Alphabétisation populaire: les organismes s'unissent

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Les organismes en alphabétisation de la région réclament la fin de l'austérité budgétaire pour pouvoir offrir plus de services.

La Presse

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) À une semaine du dépôt du budget du gouvernement du Québec, les organismes en alphabétisation de la région joignent leur voix à celle de la Coalition Main rouge pour réclamer la fin de l'austérité budgétaire.

Formée en 2009, cette coalition s'oppose à la tarification et à la privatisation des services publics, de même qu'au recours à l'austérité pour assurer un retour à l'équilibre budgétaire.

En Mauricie, les organismes Comsep, Ebyôn, La Clé en éducation populaire de Maskinongé, le CAPE de La Tuque, le Centre d'éducation populaire de Pointe-du-Lac et La Cité des mots de Shawinigan sont tous membres du Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec (RGPAQ), comme Alpha-Nicolet et Ludolettre sur la rive sud. Toutes ces ressources dénoncent un sous-financement chronique limitant leur champ d'action et souhaitent sensibiliser les élus à la précarité de leur situation.

Les groupes membres du RGPAQ estiment à 9,2 millions $ le manque à gagner annuel des organismes d'alphabétisation populaire du Québec pour pouvoir répondre aux besoins des adultes susceptibles de réclamer leurs services. Au Centre-du-Québec, Alpha-Nicolet et Ludolettre chiffrent à 542 628 $ leur manque à gagner combiné. Ces deux organismes couvrent la MRC de Nicolet-Yamaska, ainsi que quelques municipalités des MRC de Bécancour et Drummond.

Véronique Mainguy, intervenante à Alpha-Nicolet, déplore le fait que les subventions de base sont restées les mêmes depuis 2007. Son organisme aide près d'une soixantaine de personnes dont les âges varient entre 30 et 93 ans.

«Si nous avions plus de financement, nous pourrions donner plus d'heures d'ateliers. À Nicolet, on offre trois heures par semaine pendant 20 semaines, mais à Baie-du-Febvre, par exemple, on offre juste six semaines. On est en état de survie depuis 2007. On fait des miracles avec peu», indique Mme Mainguy.

«On fait de l'alphabétisation populaire avec ou sans ordinateur, avec des gens qui ont de la misère à lire et écrire à différents niveaux. Moins on a de ressources financières, moins on a les moyens de les rejoindre pour qu'ils sachent qu'on existe», ajoute-t-elle.

À Shawinigan, la coordonnatrice de La Cité des mots Monique Drolet fait face au même enjeu de stagnation de sa subvention de base, soit 97 000 $. Une soixantaine de participants de 17 à 80 ans assistent aux ateliers de français mais aussi à ceux d'informatique de base, de peinture et créativité ou encore de cuisine collective. Des ateliers individuels sont aussi proposés aux analphabètes complets.

Avec des moyens financiers accrus, La Cité des mots pourrait entre autres tenir son parc informatique à jour.

«L'ère est aux tablettes numériques. Plusieurs apprentissages en français peuvent être faits avec la tablette mais nous, on n'a pas les moyens d'en acheter. Ça nous prendrait aussi une personne pour mettre notre site Internet à jour. Il y aurait d'autres ateliers qu'on pourrait donner, mais on aurait besoin d'autres intervenants», énumère Mme Drolet.

Les groupes d'alphabétisation populaire de la région s'unissent pour interpeller les députés Jean-Denis Girard, Marc H. Plante, Pierre Giguère, Pierre Michel Auger, Julie Boulet et Donald Martel pour les sensibiliser à leurs préoccupations.

Les groupes souhaitent que les députés provinciaux interpellent à leur tour le ministre de l'Éducation Sébastien Proulx «pour qu'il fasse connaître ses intentions quant au sort qu'il réserve au réseau des organismes d'alphabétisation».

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