Oléoduc: «Un bulldozer de l'Ouest canadien»

Le résident de Saint-Étienne-des-Grès, Guy Provost (à droite),... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Le résident de Saint-Étienne-des-Grès, Guy Provost (à droite), a été désagréablement surpris de constater que le tracé préliminaire de l'oléoduc de TransCanada prévoyait passer à quelque 400 pieds de son terrain.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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(Batiscan) Un vent d'inquiétude et de mécontentement soufflait mercredi à l'intérieur de la salle communautaire de Batiscan alors que TransCanada a tenu une séance d'information à propos de son projet de construction d'Oléoduc Énergie Est qui servirait à approvisionner l'est du Canada en pétrole depuis l'Alberta.

Néanmoins, même si le désaccord était facilement détectable auprès des citoyens rencontrés sur place, il était souvent accompagné d'une forme de résignation. Ce sentiment d'impuissance s'est manifesté davantage lorsque différents maires de la région ont déclaré ne rien y pouvoir face à ce projet de juridiction fédérale.

«Ce projet, c'est un bulldozer de l'Ouest canadien conduit par Stephen Harper et qui va faire en sorte qu'on va devenir une station-service du gaz albertain», lance Gaétan Lebel.

Son concitoyen Jean Charest a renchéri en doutant sérieusement que le Québec profite de retombées économiques suffisantes pour justifier la concrétisation de ce projet. «Il n'y aura que très peu de retombées économiques et, s'il y a des bris, nous allons être pris avec. Malheureusement, il semble bien qu'on n'ait pas le choix», déplore-t-il.

Par ailleurs, la dénonciation timide du projet de la part de la Municipalité n'a pas satisfait certains qui auraient aimé que Batiscan se défende davantage devant le géant du transport pétrolier. «On ne se tient pas debout. Ça ne devrait pas exister un projet comme ça. Le Canada est déjà parmi les plus grands pollueurs au monde pour ce qui est des émissions de gaz carbonique. Je suis complètement contre ce projet», se désole Denis Goulet.

Il faut néanmoins souligner que Batiscan est l'une des rares municipalités de la région à avoir joint la région de la Gaspésie dans sa lutte contre les pétrolières par l'entremise du Fonds intermunicipal de défense de l'eau.

Plus de 400 propriétéssur le tracé

Selon le tracé préliminaire, ce sont quelque 430 propriétaires de résidences qui seront affectés directement en Mauricie par la construction de cet oléoduc visant à acheminer le pétrole de l'ouest du Canada vers l'est du pays. À Batiscan seulement, l'oléoduc prévoit traverser 69 terrains.

Résident de Saint-Étienne-des-Grès, Guy Provost a eu la fâcheuse surprise de découvrir que le projet prévoyait faire passer l'oléoduc à moins de 400 pieds de sa résidence. Comme il vient récemment de faire construire un puits d'eau potable à fort prix, il a bien peur que les plans de TransCanada viennent compromettre la qualité de l'eau à laquelle il aura accès.

«Je suis bien déçu de voir que ça va passer tout près de chez moi. Ça m'inquiète. Je ne me suis pas prononcé encore sur le projet dans l'ensemble. Ç'a l'air bien fait, de la façon dont c'est présenté. Mais les problèmes ne viennent jamais avant, c'est toujours après qu'ils arrivent.»

Face aux critiques des citoyens réfractaires, TransCanada compte évidemment miser sur son bilan de sécurité afin de les convaincre que cet oléoduc ne représente pas un danger. «Le bilan qu'on a en matière de sécurité est des plus enviables. Nous sommes des leaders dans l'industrie en cette matière. C'est un milliard $, année après année, qui est investi dans la sécurité et l'intégrité de nos infrastructures», souligne le porte-parole de l'entreprise, Philippe Cannon.

Le projet déposé d'ici la fin du mois

Pendant ce temps, TransCanada continue de peaufiner son projet de construction d'oléoduc qu'il déposera officiellement à l'Office national de l'énergie. L'examen du projet devrait durer entre 15 et 18 mois. De plus, il faut également noter que le projet sera présenté devant le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE).

Lorsque ces étapes seront complétées, la construction pourra alors s'amorcer et la mise en opération est prévue pour 2018. Entre-temps, TransCanada devra également rencontrer les propriétaires de terrains touchés par le tracé de l'oléoduc afin de conclure des ententes gré à gré à propos des compensations monétaires.

D'ici là, les séances d'information se poursuivront pour sensibiliser la population à ce projet. Les représentants de TransCanada seront du côté de Maskinongé aujourd'hui, au centre communautaire de la rue Marcel, de 16 h à 20 h.

Rappelons qu'avec un oléoduc de 4600 kilomètres, TransCanada souhaite transporter 1,1 million de barils de pétrole brut par jour de l'Alberta et la Saskatchewan vers des raffineries de l'est du Canada.

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