L'oléoduc Énergie Est inquiète les producteurs agricoles

Jean-Marie Giguère, président de la FUPAM, et René... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Jean-Marie Giguère, président de la FUPAM, et René Perreault, premier vice-président.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le projet de l'oléoduc Énergie Est de TransCanada préoccupe les producteurs agricoles de la Mauricie qui n'auront pas le choix de laisser passer cette infrastructure sous leurs terres agricoles et de composer avec les risques de fuites.

«L'UPA n'a jamais été pour la construction» de cet oléoduc, indique le président de la FUPAM, Jean-Marie Giguère, «peu importe l'endroit au Québec. Mais c'est régi par le fédéral et le fédéral a donné son aval», dit-il. Les producteurs n'ont donc pas un mot à dire sur ce qui peut se passer sous leurs terres, explique-t-il. «Ce qui va dans le sol, sous la couche de terre arable, ne nous appartient pas.»

M. Giguère indique que malgré tout, l'UPA travaille à faire valoir ses droits, négocie avec Énergie Est et «essaie de prévoir l'imprévisible».

Au cours des derniers jours, la Ville de Trois-Rivières a posé dix conditions assez strictes à Énergie Est pour permettre le passage de l'oléoduc sur son territoire. Le président de la FUPAM indique que les enjeux sont aussi importants pour les terres agricoles. «Ce ne sont pas toutes les terres qui sont drainées actuellement. Mais imaginez, dans 10 ans, que quelqu'un ait à installer des drains sous terre alors que l'oléoduc est présent. C'est un inconvénient majeur», illustre-t-il.

«S'il y avait une fuite, le prix de la terre passerait à 0 $. Elle ne vaudrait plus rien», plaide de son côté René Perreault, premier vice-président de la FUPAM. Lors d'une vente, la seule présence de l'oléoduc peut d'ailleurs être un irritant important pour les acheteurs et diminuer la valeur de la terre, plaide-t-il.

Rappelons que le projet d'oléoduc en question représente la construction d'un pipeline de 4600 km qui transportera environ 1,1 million de barils de pétrole par jour de l'Ouest canadien jusqu'aux raffineries de l'Est en passant par le Québec.

Certaines régions sont peu concernées par cette infrastructure, mais la Mauricie «est fortement touchée», précise M. Giguère. «Ils ne suivent pas l'autoroute 40, comme on l'aurait souhaité. Ils bifurquent dans Maskinongé et passent dans le bout de l'aéroport de Trois-Rivières», illustre-t-il, du moins c'est ce que révèle le tracé le plus récent, précise-t-il.

Outre les risques de fuites, les producteurs s'inquiètent que leurs drains qui servent à assécher les terres soient coupés durant la construction. «On va surveiller les raccordements qui seront faits par la suite», prévient René Perreault.

La FUPAM, qui rencontrait hier le premier vice-président de la Confédération de l'UPA, Pierre Lemieux et l'économiste en chef, Charles Félix Ross, a aussi discuté de l'épineux dossier de l'accaparement des terres agricoles au Québec, c'est-à-dire l'acquisition de grandes superficie foncières par des sociétés privées ou des fonds d'investissement étrangers ou nationaux dans des buts de spéculation et non à des fins agricoles.

Ce phénomène a d'ailleurs fait grimper la valeur des terres agricoles de 400 % au cours des 20 dernières années, ce qui rend l'achat des terres inaccessibles pour les producteurs agricoles, fait valoir la FUPAM.

Depuis 2010, les 15 sociétés les plus actives sur ce marché ont acquis une superficie de

32 000 hectares au Québec, ce qui représente 30 000 fermes. Cette situation a pour impact de diminuer le nombre de fermes et de dévitaliser des territoires ruraux. Elle oblige les producteurs à concurrencer à armes inégales avec des sociétés d'investissement, ce qui génère une agriculture de salariés au lieu d'une agriculture d'entrepreneurs, explique l'UPA.

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