Centrale hydroélectrique: des citoyens inquiets à Sainte-Ursule

Plus de 160 personnes ont participé à la... (Photo: François Gervais)

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Plus de 160 personnes ont participé à la séance d'information concernant le projet de centrale hydroélectrique dans le parc des Chutes. René Boulanger a été un des participants qui a posé beaucoup de questions au cours de cette séance qui s'est déroulée dans le calme.

Photo: François Gervais

Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Sainte-Ursule) Inquiétudes quant aux coûts, préoccupations relativement à la vocation touristique et craintes quant à l'impact environnemental du projet, la construction d'une centrale hydroélectrique dans le parc des Chutes de Sainte-Ursule soulève beaucoup d'interrogations au sein de la population.

Plus de 160 personnes ont participé hier à la séance d'information convoquée par le conseil de Sainte-Ursule à propos de ce projet totalisant 10 millions de dollars. Si quelques citoyens ont manifesté leur appui au projet, davantage de personnes ont démontré leur opposition, notamment en ce qui a trait aux coûts.

«Le dix millions, est-ce que c'est coulé dans le béton?», a demandé Jean-Marie Arseneault au maire Réjean Carle.

«Je ne peux pas jurer que le projet va coûter 10 millions maximum. On est pas mal sûr que ça ne dépassera pas 10 millions», a répondu le maire de Sainte-Ursule, en précisant que la Municipalité devra attendre d'ouvrir les soumissions pour avoir les montants précis du projet.

«On dit qu'on n'a pas d'argent pour le parc. Par contre, on dépense 150 000 $ en frais d'études pour le projet», dénonce René Boulanger, fondateur du comité de sauvegarde du parc des Chutes, qui a des doutes quant à la réputation de la firme d'ingénierie BPR, auteur des études. Selon M. Boulanger, BPR a été reconnue fautive par la Commission du lobbying concernant certains dossiers.

Jasmin Lefebvre est un Montréalais qui possède une résidence à Saint-Justin. Selon lui, la construction d'une centrale dans le parc, malgré les bénéfices que la Municipalité pourra en retirer, nuira plus qu'elle aidera.

«C'est un site exceptionnel. Avec ce projet, je ne viens plus ici et mes visiteurs non plus. Est-ce qu'on a calculé le nombre de visiteurs perdus en lien avec ce projet? Et combien de personnes seront intéressées à visiter une centrale de 1,8 mégawatt? Il n'y a pas d'intérêt. L'attrait, c'est les chutes!»

Quelques membres de la Fondation Rivières étaient sur place et Michel Gauthier s'est demandé comment une Municipalité pouvait bien gérer un projet de 10 millions de dollars alors qu'elle peine à gérer un parc qui attire 15 000 visiteurs.

«Je ne vous fais pas confiance», a lancé M. Gauthier, qui souhaite que les citoyens aient plus de temps pour débattre du dossier.

«La Municipalité l'a bien géré», a aussitôt répliqué le maire Carle, en soulignant que la Fondation Rivières n'appuie jamais ce genre de projet.

Piqué au vif par ce commentaire de Michel Gauthier, Michel St-Yves a rétorqué que le conseil d'administration a fait son possible pour améliorer la situation financière du parc.

«On a toujours été sur le respirateur artificiel, on n'a jamais été capable de ramasser des sous pour réparer nos infrastructures. Plus ça va, plus le parc se dégrade. L'argent de la minicentrale va assurer la pérennité du parc. Et ça va se faire sans augmentation de taxes», raconte M. St-Yves, en faisant allusion aux 250 000 $ de revenus annuels nets découlant de la production d'électricité pendant les 20 premières années du contrat qui doit être signé avec Hydro-Québec.

Registre

Le règlement d'emprunt de 10 millions de dollars doit passer par un registre pour être approuvé. Ce registre aura lieu le 1er septembre, de 9 h à 19 h au bureau municipal. Quelque 141 signatures seront requises pour forcer le conseil à soumettre son projet à un référendum.

La Fondation Rivières s'en mêle

(Marie-Josée Montminy) - La Fondation Rivières s'implique aussi dans le dossier du projet d'aménagement d'une centrale hydroélectrique à Sainte-Ursule. Dédiée à la préservation et la protection des rivières, la Fondation organise une visite du site demain entre 11 h et 14 h.

L'organisme annonce qu'un ingénieur et des spécialistes de divers domaines seront présents dans une démarche d'information et de sensibilisation quant aux conséquences de la réalisation du projet. Ils aborderont entre autres les enjeux du déboisement, du dynamitage et de la construction de murs de béton, de routes et de lignes électriques. Ils évoqueront également l'éventualité de la démolition de la passerelle et du pont suspendu, ainsi que la modification de l'écoulement de la rivière et de la chute, et l'assèchement de celle-ci en certaines périodes. Les citoyens intéressés par la visite guidée d'une durée d'environ une heure et demie ont rendez-vous devant le pavillon d'accueil du parc.

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