Exploitation des hydrocarbures: «il n'y a pas d'acceptabilité sociale»

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Une centaine de personnes étaient réunies à Bécancour samedi pour manifester leur désaccord au sujet de l'exploitation des hydrocarbures au Québec.

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(Bécancour) Des écologistes se sont réunis à Cacouna et à Bécancour samedi pour manifester leur désaccord avec l'exploitation des hydrocarbures au Québec ainsi que leur transport par train, navire ou oléoduc. La centaine de personnes réunies à Bécancour étaient là pour affirmer qu'il n'existe pas d'acceptabilité sociale sur la question au Québec.

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Une centaine de personnes se sont réunies samedi à Bécancour dans le cadre de la Journée mondiale contre la fracturation. 

Sylvain Mayer

Dominic Champagne participant aux audiences du BAPE.... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste) - image 1.1

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Dominic Champagne participant aux audiences du BAPE.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

«Le gouvernement et l'industrie travaillent sur l'acceptabilité sociale. C'est le mot magique. Mais les manifestations démontrent qu'il n'en a pas», a lancé en entrevue l'auteur, metteur en scène et documentariste, Dominic Champagne, en marge de la Journée mondiale contre la fracturation.

«Nous avons gagné la première manche en stoppant l'industrie. Notre meilleur allié à l'époque était par contre le prix du gaz qui a chuté. Si le prix du gaz avait été élevé, on sait très bien que l'industrie aurait trouvé les moyens [de poursuivre].»

Le coordonnateur général du Regroupement vigilance hydrocarbures Québec, Jacques Tétreault, abonde en ce sens. Il s'apprête de plus à déposer une pétition à l'Assemblée nationale, sur laquelle plus de 28 000 propriétaires de la vallée du Saint-Laurent s'opposent à l'exploitation des gaz de schistes sur leur terrain. «Avec les deux pétitions, nous sommes rendus à 60 000 propriétaires qui s'opposent. Il n'y a pas d'acceptabilité sociale», affirme-t-il.  

Propriétaire d'une résidence au Centre-du-Québec, une région avec un fort potentiel d'exploitation gazière, Dominic Champagne estime de plus que le rapport du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) sur les enjeux liés à l'exploration et l'exploitation du gaz de schiste dans le shale d'Utica des basses terres du Saint-Laurent servira à légitimer l'industrie et appuyer le gouvernement dans sa volonté d'exploiter les hydrocarbures. Ce rapport doit être déposé au plus tard le 28 novembre prochain au ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, David Heurtel. Par la suite, le ministre aura 60 jours pour le rendre public.

«On a investi des millions de dollars comme collectivité pour faire une étude qui vient supporter le retour de l'industrie. Et l'on sait que les conclusions du BAPE vont aller dans le sens de favoriser le retour de l'industrie en faisant miroiter un encadrement rigoureux et l'application des plus hauts standards», soutient le metteur en scène et militant écologiste. «Le politique se dit qu'il va avoir les opposants à l'usure. Et TransCanada fait plusieurs rencontres par semaine. C'est une mascarade pour pouvoir dire plus tard qu'elle a rencontré les citoyens et qu'ils sont d'accord."

Les écologistes se défendent bien d'être contre le développement économique au Québec. Dominic Champagne croit qu'opposer l'économie et la protection de l'environnement est purement «simpliste».

«À moyen terme, ce développement économique n'est pas payant, il n'est pas durable. Et ça, les Allemands le comprennent. Ils ont eu un long débat sur le gaz de schiste et ils ont décidé de ne pas se lancer dans ce gaz. Et leur économie est bien plus dépendante du gaz naturel en raison de ce qui se passe en Ukraine et en Russie. C'est la première économie d'Europe», précise-t-il.

«C'est trop simple de dire que les méchants écologistes ne veulent pas créer de la richesse et de l'emploi. On milite pour qu'il y ait des emplois viables. [...] Je ne dis pas que le discours écologiste est triomphant et qu'il a raison sur toute la ligne, mais d'opposer l'environnement et l'économie c'est un discours de la peur. Dire que les écologistes ont réussi à fermer la centrale nucléaire et que là ils vont empêcher de créer de la richesse, c'est un discours assez simple.»

Le metteur en scène qui travaille notamment auprès du Cirque du Soleil souhaite que les Québécois se rappellent de la Révolution tranquille alors que le Québec a, dit-il, fondé en nationalisant l'électricité «sa modernité énergétique sur une énergie propre et la redistribution de la richesse».

«On devrait comme société se faire confiance et aller dans le sens d'une énergie propre et de la répartition de la richesse et non dans le sens d'une énergie sale et de l'enrichissement des plus riches au détriment de la communauté.»

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