Laforest inquiet pour le projet de l'école Sainte-Marie

Jean-Yves Laforest, président de la Commission scolaire de... (François Gervais)

Agrandir

Jean-Yves Laforest, président de la Commission scolaire de l'Énergie.

François Gervais

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le président de la Commission scolaire de l'Énergie, Jean-Yves Laforest, se dit inquiet pour le projet de construction proposé par la municipalité de Saint-Boniface pour loger le surplus d'élèves du primaire de l'école Sainte-Marie, en septembre prochain.

L'école Sainte-Marie... (Archives, Le Nouvelliste) - image 1.0

Agrandir

L'école Sainte-Marie

Archives, Le Nouvelliste

Le projet de loi sur l'Organisation et la gouvernance du ministre François Blais semble déjà se poser en obstacle à sa réalisation. Le ministère n'a en effet toujours pas donné suite à cette demande, déplore-t-il.

M. Laforest estime de plus que la loi enlève du pouvoir aux parents au lieu de leur en donner comme le prétend le ministre. Après l'avoir analysé attentivement, il en conclut que «les élèves ne sont pas vraiment au coeur des préoccupations de cette réforme».

M. Laforest tenait un point de presse, jeudi, pour dénoncer ce projet de loi qu'entend aussi contester la Fédération des Commissions scolaires. Selon lui, la prétention du ministre selon laquelle la réforme va donner plus de pouvoir aux écoles, «c'est quasiment un paravent pour se donner à lui même un pouvoir énorme de centralisation», analyse-t-il.

«Il y a un grand paradoxe entre son désir de centraliser et les outils qu'il se donne pour contrôler la quasi-totalité des décisions qui pourraient être prises par les futurs conseils scolaires qu'il mettra en place», résume-t-il.

Le projet de Saint-Boniface est un bel exemple de cela, dit-il, car il ne va pas dans le sens des règles administratives selon lesquelles les enfants doivent être envoyés dans des écoles situées à moins de 20 kilomètres de chez eux s'il n'y a plus de place dans l'école de leur secteur.

Or, la Commission scolaire de l'Énergie, rappelons-le, a demandé de contourner cette règle. La municipalité a en effet offert de construire un nouveau bâtiment qui serait loué à la Commission scolaire, rappelle M. Laforest, à condition que le ministère de l'Éducation finance la Commission scolaire pour payer la location.

Or depuis cette demande, l'été dernier, c'est silence radio du côté du ministère. «Je serais très, très inquiet si j'étais un parent à Saint-Boniface ou à Mont-Carmel», dit-il.

«Un conseil de non-élus», comme veut faire le ministre avec son projet de loi, «va devoir appliquer obligatoirement les règles administratives», prévoit-il.

Il se pourrait donc «que la Commission scolaire doive investir plus dans le pétrole que dans la réussite éducative», en conclut le président.

M. Laforest a tenu à exprimer sa «très grande déception» face au projet de loi du ministre qui veut, rappelons-le, éliminer les conseils des commissaires au Québec, une structure centenaire.

Après avoir analysé le projet de loi sous l'angle de la réussite, «on ne voit presque rien de concret qui vient améliorer la réussite des élèves», plaide-t-il. «Le ministre propose une série de mesures pour modifier des choses, mais c'est axé sur un brassage de structures», sans compter que ça ne change rien aux taxes scolaires, fait-il valoir.

«C'est certain qu'on va se battre», assure Jean-Yves Laforest, car «de grands dangers nous attendent en tant que citoyens dans une région par rapport au contrôle des services qu'on donne aux enfants.»

M. Laforest estime, en se basant sur des sondages, que les élections scolaires devraient demeurer, mais se tenir en même temps que les élections municipales comme c'est le cas dans certaines provinces canadiennes et aux États-Unis, afin de favoriser la participation citoyenne.

Avec le projet de loi du ministre, estime M. Laforest, «les payeurs de taxes ne seront plus représentés, les gens qui habitent les différents secteurs ne seront plus représentés. Le ministre, de son piédestal, pourra décider ce qui se passe partout, mais sans reddition de comptes à la population.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer