La saine sexualité expliquée aux jeunes

La sexologue clinicienne Marie-Paul Ross a livré une... (François Gervais, Le Nouvelliste)

Agrandir

La sexologue clinicienne Marie-Paul Ross a livré une conférence aux élèves de Keranna.

François Gervais, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Hypersexualisation, pornographie, Internet, éveil amoureux, médias sociaux, pression des pairs, réputations, absence de formation sur la sexualité dans les écoles.

Les jeunes d'aujourd'hui ont de quoi se sentir mêlés, voire démunis, quand vient le temps de discerner ce qui est normal ou pas pour leur âge en matière de sexualité.

C'est pour mieux les outiller et les informer que l'Institut secondaire Keranna a reçu, jeudi, soeur Marie-Paul Ross, infirmière, docteure en sexologie clinique, experte légale et auteure de nombreux ouvrages sur la question.

«Est-il normal d'avoir des relations sexuelles avant 18 ans?», a demandé une jeune fille dans l'assistance dont la moyenne d'âge était de 13 ans.

Soeur Ross n'a avancé aucun âge, dans sa réponse. Elle a plutôt fait réfléchir tout haut son jeune auditoire sur les «conditions essentielles» qui doivent encadrer les relations sexuelles, des conditions, précisera-t-elle, que bien des adultes ne respectent pas.

«Je ne parle pas juste de coït quand je parle de relations sexuelles», a tenu à nuancer la sexologue.

Les réponses sont venues tout naturellement des jeunes dans la salle: la confiance, le fait de se sentir prêt, l'amour, l'estime de soi et le respect.

À cela, Marie-Paul Ross ajoutera qu'il faut aussi «être dans un état adulte», c'est-à-dire être en mesure d'en assumer toutes les responsabilités et les conséquences possibles, comme la grossesse non désirée et les infections transmissibles sexuellement et par le sang, illustre-t-elle.

Ces conséquences coûtent cher au système de santé et coûtent cher en termes de valeurs humaines, a signalé la sexologue qui a accompagné de nombreuses jeunes filles à la suite d'un avortement.

«Le full sexe (chez les jeunes) est un problème médical et social», plaide-t-elle.

Les jeunes sont souvent mêlés entre ce qui est sain et normal et les modèles véhiculés dans la société et les médias.

Soeur Ross a invité les jeunes à se servir de leur «GPA», leur «géopositionnement affectif» pour bien vivre leur sexualité en fonction de leur âge. «L'estime de soi doit être à la base de nos réponses», dit-elle.

Pour cela, explique la sexologue clinicienne, il faut aimer son corps et ne pas le comparer aux modèles qui sont présentés dans les médias car ces corps «sont un truc commercial», dit-elle.

«Tu as le devoir d'aimer ton corps, sinon, tu deviens influençable», explique-t-elle.

Mais cette estime de soi commence bien jeune, ajoute Marie-Paul Ross. «L'enfant, pour s'aimer, a besoin que les autres l'aiment», explique-t-elle.

De là, il n'y avait qu'un pas à franchir, pour la sexologue, vers la question de l'intimidation, un sujet qui préoccupe grandement les jeunes actuellement et qui n'est pas étranger à leur sexualité.

Certains jeunes acceptent en effet de se livrer à des activités sexuelles parce qu'ils subissent de la pression de leurs pairs ou du rejet.

Pour contrer ce genre de pression, la sexologue offre des outils. «Sois toi-même. Si les autres ne m'aiment pas, c'est leur problème, pas le mien. La personne qui intimide l'autre, c'est elle qui a besoin d'aide», explique soeur Ross en rappelant qu'il faut être conscient qu'aujourd'hui, on vit dans une société de jetable, notamment au chapitre des ruptures amoureuses.

«Un petit texto et tu es rejeté», illustre-t-elle, une situation à laquelle nombre d'adolescents sont confrontés.

«Ayez de bons amis», a aussi fait valoir la sexologue aux jeunes, des amis avec qui vous pouvez parler et qui ne vous dévaloriseront pas, plaide-t-elle.

Soeur Ross a tenu à parler de beauté aux jeunes. «C'est beau une fille libre qui s'aime et qui est capable de dire oui ou non. Et c'est beau un garçon capable d'aimer», dit-elle.

«La sexualité, c'est une poussée vers l'amour et la vie», plaide la conférencière.

Selon elle, ce n'est fort heureusement pas la majorité qui vit «l'épreuve de la pratique sexuelle trop jeune.»

Le problème qui se pose souvent, c'est que «ceux qui la pratiquent disent aux autres que c'est normal.»

Alors qu'est-ce qu'on fait, a demandé Marie-Paul Ross à la salle. «Il ne faut pas s'occuper de l'opinion des autres», a rétorqué judicieusement une jeune fille dans l'assistance.

La curiosité sexuelle, elle, fait partie du développement de tous les humains, nuance la conférencière. Mais la sexualité qui est véhiculée aujourd'hui dans la société «est désuète», répétera-t-elle plusieurs fois.

L'hypersexualisation et la pornographie, «ça vient d'adultes corrompus. Le corps n'est pas un objet de consommation», plaide Marie-Paul Ross.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer