Faire 160 kilomètres à vélo et revenir bredouilles

Les parents Cynthia Gagné, David Doré, Éric Grenier... (Stéphane Lessard Le Nouvelliste)

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Les parents Cynthia Gagné, David Doré, Éric Grenier et Luc Arseneault en route pour Québec mardi matin.

Stéphane Lessard Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Quatre braves parents ont enfourché leur vélo vers 8 h mardi matin, malgré le froid et la pluie, pour se rendre de Saint-Boniface jusqu'à Québec dans le but de remettre au ministre Sébastien Proulx 430 dessins réalisés il y a deux semaines par les élèves de l'école Saint-Marie.

Le but de cette démarche était de rencontrer le ministre afin de tenter de le convaincre d'agrandir l'école Sainte-Marie, en manque chronique d'espace et de construire un deuxième gymnase. Malheureusement, les parents n'ont jamais pu voir le ministre. Et ce n'est pas parce qu'ils n'auront pas essayé.

Un d'eux, David Doré, indique qu'ils ont tenté depuis plusieurs semaines d'obtenir une rencontre avec M. Proulx sans y parvenir. M. Doré indique qu'ils ont même passé par l'attachée politique du député Pierre Giguère et s'étaient fait dire qu'une telle rencontre était à peu près impossible, même en s'y prenant plus tard.

Malgré ces refus, ils ont quand même tenté leur chance, mardi. Ils se sont d'abord rendus à vélo au bureau de circonscription du ministre, boulevard Laurier, à Québec, où ils ont rencontré brièvement du personnel de bureau. Par la suite, ils ont rencontré Jean-François Helms, le responsable des infrastructures scolaires au cabinet du ministre.

«Il n'était pas super content. Il savait qu'on allait venir, mais il aurait fallu avoir un rendez-vous», dit-il.

«On lui a remis les dessins et on lui a demandé de prendre une photo lorsqu'il les remettra au ministre puis de nous l'envoyer», raconte David Doré.

Même si ces parents-cyclistes, Cynthia Gagné, David Doré, Éric Grenier et Luc Arseneault, savaient qu'ils avaient très peu de chances de pouvoir croiser le ministre Proulx, ils ont décidé de relever avec détermination ce défi de 160 km sur deux roues, comme ils s'y étaient engagés dans les médias en janvier dernier.

Le gymnase de l'école, pour un, ne répond plus aux besoins. Les enseignants doivent donner plusieurs cours d'éducation physique à l'extérieur. L'an prochain, il sera occupé à 192 % du temps. Il faut présentement séparer l'espace en deux pour accommoder tout le monde tant bien que mal.

Québec a refusé, jusqu'à présent, d'investir dans l'agrandissement de l'établissement.

Les parents, qui se sont entraînés une dizaine d'heures par semaine depuis le 20 mars pour se rendre à Québec à vélo, entendent prendre part aussi au Grand défi Pierre Lavoie, du 16 au 19 juin, pour amasser des fonds pour l'école. Bref, ils ont décidé de se battre pour que leurs enfants puissent continuer à fréquenter l'école de leur municipalité.

Jusqu'à présent, 10 000 $ ont été amassés. Jeudi, un 5 à 7 au Broadway Pub de Shawinigan permettra d'amasser de nouveaux fonds et un spectacle-bénéfice avec Éric Masson est toujours prévu le 21 mai à 20 h.

Les billets sont en vente dans les commerces de Saint-Boniface. L'objectif final est de 15 000 $ et vise à aménager des espaces pour permettre aux enfants de bouger.

En pédalant jusque dans la Vieille Capitale, les quatre parents voulaient prouver leur détermination à sauver leur école.

«De toute façon, le ministre a déjà les arguments sur son bureau», signale David Doré. «On voulait juste lui dire que les enfants trouvent qu'il est important d'aller à l'école à Saint-Boniface», dit-il.

Les parents trouvent inconcevable de «prendre les enfants et de les mettre dans un autobus, de les changer de ville pour qu'ils aillent à l'école alors qu'ils peuvent marcher ou aller à vélo à l'école et revenir chez eux sur l'heure du midi», plaide M. Doré. Certains écoliers de Saint-Boniface pourraient en effet être envoyés à Shawinigan-Sud, ce qui leur ferait faire entre 45 minutes et une heure d'autobus le matin et même chose le soir.

«Le gouvernement veut que les gens soient en forme. Il faut que ça se traduise en gestes aussi et ça en est un d'avoir une école près de son milieu de vie», fait valoir le porte-parole des parents.

La plupart des enfants qui fréquentent l'école de Saint-Boniface vivent dans un rayon de trois kilomètres de l'établissement.

«Ce qui risque d'arriver, c'est de séparer des frères et des soeurs», craint notamment Cynthia Gagné. «J'en ai une qui est en première et une qui va entrer à la maternelle. Elles risquent d'aller dans deux places. Ce n'est déjà pas évident», explique-t-elle.

«Je suis allée à l'école avec ma petite soeur et je lui tenais la main. J'espère qu'il va se passer la même chose avec mes deux filles», souhaite-t-elle.

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