Déficit de 10 M$ à l'UQTR: des concessions à faire

L'Université du Québec à Trois-Rivières.... (Photo: François Gervais)

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L'Université du Québec à Trois-Rivières.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'Intersyndicale des personnels de l'Université du Québec à Trois-Rivières s'est réunie, lundi, afin de discuter des propositions déposées par le conseil d'administration de l'établissement visant à éviter un déficit anticipé de 10 millions $ aux états financiers de 2015-2016.

La direction de l'Université a en effet adopté un projet de plan de résorption du déficit, le 20 octobre dernier. Elle a récemment annoncé le report, jusqu'à nouvel ordre, des rencontres avec les syndicats et ses partenaires associatifs afin de permettre les discussions.

L'UQTR veut «que les gens aient une bonne idée de la situation budgétaire à laquelle elle est confrontée», indique le directeur des communications, Bertrand Barré.

L'UQTR a aussi effectué des représentations auprès de décideurs politiques «dans le but d'assurer le financement de l'Université», dit-il. L'établissement a fait face à des compressions de 11,9 millions $, depuis juin 2014, dans le cadre des mesures d'austérité imposées par Québec.

La traversée du désert ne sera pas facile puisque dans cette hypothèse de travail soumise aux membres de l'UQTR, d'importants sacrifices sont suggérés, dont l'augmentation de la tâche normale d'enseignement, la réduction des montants accordés au perfectionnement, un gel de l'embauche et des remplacements, une plus grande mobilité, la réduction des budgets de fonctionnement alloués à la recherche et le report temporaire de l'application du plancher d'emploi des professeurs en 2016-17, pour ne citer que quelques exemples.

Le président du SPPUQTR, Ismaïl Biskri, indique que plusieurs des concessions demandées «touchent des aspects conventionnés et nécessitent obligatoirement des ententes.»

Rappelons que le Syndicat des professeurs et professeures avait demandé, dès le lendemain de l'adoption de ce projet de résorption du déficit, une série de documents financiers complémentaires afin de poursuivre les échanges sur la question des compressions. Lundi, le SPPUQTR a confirmé au Nouvelliste ne pas avoir encore reçu les documents demandés. «Le Syndicat est conscient de la situation», indique M. Bisrki. «Il faut toutefois que la direction fasse preuve de transparence et fournisse les documents nécessaires à une bonne compréhension de la situation», plaide-t-il. «On travaille sur différents plans d'action pour fournir de l'information aux représentants syndicaux», indique de son côté Bertrand Barré.

«La direction fait appel à la mobilisation de l'ensemble des membres de la communauté universitaire afin de trouver ensemble des solutions pour résorber le déficit budgétaire anticipé», dit-il.

Du côté du Syndicat du personnel professionnel, des membres ont fait part de leur inquiétude face à cette situation lors de la récente assemblée générale du Syndicat indique le président, Martin Harvey.

Le personnel professionnel se pose des questions sur les raisons du déficit actuel et sur des frais juridiques sans précédent dépensés par l'UQTR au cours des dernières années et qui minent le budget de fonctionnement. «Je pense qu'il faut donner suite à ce que les gens ont exprimé», dit-il.

Selon des documents obtenus par Le Nouvelliste, les frais «légaux et de vérification» de l'UQTR auraient connu une variation à la hausse de 110 % depuis 2009-2010. Ils se chiffreraient à plus de 800 000 $ pour la seule année 2014-2015.

Le directeur des communications de l'UQTR indique que «l'UQTR ne dispose pas d'un service de contentieux. Donc, certains dossiers, notamment ceux du campus de Drummondville, du CIPP et aussi le VGQ (Vérificateur général du Québec) ont entraîné une augmentation des frais juridiques», dit-il.

Toutefois, il semble que l'UQTR aurait eu recours à des firmes externes alors que le travail aurait pu être fait par son secrétaire général.

Au cours d'une audience de la CRT tenue en octobre dernier, l'ancien secrétaire général de l'UQTR et avocat, Me André Gabias, a expliqué au tribunal que la haute direction avait passé par-dessus lui à plusieurs reprises. Elle a embauché une firme externe d'avocats dans le dossier du campus de Drummondville, notamment. Me Gabias a indiqué qu'il en a «eu les jambes sciées.»

D'autre part, Bertrand Barré précise que l'UQTR a récemment appris, après avoir présenté une réclamation, «que les frais juridiques reliés aux causes devant la CRT étaient admissibles et couverts par le contrat d'assurance responsabilité de l'établissement», dit-il. «Donc, ça n'aura pas d'impact sur le budget de fonctionnement 2015-16 de l'Université», dit-il.

Les mesures de compression devront aussi toucher les cadres supérieurs. Ces derniers ont convenu de réduire leurs émoluments de 4 %, le 2 novembre dernier.

La direction de l'UQTR a annoncé récemment qu'elle ne comblera pas le poste de vice-recteur aux études et à la formation laissé vacant par la retraite de Sylvain Delisle et ce, «pour une période indéterminée.» Le poste s'ajoutera à la tâche du vice-recteur Robert W. Mantha qui ne recevra pas de rémunération supplémentaire pour occuper les deux fonctions, indique Bertrand Barré. M. Mantha occupera le VREF à titre de suppléant jusqu'au 18 décembre. Par la suite, il deviendra intérimaire.

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