École Sainte-Marie: les élèves de 5e et 6e année à l'hôtel de ville

Depuis cette année, l'école Sainte-Marie déborde à Saint-Boniface... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Depuis cette année, l'école Sainte-Marie déborde à Saint-Boniface et la situation deviendra encore plus critique d'ici 2018-2019. La CS de l'Énergie vient d'annoncer que les élèves de 5e et 6e année étudieront à l'hôtel de ville l'an prochain, mais la solution à long terme passe par un agrandissement.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Saint-Boniface) Les parents des élèves de l'école Sainte-Marie et la Municipalité de Saint-Boniface seront-ils condamnés, à chaque début d'année, à trouver une solution originale pour éviter que des jeunes du primaire soient déplacés vers Shawinigan?

Pour la deuxième fois mardi soir, la Commission scolaire de l'Énergie a autorisé un transfert d'effectifs à l'hôtel de ville de la rue Guimont pour l'année scolaire 2016-2017, une solution à nouveau qualifiée de... temporaire.

Le conseil municipal de Saint-Boniface avait ouvert la porte à cette possibilité, au début de l'année, en offrant trois classes supplémentaires aux deux déjà louées en 2015-2016 pour permettre aux élèves de sixième année de terminer leur cycle primaire au village.

Après une vaste consultation, la CS de l'Énergie profite de cette opportunité en confirmant que les jeunes de cinquième et de sixième année étudieront dans des locaux spécialement aménagés pour eux à l'hôtel de ville l'an prochain. Ce qui se traduira par un total de quatre ou cinq classes, selon les inscriptions.

La CS de l'Énergie a également souligné que l'école Sainte-Marie demeurera un point de service pour les élèves en difficultés, un facteur qui cristallise son importance stratégique dans le réseau.

Par contre, le maire, Claude Caron, croit que la Municipalité ne pourra en faire beaucoup plus.

«À cinq classes, nous serons pas mal au maximum», estime-t-il. «Il va falloir que le ministère de l'Éducation ou la Commission scolaire fassent quelque chose.»

Le maire mentionne que la Municipalité est toujours prête à construire une annexe à l'hôtel de ville pour y aménager des classes... en autant que la CS de l'Énergie s'engage à louer ces locaux. Or, cette proposition n'a pas soulevé d'intérêt jusqu'ici.

«Je suis bien prêt à aider, mais je ne suis pas une commission scolaire», laisse tomber le maire.

Pour le moment, M. Caron comprend que les commissaires ont décidé d'emprunter la voie la plus sûre pour éviter un transfert d'élèves et possiblement, le déménagement de familles vers Shawinigan.

Rappelons que la capacité maximale de l'école Sainte-Marie est établie à 408 élèves. Cette année, 429 jeunes fréquentent l'endroit, d'où la nécessité d'aménager deux classes à l'hôtel de ville. Selon les dernières prévisions de la CS de l'Énergie, 450 élèves fréquenteront cette école primaire en 2016-2017.

L'année suivante, si les projections démographiques se maintiennent, l'école Sainte-Marie accueillera 502 jeunes, puis 521 en 2018-2019. Une situation intenable, convient le directeur général de la Commission scolaire, Denis Lemaire.

«On sait très bien que tantôt, ce plan ne suffira plus à la croissance de la municipalité», reconnaît-il. «Selon moi, il y aura l'année prochaine et peut-être, une autre année. Après, il faudra regarder un autre plan.»

Poids politique

L'agrandissement de l'école Sainte-Marie, comprenant l'ajout de six classes et la construction d'un nouveau gymnase, demeure le scénario privilégié du milieu.

Le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport doit toutefois prévoir un investissement de près de trois millions de dollars pour réaliser ce projet. Sinon, dans deux ans, les astres s'aligneraient en direction d'un transfert d'élèves vers Shawinigan, faute d'alternative.

«Sur le plan administratif, le ministère a toutes les raisons de nous dire non», convient M. Lemaire. «Il existe la règle (de la disponibilité de locaux) à l'intérieur du 20 kilomètres. Au plan politique, c'est un tout autre aspect. Autant pour des gymnases que pour des agrandissements d'écoles, ce sont des décisions purement politiques.»

Le directeur général rappelle spontanément l'exemple du gymnase de l'école de la Tortue-des-bois de Saint-Mathieu-du-Parc.

«Il y a eu une démarche de l'école, de la population et la ministre (Marie) Malavoy avait été sensible à ça», rappelle M. Lemaire. «On s'entend que pour une centaine d'élèves, bien des municipalités se seraient fait dire non! Rendu à ce niveau, c'est purement politique.»

Sébastien Proulx... (Archives La Presse, Ivanoh Demers) - image 3.0

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Sébastien Proulx

Archives La Presse, Ivanoh Demers

Pierre Giguère en contact avec le nouveau ministre

La nomination de Sébastien Proulx comme ministre de l'Éducation, un ex-député de Trois-Rivières qui a étudié au Collège Laflèche, pourrait-elle devenir la clé qui ouvrira le coffre de l'investissement requis pour l'agrandissement de l'école Sainte-Marie?

Le député de Saint-Maurice, Pierre Giguère, a déjà réalisé des approches pour le sensibiliser à l'importance de ce dossier pour le milieu. Une rencontre plus formelle est prévue après la semaine de relâche mais déjà, il détecte un intérêt.

«Je continue à pousser pour l'agrandissement de l'école», commente-t-il. «J'ai parlé à Sébastien mercredi matin et je lui ai expliqué ma position. Je lui ai demandé une rencontre dans deux semaines.»

Il ne s'agira pas du premier ministre de l'Éducation sensibilisé à ce projet, mais le passé de M. Proulx lui permettra de mieux comprendre ce que le milieu souhaite éviter en transférant de jeunes enfants dans une école de Shawinigan.

«J'ai déjà eu une réaction positive», raconte M. Giguère. «Il connaît Saint-Boniface, il connaît Shawinigan. J'ai senti une belle ouverture.»

En attendant, Saint-Boniface n'a pas dit son dernier mot en ce qui concerne ce projet d'agrandissement. Au cours des prochains jours, des signes de mobilisation se manifesteront dans la communauté, tels que des pancartes sur des terrains, des chandails au message évocateur portés par des jeunes et des autocollants sur des voitures.

Marie-Ève Landry, une maman très impliquée dans ce dossier, souhaite que le gouvernement détecte une volonté ferme de la communauté à garder ses enfants du primaire et non une simple capacité de se débrouiller avec les moyens du bord.

«Le fait qu'on trouve des solutions, ça donne plus de temps au gouvernement!», sourit Mme Landry.

«C'est sûr qu'il voit qu'on s'arrange, mais le ministère connaît les chiffres. On ne pourra pas envoyer 150 élèves au centre municipal. La solution est temporaire, mais à un moment donné, ça va commencer à être serré.»

«J'espère que ça leur envoie le message que notre commission scolaire veut garder les enfants à Saint-Boniface, les parents aussi. On trouve des solutions parce qu'on y tient! On n'a pas le choix, car si on ne trouvait pas de solution, les enfants iraient à Shawinigan l'an prochain et le gouvernement trouverait ça correct. Ne pas plier, c'est la meilleure chose à faire. Chaque fois qu'on gagne une année, c'est une petite victoire et chaque victoire nous donne espoir de nous rendre au but final, celui de l'agrandissement de l'école.»

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