Mobilisation pour l'éducation: Fred Pellerin participe au mouvement

Fred Pellerin participait, mardi, à la manifestation visant... (Photo: Courtoisie Radio-Canada Mauricie)

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Fred Pellerin participait, mardi, à la manifestation visant à défendre les écoles publiques et dénoncer les compressions qui menacent le maintien de certains services ou la survie même de certaines écoles.

Photo: Courtoisie Radio-Canada Mauricie

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Il y a de ces endroits où la conscientisation peut se transformer aisément en mobilisation lorsqu'il y a consensus social.

Saint-Élie-de-Caxton est précisément l'un de ces lieux où on peut se regrouper rapidement lorsqu'on touche à une entité aussi précieuse que l'éducation, comme on l'a fait mardi en créant une chaîne humaine autour de l'école primaire pour protester contre les compressions budgétaires qui sévissent actuellement. «À 24 heures d'avis, on avait assez de monde pour faire le tour de l'école main dans la main», observe Fred Pellerin.

Comme citoyen impliqué dans sa communauté et comme père de famille, il a pris part à la manifestation «Je protège mon école publique» mardi matin en compagnie de sa conjointe et de ses trois enfants, avec la conviction qu'on lui connaît. «Au village, ça ne se pouvait pas qu'on n'embarque pas dans le mouvement», observe-t-il. «Pour moi, l'éducation est la promesse d'une société en santé, d'une société qui peut grandir.»

En ce sens, les compressions ne peuvent que freiner la croissance souhaitée. «Les profs le disent, les spécialistes le confirment, cette austérité-là vient jouer sur nos enfants. Moi, je ne peux pas accepter ça. J'en reviens pas», réagit l'artiste. «Le monde devient sur les dents parce que t'es toujours en combat et tu ne peux jamais monter plus haut que ça.»

Chez les Caxtoniens, il faut dire qu'on a joué un peu avec les nerfs des citoyens depuis une dizaine d'années, alors que leur école primaire était menacée. À cette époque, des enfants devaient être transférés dans un autre village parce qu'à force de jumeler les groupes, on coupait des enseignants qui se retrouvaient alors avec des groupes qui dépassaient leur ratio. On a contourné le problème de cette époque et l'école «a été prise en charge par les gens du milieu, par les parents, par les profs, par plein de monde qui y croient», relate Fred Pellerin.

Or, l'histoire veut que depuis, le taux de natalité a grimpé, plusieurs familles sont venues s'installer au village et on a presque triplé le nombre d'élèves, si bien qu'on s'est retrouvé avec le problème inverse, mais la même conclusion. En raison d'un trop grand nombre d'élèves cette fois, on voulait encore transférer récemment des élèves de Saint-Élie dans un village voisin. «Nous, on a voulu se faire une école tripante au village et elle est devenue super dynamique. C'est rendu qu'il y a trop d'enfants et qu'ils ne savent plus où les mettre... Jusqu'à l'armoire à balai qui est recyclée en comptoir à musique. C'est un super problème», dit-il. «Et maintenant, il y a cette austérité-là qui vient faire des coupures dans les projets... Au final, ce sont nos enfants qui vivent ces répercussions et c'est fâchant», note-t-il, regrettant qu'il faille encore se mobiliser pour conserver les acquis. «T'es tout le temps pogné à toujours te battre pour le même os alors qu'on pourrait tellement aller plus haut», observe-t-il.

Mardi matin, la chaîne autour de l'école du village était constituée de parents, mais aussi de grands-parents et de retraités, fait-il valoir. Fred Pellerin avait près de lui ses enfants, considérant que l'engagement citoyen est une bien belle valeur à transmettre. «On en a parlé hier (lundi) au repas et ma fille de 10 ans lisait le journal ce matin (mardi matin)», note-t-il. Sans compter que le cadet du clan Pellerin, 5 ans, a eu du mal à retourner à la maison après la mobilisation. «Lui, il disait qu'on protégeait pour pas que le chef du pays vienne prendre nos sous, alors il ne voulait plus s'en aller parce qu'il attendait le chef du pays... On lui en a parlé après», sourit Fred. «Si ce n'est pas sain, ça...», laisse-t-il tomber. «Voir si on va dire à nos enfants de ne pas s'impliquer...»

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