Opposition au recours à la centrale thermique de Bécancour

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Le Regroupement des organismes environnementaux en énergie s'opposera au recours à la centrale thermique de Bécancour.

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) Le Regroupement des organismes environnementaux en énergie (ROEE) s'opposera devant la Régie de l'énergie au recours à la centrale thermique de Bécancour, alimentée au gaz naturel, pour combler les besoins en période de pointe d'Hydro-Québec.

Selon le groupe, en optant pour Bécancour, Hydro-Québec accroîtrait de façon non négligeable les émissions de gaz à effet de serre, de 20 000 à 60 000 tonnes de GES annuellement, soit l'équivalent de 5000 voitures pour chaque tranche de 100 heures d'utilisation. «Des solutions moins coûteuses, moins polluantes et plus efficaces existent; elles ont été négligées», déplore-t-on.

Le regroupement fait remarquer qu'il est difficile d'évaluer avec précision les coûts supplémentaires que devra verser Hydro-Québec à la compagnie TransCanada pour ce nouveau contrat d'une durée de 20 ans, «le texte déposé à la Régie de l'énergie ayant été caviardé en invoquant la position concurrentielle de l'entreprise». Ces coûts s'ajouteront à la pénalité que paie Hydro-Québec à TransCanada pour ne pas produire d'électricité en continu à sa centrale de Bécancour.

Cette pénalité annuelle cumulée, «payée depuis 2008 en pure perte», s'élève maintenant à plus d'un milliard $. «On se rappellera que TransCanada est associée à un autre projet énergétique controversé au Québec, celui de l'oléoduc Énergie Est qui est sa propriété à 100 %», ajoute-t-on.

Pour le ROEE, les centrales thermiques constituent «une option de dernier recours», rappelle Catherine Gauthier, d'Environnement Jeunesse, membre de l'organisme. Elle ajoute que «le contrat proposé fait notamment abstraction de la récente entente de réciprocité avec l'Ontario d'un bloc de 500 MW de puissance à coût nul et des avancées d'Hydro-Québec en matière de stockage de grande capacité, ce qui est symptomatique d'une gestion des ressources énergétiques improvisée».

Le ROEE souligne que selon les études d'Hydro-Québec, il existe un potentiel d'une ampleur considérable et beaucoup plus rentable de gestion de la demande en puissance, et que celui-ci demeure largement sous-exploité. Alain Saladzius, de la Fondation Rivières et membre du ROEE, affirme que «les besoins en puissance électrique peuvent être satisfaits par une meilleure gestion de la demande à la pointe et des efforts accrus en efficacité énergétique, notamment en maximisant les programmes d'Hydro-Québec».

En matière de gestion de la demande, Jean-Pierre Finet, analyste en énergie pour le Regroupement, rappelle «qu'Hydro-Québec peut entre autres compter sur un potentiel technico-économique réaliste de 1360 MW de puissance à la pointe simplement en relançant son programme de biénergie qu'elle offrait autrefois à ses clients du secteur commercial et institutionnel».

Il indique par ailleurs que «de nouvelles technologies émergent et qu'il est imprudent de s'engager pour vingt ans encore dans l'achat d'électricité de source fossile. Nous pensons par exemple aux perspectives de systèmes de stockage d'énergie de grande capacité pour réseaux électriques, permettant de répondre aux pointes de demande des réseaux électriques».

Enfin, dans la perspective de la sortie prochaine des propositions du gouvernement Couillard pour une nouvelle politique énergétique, le ROEE insiste sur le fait que les cibles d'Hydro-Québec en matière d'efficacité énergétique sont bien en deçà du potentiel et loin d'être parmi les meilleures pratiques nord-américaines.

Pour sa part, Christian Simard, de Nature Québec et membre du Regroupement, déclare que «pour mettre fin à l'improvisation, la meilleure stratégie est de rendre à la Régie de l'énergie sa compétence initiale en matière production, de transport et de distribution, et de mettre en place une planification intégrée des ressources apte à faire face aux défis du XXIe siècle. Sans compter que l'ajout d'énergie électrique produite à partir de combustible fossile, au Québec, apparaît comme une aberration à l'aube du sommet de Paris sur le climat».

«Bref, de toutes les solutions qui s'offrent à elle pour répondre aux besoins croissants de puissance, Hydro-Québec doit perdre ce réflexe simpliste de faire plus avec plus», conclut Jean-Pierre Finet.

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