Un cousin du piranha dans la rivière Saint-François

Un pacu rouge, qu'on retrouve habituellement en Amérique...

Agrandir

Un pacu rouge, qu'on retrouve habituellement en Amérique du sud, a été pêché dans la rivière Saint-François l'été dernier.

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Nicolas Ducharme
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Des pêcheurs du lac Saint-Pierre et de la rivière Saint-François ont eu droit à une surprise l'été dernier. Au bout de leur ligne se trouvait un membre de la famille des piranhas. Une situation hors de l'ordinaire, mais qui est recensée à plusieurs reprises annuellement.

Ce poisson, un pacu rouge, qu'on retrouve habituellement en Amérique du sud, nageait à la hauteur de Drummondville lorsqu'il a été repêché. Fort heureusement pour les baigneurs qui auraient pu croiser son chemin, il n'est pas carnivore, contrairement à son cousin. Sa forte mâchoire, qui a des allures humaines, peut toutefois lui permettre de se défendre s'il décide d'engager le combat.

Une soixantaine de kilomètres plus au nord, c'est un diable rouge, originaire de l'Amérique centrale, qui a été capturé dans l'archipel du lac Saint-Pierre. Un poisson peu commode reconnu pour être agressif envers ses semblables.

Comment expliquer ces découvertes dans les cours d'eau de la région? Il faut se tourner vers les propriétaires de poissons achetés en animalerie, selon Éric Santerre, relationniste au ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEFP).

«Il est impératif de ne jamais libérer d'organismes d'aquarium ou de jardins d'eau dans le milieu naturel. Avec la température de notre eau, les gens pensent que les poissons vont mourir ou se faire manger. Ce n'est pas le cas», révèle-t-il.

Ainsi, plusieurs espèces relâchées dans une étendue d'eau, ou même dans une toilette, parviennent à survivre, s'acclimater et finalement se reproduire. Le tout peut avoir des conséquences importantes pour la faune de la région touchée.

«L'organisme peut en déloger un autre, surtout s'il est très tolérant. Il prend son habitat et sa nourriture. Cette deuxième espèce se retrouve alors sans habitat et doit se déplacer pour survivre», explique Maryse Longchamps, biologiste pour le comité ZIP du lac Saint-Pierre.

«Une fois établi, il devient pratiquement impossible de l'éradiquer et le contrôle de sa propagation, lorsqu'il est possible de le faire, est extrêmement coûteux», ajoute M. Santerre.

Des effets au lac Saint-Pierre

Bien qu'il ne faut pas s'attendre à voir des piranhas envahir les eaux de la région, certaines autres espèces ont déjà fait de la région leur nouveau nid. Au lac Saint-Pierre, la carpe asiatique, importée pour combattre les algues dans les enclos d'aquaculture américains, fait lentement mais sûrement sa place. Il est d'ailleurs interdit d'en posséder au Québec. Des tortues à oreilles rouges, originaires du bassin du Mississipi, sont aussi fréquemment observées.

«Nous faisons un suivi chaque année. Depuis 10 ans, nous voyons beaucoup de changements. Certains poissons font leur entrée grâce aux eaux de ballast des bateaux, alors que d'autres ont été introduits par l'humain. L'espèce peut avoir été relâchée dans un étang, mais lors de la crue des eaux, elle se retrouve dans le lac», souligne Mme Longchamps.

Cette dernière rappelle qu'à long terme, ces intrusions pourraient même avoir des conséquences sur l'économie de la région, particulièrement dans le domaine de la pêche. «Si des espèces en danger, comme la perchaude, perdent leur habitat, c'est l'économie qui peut en souffrir. Oui, c'est à long terme, mais ça peut aller très vite.»

Retour à l'animalerie ou l'euthanasie

La saison des déménagements est la plus propice à ce que des animaux de compagnie soient relâchés dans la nature. Le MDDEFP tente d'ailleurs de sensibiliser les propriétaire à éviter ce geste.

On les encourage plutôt à rapporter le poisson à l'animalerie, où il sera par la suite revendu. Une autre option est de tout simplement euthanasier l'organisme en question et de le jeter à la poubelle. Un geste peut-être plus difficile à accomplir, mais qui sera moins dommageable pour la nature à long terme, selon le ministère.

Partager

publicité

publicité

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer