Projet de loi 86: «C'est un brassage de structure»

Sur la photo, on retrouve au centre le... (Olivier Croteau)

Agrandir

Sur la photo, on retrouve au centre le président Claude Lessard en compagnie des commissaires parents Jean-Michel Hamelin, Nathalie Bellerose, Romuald Bezard, Nathalie Lajoie. La directrice générale Hélène Corneau complète le portrait.

Olivier Croteau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Trois-Rivières) Alors que la commission parlementaire sur le projet de loi 86 s'amorcera mardi à Québec, la Commission scolaire du Chemin-du-Roy se montre très critique envers le projet, qu'elle qualifie de «brassage de structure» qui ne réglera pas les problèmes de décrochage au Québec.

Ignorée de la liste des invités qui témoigneront durant la commission parlementaire, la CS du Chemin-du-Roy, appuyée par ses commissaires-parents, déposera un mémoire en matinée afin de faire connaître son avis sur le projet de loi 86, qui ne semble pas faire l'unanimité au Québec.

Le président du Conseil des commissaires, Claude Lessard, estime que les aspects qui devraient être les plus importants d'un tel projet de loi, c'est-à-dire les outils menant à la réussite des élèves, sont totalement absents.

«On ne rejette pas le projet de loi, mais on veut travailler de concert. On trouve qu'il n'y a aucune valeur ajoutée à la réussite et la persévérance scolaire. On pense que ça devrait être le fondement de ces nouveaux éléments. On pense que le ministre devrait faire la démonstration qu'il y a des outils dans ce nouveau projet de loi, ce qu'on ne retrouve pas.»

Plutôt que d'adopter une nouvelle loi et une nouvelle structure, M. Lessard croit qu'il est temps de tenir une grande consultation sur le monde de l'éducation. Il rappelle que depuis la réforme Marois, en 1998, 12 ministres de l'Éducation se sont succédé, dont trois depuis moins d'un an.

«On pense qu'on devrait tenir des états généraux sur l'éducation qui pourraient déboucher sur une politique nationale de l'éducation, et qu'on pourrait partager. Quand on veut que les troupes nous suivent, il faut savoir où on s'en va.»

Une nouvelle structure

Le projet de loi 86, présenté par le ministre François Blais, depuis remplacé par Pierre Moreau, vise à modifier la structure des commissions scolaires québécoises. Terminées les élections scolaires, ce sont plutôt six parents qui remplaceraient les commissaires au sein d'un nouveau conseil de 16 membres nommés, aussi composé de six membres de la communauté, de deux directions d'école, d'un enseignant et d'un professionnel non enseignant. Le ministre de l'Éducation aurait aussi davantage de pouvoirs envers les commissions scolaires, dont le droit de fixer la durée du mandat du directeur général ainsi qu'une mainmise sur les budgets des commissions scolaires.

«C'est un brassage de structure plutôt que de parler de vision et de valeurs. Dans le projet de loi, il y a une mission, mais pas de valeurs ni de vision mentionnées. On peut arriver à des changements intéressants, rapidement et sans brasser toutes les structures», mentionne le président du Conseil des commissaires, Claude Lessard, qui ajoute que la Commission scolaire tente déjà de faire une plus grande place aux parents et que la prochaine étape serait de leur donner un droit de vote, comme les commissaires élus.

«On est tout a fait d'accord avec la position du ministre de donner plus de pouvoir aux parents. C'est légitime qu'ils soient considérés comme les commissaires actuels», qui voit les quatre commissaires parents l'appuyer dans la démarche.

«Je voudrais que le ministre mette (le projet de loi) en suspens avant des états généraux. Il faudra le faire de toute façon, pour savoir où on s'en va. Le ministre dit souvent que l'éducation est une priorité, il faudra le démontrer!»

Maintient des élections

La CS du Chemin-du-Roy s'oppose toutefois à l'élimination des élections scolaires, qui se sont déroulées dans l'indifférence en octobre 2014 avec un taux de participation au Québec de 4,86 %.

«On pense que la démocratie doit demeurer. On n'abolit pas une démocratie, on l'améliore. Dans d'autres provinces, les élections scolaires sont tenues au même moment que les élections municipales, et on voit que le taux de participation est bien meilleur. On est élu par la population et on est redevable envers la population.»

M. Lessard espère maintenant être entendu par le ministre Moreau et il se montre optimiste.

«Je fais confiance au ministre Moreau. Avant, il était ministre des Affaires municipales. Je siège à l'Office municipal d'habitation et le ministre Moreau, avant d'établir les changements qu'il voulait faire, avait consulté tout le monde avec des sondages. J'ai eu à en compléter. Je pense que c'est une très belle façon de connaître le pouls des gens.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer