Grève: un casse-tête pour les cégéps

Les syndicats ont bloqué les accès au Collège... (François Gervais)

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Les syndicats ont bloqué les accès au Collège Shawinigan jusqu'à 8 h 30, mercredi.

François Gervais

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les trois premières journées de grèves rotatives du Front commun ont obligé les collèges à refaire chaque fois leur calendrier scolaire. Déjà, il est établi que si d'autres journées de grève s'ajoutaient, les étudiants collégiaux pourraient devoir passer certains examens les soirs pour compléter leur session d'automne.

La quatrième journée de grève que les employés de l'État menacent de faire le 9 décembre viendrait une fois de plus mettre de la pression sur le calendrier scolaire.

Le directeur des études au Collège Shawinigan, Éric Milette, ne cache pas non plus que «plus on ajoute de journées de grève, plus il y a de la pression sur le calendrier d'hiver».

Le trimestre d'hiver doit en effet débuter le 18 janvier. «Pour le moment, on a réussi à préserver le début. Je pense que si l'on ajoute quelques journées, il y a moyen de trouver des solutions pour essayer de débuter à ce moment-là. Mais c'est évident que si ça se prolonge, il pourrait y avoir un impact», prévoit M. Milette.

Les effets se feraient sentir principalement sur la date de remise des notes par les enseignants. Plus les journées de cours sont décalées dans le temps, plus la remise des notes se fait tard. Or, le règlement des études collégiales prescrit 82 jours par session, soit 75 journées de classe plus les journées d'examen, explique M. Milette.

Jean Fournier, le président du Syndicat des professeur(e)s du Cégep de Trois-Rivières, où se vit la même situation, indique que «pour nous, actuellement, il n'est pas question, s'il y avait une quatrième ou cinquième, voire une sixième journée de grève, de basculer le calendrier en début janvier», assure-t-il.

M. Fournier indique que les professeurs ont un mandat «de négocier ou de faire une proposition claire à la direction le temps venu», dit-il, sans vouloir en dévoiler le contenu pour l'instant.

Les syndicats attendent les résultats imminents des négociations qui sont en cours avec Québec et prennent les choses «à la petite semaine. On attend une réponse, au sectoriel et au central, des instances patronales respectives», a-t-il mentionné mercredi.

«Pour nous, il est clair qu'on va tenter de trouver une solution constructive à ce qui pourrait apparaître comme étant problématique, c'est-à-dire basculer en début janvier», indique M. Fournier.

Luc Vandal, président du Syndicat des professeur(e)s du Collège Shawinigan, indique que c'est une cinquième journée de grève qui pourrait le plus compliquer les choses pour son établissement. «Ça poserait de réels problèmes pour la session d'hiver au Collège Shawinigan. On a un délai pour la remise des notes et si l'on ajoute une journée de grève après celle du 9 décembre, la session d'hiver pourrait être retardée», dit-il.

«Si je repousse des journées, il pourrait y avoir des évaluations au début de janvier, par exemple», illustre Éric Milette, d'où l'idée de faire des évaluations en soirée, avant le 23 décembre, si jamais des journées de grève s'ajoutaient. Cette façon de faire n'était pas dans le calendrier collégial initial.

En attendant le règlement des revendications de la fonction publique, les trois syndicats du Collège Shawinigan, enseignants, personnel professionnel et employés des services publics ont manifesté, mercredi matin, en bloquant les accès à l'établissement jusqu'au début des cours, à 8 h 30. L'activité de visibilité s'inscrivait dans un mouvement plus vaste du Front commun. 

Le Cégep de Trois-Rivières, pour sa part, ne prévoit pas d'activité de visibilité avant la manifestation du 9 décembre.

Les syndicats veulent obtenir une entente dès cette semaine alors que les négociations traînent depuis un an.

Luc Vandal indique que plusieurs demandes patronales jugées abusives ont été retirées. 

«On négocie aux différentes tables et ça avance. Mais c'est certain que l'entente devra être satisfaisante, tant aux tables sectorielles qu'à la table centrale, dit-il. Le report de l'âge de la retraite à 62 ans doit être retiré ainsi que la pénalité actuarielle de 7,2 % pour les départs anticipés», indique M. Vandal en ajoutant que ces mesures souhaitées par Québec sont l'équivalent de «changer les règles du jeu pendant la partie».

Les syndicats tiennent aussi à ce que Québec bonifie son offre de 3 % d'augmentation sur 5 ans.

Les syndicats critiquent le fait que Québec veuille modifier désavantageusement les conditions de ses employés alors qu'au même moment, le gouvernement investit 1 milliard $ chez Bombardier, augmente le salaire des députés et reconnaît avoir perdu le contrôle de la rémunération des médecins spécialistes.

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