Vote de grève au Cégep de Trois-Rivières: «Il faut se préparer à la guerre»

Jean Fournier, président du Syndicat des professeurs et... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Jean Fournier, président du Syndicat des professeurs et professeures du Cégep de Trois-Rivières.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les professeurs du Cégep de Trois-Rivières ont octroyé à leur syndicat, vendredi, à la hauteur de 84 %, un mandat de six jours de grève rotative à utiliser soit en région, soit sur la scène nationale. Près de 225 professeurs se sont ainsi déplacés pour signaler, par ce geste, leur «ras-le-bol», leur «indignation», leur «colère» et leur «incompréhension» face aux propositions gouvernementales.

Sans contrat de travail depuis le 31 mars dernier, le président du Syndicat des professeurs et professeures du Cégep de Trois-Rivières (SPPCTR) espère que ce «vote très puissant» fera entendre raison au gouvernement Couillard. «Il faut se préparer à la guerre», lance Jean Fournier.

«Le gouvernement devrait comprendre que nous sommes unis. Nous sommes convaincus que ce qu'il nous offre est tout à fait indécent et inacceptable. Ce qu'on souhaite, c'est une convention signée qui va respecter le fait qu'on offre un service public indispensable», note M. Fournier au sortir du vote. «Les services publics sont vitaux à la construction du Québec qu'on veut ériger.»

«L'idée, c'est de mettre une pression sur le gouvernement. On est là, on est prêt et, s'il le faut, on va sortir fort. Ce vote devrait contribuer à ouvrir les négociations, et si ça n'ouvre pas, on les fera nos jours de grève. Et si ça n'ouvre pas suffisamment après ces jours de grève, on se posera des questions pour la suite.»

De l'avis de M. Fournier, les professeurs du Cégep de Trois-Rivières vivent «une triple injus-tice» lorsqu'ils pèsent dansla balance «l'austérité gouver-nementale».

«Comme membre de la classe moyenne, on se retrouve victime de coupes dans les services publics, comme travailleur on se retrouve aussi victime de coupes, deux millions $ cette année, avec une population étudiante qui n'est plus soutenue, et finalement, la dernière injustice et la plus importante à certains égards, comme travailleur dans le réseau public, on se fait donner une claque en pleine face.»

Ce mandat de grève s'additionne au ralentissement administratif adopté par les différentes instances syndicales du Cégep de Trois-Rivières. À cet égard, l'ensemble des employés syndiqués se sont entendus pour refuser de participer à une majorité de comités paritaires, tout en répondant par l'absence aux consultations prévues par la direction.

Notons que plusieurs membres du SPPCTR participeront à la grande manifestation du Front commun organisée à Montréal le 3 octobre prochain. «Peut-être qu'il y aura d'autres gestes que l'on posera au cours du mois d'octobre, en plus d'avoir le mandat en poche des six jours de grève», précise M. Fournier.

Fermant la marche des 48 cégep du Québec, les professeurs du Cégep de Trois-Rivières ont ainsi rejoint leurs collègues québécois qui ont opté pour la grève comme outil de négociation. Le 21 septembre dernier, ce sont 87 % des professionnels du Collège Shawinigan qui se dotaient également d'un débrayage rotatif de six jours.

«Ce gouvernement attaque nos valeurs sociales et érode la démocratisation des services. C'est particulièrement inquiétant en éducation» avait alors déclaré Jean-François Chandonnet, président du Syndicat des professionnelles et professionnels du Collège Shawinigan.

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