Le nouveau combat de Vincent Godin

Le nageur Vincent Godin n'en est pas à... (François Gervais)

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Le nageur Vincent Godin n'en est pas à son premier défi. Cette fois, il veut convaincre le Cégep de Trois-Rivières de l'accepter dans son enceinte comme auditeur libre.

François Gervais

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(Trois-Rivières) Vincent Godin est un habitué des grandes rencontres au sommet.

Après avoir discuté avec plusieurs premiers ministres du Québec, dont Pauline Marois et Philippe Couillard, après avoir nagé quelques brasses avec le chef de l'opposition officielle à l'Assemblée nationale, Pierre Karl Péladeau, le jeune Trifluvien de 20 ans rencontrait, en octobre dernier, le ministre de l'Éducation du Québec, François Blais, pour le sensibiliser à la cause de la dysphasie. Histoire d'un nageur en eau libre qui espère devenir auditeur libre.

Vincent Godin est abonné aux performances. Cet été, il nageait les 86 kilomètres qui séparent la Nouvelle-Écosse des Îles-de-la-Madeleine, cela afin de faire connaître au plus grand nombre les difficultés liées à la dysphasie, un trouble du langage et de l'apprentissage avec lequel il doit lui-même conjuguer tous les jours.

Cette fois, c'est un défi de toute autre taille que s'est lancé le jeune Godin: convaincre le Cégep de Trois-Rivières d'ouvrir ses portes aux jeunes dysphasiques qui, comme lui, souhaiteraient s'asseoir sur les bancs des études supérieures.

Pour mettre de l'eau à son moulin, Vincent Godin a donc pris rendez-vous avec nul autre que le ministre de l'Éducation, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, François Blais, à son bureau de la colline parlementaire. Les deux hommes ont échangé pendant près d'une heure, à la suite de laquelle Vincent Godin espère avoir semé une graine qui pourrait porter ses fruits. «Ça c'est très bien passé. Ça été une belle rencontre qui m'a permise de mettre mes points sur la table», note d'emblée le jeune homme.

Depuis septembre dernier, Vincent Godin appelle de ses voeux l'allègement des règles d'admission dans les cégeps afin que les jeunes dysphasiques, qui n'ont pas atteint l'âge de 21 ans et qui ne disposent pas d'un diplôme d'études secondaires général, puissent tout de même s'inscrire à un programme d'études postsecondaires à titre d'auditeur libre. Si de nombreuses universités québécoises proposent ce type d'engagement académique, seul le Cégep de Rivière-du-Loup offre cette formule où l'étudiant peut suivre un cours en classe, sans avoir droit aux crédits qui y sont attachés.

Selon Vincent Godin, le ministre Blais s'est montré très attentif à ses doléances. Cependant, a-t-il appris de la bouche du ministre, c'est à l'administration du Cégep de Trois-Rivières qu'il revient, ou non, de mettre en place un service d'auditeurs libres. «Maintenant, le ministre est au courant de cette problématique-là», se réjouit tout de même Vincent Godin.

«Ce genre de projet passe par l'initiative du cégep. Le ministre n'a pas le pouvoir d'imposer ce programme-là.» La balle est donc dans le camp du Cégep de Trois-Rivières. M. Godin espère être en mesure de rencontrer la direction de l'établissement d'éducation en début d'année 2016 afin de lui soumettre son projet.

Pour l'instant, le jeune homme avoue qu'un pas dans la bonne direction a été posé. «Ç'a été une rencontre constructive et positive. Je suis content. Je suis sorti de son bureau gagnant pour moi, mais aussi gagnant pour d'autres gens qui souhaitent, comme moi, aller plus loin dans leur scolarité et dans leur culture générale. Moi, je vais de l'avant. Tranquillement, je fais un petit pas à la fois», conclut-il en se croisant les doigts.

Enfin, notons qu'à compter de 21 ans, un collège d'enseignement général et professionnel peut admettre un étudiant même s'il n'est pas diplômé au secondaire. Ce dernier doit cependant réussir un test d'admission, en plus de démontrer que ses expériences personnelles et professionnelles peuvent compenser l'absence de diplôme.

Vacances des Fêtes obligent, il ne nous a pas été possible de rejoindre l'administration du Cégep de Trois-Rivières pour jauger son intérêt.

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