Recherche sur la crise étudiante: que signifiait le discours gouvernemental?

Des centaines d'étudiants et de citoyens ont manifesté... (PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE)

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Des centaines d'étudiants et de citoyens ont manifesté durant la crise étudiante de 2012.

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne

Durant la crise étudiante de 2012, dans son discours, le gouvernement a présenté les étudiants et la population de manière passive et il a tenu à faire la distinction entre les associations étudiantes et leurs membres, qui leur donnaient pourtant leurs mandats.

Le gouvernement a aussi tenu un discours de «nous versus eux» lorsqu'il a géré cette crise étudiante sur les droits de scolarité, qui a fini par dégénérer en véritable «crise sociale».

Au cours d'une entrevue jeudi, Marik Grégoire, candidate à la maitrise en communication sociale à l'Université du Québec à Trois-Rivières, a ainsi exposé les constatations préliminaires de sa recherche. Celle-ci sera présentée la semaine prochaine au congrès de l'ACFAS - Association francophone pour le savoir.

La chercheuse, qui travaille dans le domaine de l'analyse de discours critique, s'est attardée à l'évolution du discours gouvernemental tout au long de la crise, à la manière dont les différents acteurs ont été dépeints, au cadrage du mouvement par le gouvernement.

Mme Grégoire dit avoir constaté que les étudiants ont été dépeints de manière passive, utilisés comme des statistiques, comme un «sujet de calcul économique rationnel».

Après avoir scruté tous les communiqués gouvernementaux durant la crise, qu'ils émanent du cabinet du premier ministre, du ministère de l'Enseignement supérieur, de celui de la Sécurité publique ou autre, Mme Grégoire a noté que «les associations (étudiantes) sont présentes, mais plus on avance dans le temps, plus elles sont représentées comme étant l'autre, en opposition au nous utilisé pour parler du gouvernement; ça, c'est intéressant», conclut-elle.

Bien qu'elle n'ait pas encore terminé sa recherche, elle propose une hypothèse pour expliquer cette opposition entre le «nous» et le «eux» pour présenter le gouvernement et les associations étudiantes militantes, qui étaient à l'époque la CLASSE (Coalition large de l'ASSÉ ou Association pour une solidarité syndicale étudiante), la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ).

«C'est une stratégie de disqualification, de stigmatisation. Peut-être que c'est ça qu'il (le gouvernement) cherchait à faire. C'est une hypothèse», avance Mme Grégoire.

Interrogée à savoir si le gouvernement a fait la distinction entre la FEUQ, la FECQ et la CLASSE, puisque ces regroupements d'associations étudiantes n'avaient pas toujours les mêmes positions face à certains enjeux, Mme Grégoire répond que «ça dépend des moments durant la crise; il y a eu une évolution du discours, du vocabulaire» du gouvernement.

Par exemple, en avril 2012, «le gouvernement essaie de stigmatiser la CLASSE, en disant qu'il faut qu'elle dénonce les actes de violence, mais étant donné que toutes les associations étudiantes sont restées solidaires, sont restées du même bord, par la suite, il revient à généraliser les associations étudiantes», conclut-elle.

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