Des propos qui touchent la cible

Claudia Di lorio... (François Gervais)

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Claudia Di lorio

François Gervais

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Vivre un drame qui change une vie peut devenir quelque chose comme une bénédiction si on s'en sert pour aider autrui. Claudia Di lorio a vécu dans sa chair les méfaits de l'alcool au volant et elle livre depuis un message de sensibilisation auprès des jeunes comme elle l'a fait vendredi devant les finissants de l'école secondaire des Pionniers de Trois-Rivières. Le message était d'autant plus pertinent que les 215 jeunes présents vivaient une journée de préparation à leur bal des finissants.

À l'écouter parler, rien n'indique que Claudia Di lorio a subi un traumatisme crânien sévère et une fracture de la hanche en 2010 et que c'est grâce à un lourd et courageux travail de réadaptation qu'elle peut aujourd'hui prononcer des conférences mais surtout vivre pleinement sa vie de jeune adulte de 22 ans.

En 2010, elle est sortie dans un bar pour faire la fête. Au terme de la soirée, ni elle, ni ses amies Justine et Évelyne n'avait prévu de transport pour retourner à la maison. Elles ont accepté le lift proposé par l'ami d'un ami. Celui-ci avait consommé alcool et drogue. Il s'est mis à faire de la vitesse et a percuté un arbre avec la voiture. Personne n'est décédé dans l'accident mais les quatre occupants ont été blessés gravement. Claudia a été dans le coma pendant un mois, hospitalisée pendant deux mois, elle a suivi une réadaptation intensive de trois mois et une réadaptation sociale de deux ans. Sa fracture a amené des complications mais c'est bien peu en comparaison de son amie Justine à qui on a dû enlever l'intestin et qui est, depuis, nourrie par soluté.

C'est d'ailleurs son cas qui a inspiré la télésérie Pour Sarah diffusée à TVA l'automne dernier.

Six ans plus tard, Claudia se considère privilégiée: la principale séquelle qu'elle ressent encore aujourd'hui est une grande propension à la fatigue et certaines difficultés avec sa mémoire. Quand on pense qu'elle était incapable de parler, de compter ou de simplement mettre des bas au début de sa réadaptation, c'est bien mineur, finalement. Elle vient de compléter un baccalauréat en relations publiques et entreprendra des études en droit à l'automne.

Son message aux élèves était loin d'une condamnation morale lourde de culpabilité. «Je veux vous dire que même à votre âge, vous prenez des décisions qui peuvent changer votre vie pour le meilleur ou pour le pire. On se croit invincible et on se dit que les accidents ça n'arrive qu'aux autres. Vous ne savez pas à quel point on peut rapidement devenir un des autres en question. Il y a des risques qui n'en valent pas la peine.»

«Je ne dis pas de ne pas prendre d'alcool. Moi-même, je trouve super agréable de prendre un bon verre de vin autour d'un bon repas en bonne compagnie. C'est une belle façon de célébrer la vie. Mais ça ne donne rien de se rendre malade ou de dépasser les limites. Prévoyez un transport sûr pour retourner à la maison quand vous sortez. Vous êtes jeunes, vous êtes beaux, vous êtes intelligents: vous n'avez pas idée de la chance que vous avez. Profitez-en en cherchant à être les meilleurs individus que vous pouvez être.»

À en juger par les questions, nombreuses et pertinentes qui lui ont été posées par les élèves, il semble que son message a passé. Cette journée de préparation au bal a lieu depuis plusieurs années dans toutes les écoles secondaires de la région. La directrice de l'école des Pionniers, Johanne Alarie, estime que la conscientisation est efficace. «Claudia a l'avantage d'être de leur génération alors le message passe bien et comme la série télévisée Pour Sarah est extrêmement populaire auprès des élèves, l'impact est grand. J'ai aimé son message et les réactions me démontrent que les jeunes y ont été sensibles. Je crois que c'est efficace. En tout cas, si on se fie au bilan des dernières années, on voit moins d'événements malheureux dans le cadre des festivités de fin d'année au Québec.»

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