part de la Régie».

Celui-ci était de passage dans la région et il en a profité pour rencontrer les deux parties qui s'opposent dans le projet de modification de la géométrie des cellules au site d'enfouissement. David Heurtel, a donc pris part à deux rencontres distinctes aujourd'hui: l'une avec la Régie, l'autre avec le maire de Saint-Étienne-des-Grès. Des membres du conseil municipal, le président du Comité de citoyens ainsi que le président du Comité de vigilance de Saint-Étienne-des-Grès ont aussi pris part à cette seconde rencontre. David Heurtel se défend toutefois d'agir à titre de modérateur dans cette histoire.

Depuis plusieurs mois, la tension monte entre la Régie et la Municipalité de Saint-Étienne. Le ministre Heurtel assure avoir observé le dossier de loin, mais attendait simplement le moment opportun pour sauter dans la mêlée. «On espérait encore que les parties trouvent un terrain d'entente. On a laissé les acteurs sur le terrain travailler. Les députés de la région suivent le dossier de très près, ils me tenaient au courant des développements. On a jugé opportun [hier] de profiter de ma présence et de faire état de la situation», justifie-t-il.

Le ministre ne compte pas laisser traîner le dossier et il assure que des choses bougeront au cours des prochaines semaines, voire des prochains jours. «On veut bouger vite, il faut que ça se règle d'une façon ou d'une autre. C'est une question de semaines pour se fixer un échéancier», estime-t-il.

Le ministre déplore que la voie des tribunaux ait été choisie pour régler le litige. En effet, la Régie a intenté un mandamus en juillet dernier qui vise à contourner un règlement municipal qui l'empêche d'aller de l'avant avec le projet de modification des cellules. «Un débat devant les tribunaux, tout le monde va y perdre», croit David Heurtel. «Ça ne va générer que des perdants. L'idée, c'est de voir si on peut éviter une guerre judiciaire.»

Après la rencontre de mardi, le maire de Saint-Étienne-des-Grès craignait de devoir abroger ce règlement. «Est-ce qu'on est prêt à enlever notre règlement? On est en réflexion là-dessus. On a des décisions à prendre en tant que conseil municipal. C'est pas évident».

Une tournée pour présenter son livre vert

Depuis son entrée au pouvoir en 2014, le ministre a travaillé à la modernisation du régime d'autorisation environnementale découlant de la Loi sur la qualité de l'environnement, une loi encore plus vieille que le ministère de l'Environnement, rappelle-t-il. Depuis son adoption il y a 43 ans, celle-ci n'a fait l'objet d'aucune révision.

«En 43 ans, il y a beaucoup d'enjeux et il y a beaucoup de questions qui se sont développées. L'enjeu, c'est de maintenir nos standards en protection de l'environnement mais de voir si on ne peut pas être plus efficace dans les délais, dans l'intégration de nos objectifs en matière de lutte contre les changements climatiques, d'appliquer des procédés plus modernes, plus adaptés aux réalités d'aujourd'hui», énumère-t-il.  

En juin, il a déposé un livre vert à ce sujet. Il entamait hier en Mauricie une tournée de toutes les régions du Québec afin de présenter ce manuscrit et entendre différents intervenants à ce sujet. «On veut entendre sur le terrain les préoccupations des principaux intervenants et acteurs par rapport à ce projet de modernisation en vue d'une commission parlementaire qui va avoir lieu cet automne. Tout ça pour qu'on puisse se donner un régime d'évaluation environnemental qui soit performant et qui répond aux besoins de la population», conclut-il.

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