Journée mondiale de l'eau: «C'est l'alphabet de la vie»

Environ 300 personnes ont marché dans les rues... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Environ 300 personnes ont marché dans les rues de Trois-Rivières pour clamer haut et fort leur attachement à une eau potable de qualité et accessible à tous.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'or bleu, fontaine de vie, est une denrée rare qu'il faut utiliser au compte-gouttes et préserver coûte que coûte. Voilà le message clamé par quelque 300 personnes réunies dimanche au parc Champlain dans le cadre de la Journée mondiale de l'eau organisée par la Coalition Eau secours! Après une marche de 2,5 kilomètres, les citoyens se sont rassemblés à l'intérieur de l'église Sainte-Cécile où les attendaient sur scène une brochette d'artistes pour un spectacle haut en couleur.

Parmi eux, le poète et chanteur Raôul Duguay qui, depuis plus d'une décennie, revêt chaque année le paletot du porteur d'eau au nom de la Coalition. Pour l'auteur de la célèbre chanson La bitt à Tibi, l'eau n'est pas une molécule comme les autres, elle est source de vie, certes, mais également celle d'où découle la base même de la culture des peuples.

«Pour moi, il y a un rapport entre l'eau et l'écriture, car l'eau, c'est l'alphabet de la vie. Pas d'eau, pas de vie. Et comme l'alphabet est l'eau de l'esprit, si tu n'es pas alphabétisé, tu n'es pas vraiment partie prenante de la société. Or, on constate que tous les pays qui ne sont pas alphabétisés sont les pays qui ont le plus de problèmes avec leur eau, qui n'ont pas de système d'eau et, donc, ils crèvent. Donc, l'eau est un rapport de nature, mais également un rapport de culture. Si tu n'es pas alphabétisé, c'est comme si tu n'étais pas digne de vivre. Tu auras beau être le maître du monde, avoir les poches pleines de bijoux, si tu n'as pas d'eau, tu crèves.»

«Touche pas à mon eau», renchérit aussitôt le chanteur Jean-François Bastien, qui tenait le flambeau de maître de cérémonie lors du spectacle. «Moi je suis pour le développement économique, je suis pour le fait qu'on s'enrichisse collectivement, mais je souhaite qu'on le fasse avec un réel souci de cohérence. Moi, j'ai quatre enfants. Ce que la société demande à mes enfants, c'est de ne pas gaspiller l'eau, mais en même temps mon maire, mon député, mon premier ministre leur dit: "Je ne suis pas obligé de faire ce que je te demande". Elle est où la cohérence"?»

La marche tenue à Trois-Rivières est la seule au Québec à avoir été organisée par la Coalition Eau secours! Selon les organisateurs, la cité de Laviolette dressait un décor idéal pour célébrer l'eau potable, qui compte pour 3 % de l'eau disponible sur terre. Située près du Saint-Laurent, à l'embouchure de la rivière Saint-Maurice, non loin du lac Saint-Pierre, Trois-Rivières était donc toute à propos pour y mettre sur pied ce rassemblement. D'autant plus que «l'enjeu majeur de la fluoration de l'eau inquiète les citoyens», explique Martine Chatelain, présidente d'Eau Secours!

Et de fait, les citoyens opposés à la fluoration de l'eau à Trois-Rivières étaient particulièrement visibles dimanche. Nombreux sont ceux qui ont paraphé une pétition demandant à l'administration municipale de ne pas ajouter du fluor à l'eau potable, pétition qui compterait plus de 8000 noms. Pour Philippe Giroul, qui milite à la Coalition trifluvienne pour une eau très saine (CTETS), la problématique de l'eau à Trois-Rivières est «grave».

À son avis, la Ville envisage de fluorer à nouveau l'eau potable au détriment des arguments scientifiques, éthiques, environnementaux, financiers et légaux qui sont avancés. À ce propos, la CTETS dit avoir mis la main sur des documents, via la Commission d'accès à l'information, qui démontreraient noir sur blanc que les substances qu'entend utiliser Trois-Rivières pour fluorer l'eau ne respectent ni l'esprit ni la lettre de la loi.

«La semaine prochaine, nous déposerons au conseil municipal des documents qui prouvent que les produits qu'ils veulent mettre dans l'eau sont illégaux», assure M. Giroul. «Ensuite, nous déposerons notre dossier au Parlement. Nous espérons que des députés de Trois-Rivières nous supporterons. Nous ne dialoguerons pas avec la Ville, nous allons seulement les informer que nous déposerons le tout au Parlement», signale-t-il.

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