Rentrée scolaire à l'école citoyenne

Marie-Josée Tardif, coordonnatrice adjointe à COMSEP, en compagnie... (Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste)

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Marie-Josée Tardif, coordonnatrice adjointe à COMSEP, en compagnie de Karine Groleau, lors de la première journée de l'école citoyenne destinée d'emblée aux parents, mais dont les effets positifs bénéficient également aux enfants.

Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) La fille de Karine Groleau est âgée de huit ans. Pour la fillette, qui vit avec un trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), les bancs d'école n'étaient pas une partie de plaisir. Idem pour la jeune maman. Depuis trois ans, la petite Daphné a passé le seuil de trois écoles différentes faute d'y trouver des services adaptés à ses besoins. Pour une deuxième année consécutive, Mme Groleau fréquente, elle, l'école citoyenne de COMSEP, pour son propre bénéfice, mais surtout pour celui de sa fille. L'heure était à la grande rentrée au cours des derniers jours.

Depuis près de dix ans, COMSEP organise une école dite citoyenne pour les parents qui n'ont pas franchi la barre de la cinquième année du secondaire et qui souhaitent acquérir des outils supplémentaires afin de nourrir la soif d'apprentissage de leur enfant. Sur une base hebdomadaire, la douzaine de parents inscrits dans la cohorte 2015-2016 se réuniront dans les locaux de COMSEP pour échanger avec des spécialistes, tantôt nutritionniste, travailleur social, éducateur spécialisé, professeur et intervenant divers.

Chaque semaine, donc, amènera son lot de thèmes qui dynamiseront les conversations, de la nutrition en générale au guide alimentaire canadien en particulier, en passant par l'agressivité chez les enfants, le développement du cerveau, l'aide aux devoirs, le cheminement et la réussite scolaire, la différence entre une punition et une conséquence, etc. Le lundi matin sera réservé à l'aide au devoir en présence des parents et des enfants, alors que l'après-midi, les petits s'amuseront dans la pièce d'à côté pendant que les parents assisteront à des ateliers pédagogiques. Une demi-journée par semaine, parent et enfant se retrouveront à l'école, celle de l'enfant cette fois, pour des activités ludiques dans un cadre scolaire.

L'objectif déclaré de l'école citoyenne: «redonner de l'autonomie aux parents, leur redonner du pouvoir sur l'éducation de leur enfant, leur redonner de l'autonomie par rapport à la réussite scolaire de leur enfant», signale Marie-Josée Tardif, coordonnatrice adjointe à COMSEP.

Un pouvoir que Karine Groleau a tôt fait de retransmettre entre les mains de sa fille. Grâce aux conseils que la jeune mère est allée chercher l'an dernier, la petite Daphné a réussi à terminer en beauté son année scolaire et entrevoit la prochaine rentrée avec beaucoup d'enthousiasme. Un enthousiasme qu'elle compte décupler cette année encore.

«Moi, l'école citoyenne, ça m'a vraiment aidée», lance Mme Groleau. «Ça m'a aidée à comprendre plus ma fille, comprendre, selon son comportement, ce dont elle avait besoin. Il n'y a pas de mode d'emploi pour être parent, encore moins quand l'école commence. Mon défi à relever, c'est que Daphné se rende plus loin que je ne me suis rendue dans la vie. Pousser plus loin ses limites, sans la brutaliser là-dedans, sans qu'elle se sente obligée.»

«Daphné a passé son année, maintenant elle aime l'école, elle lit toutes les pancartes. Avant elle devinait les mots. Si elle voyait, par exemple, la lettre «f», elle disait le mot fermier alors que c'était le mot fromage. Elle ne voulait pas faire l'effort de lire, ça ne lui tentait pas. Aujourd'hui, elle a vraiment débloqué. Elle a hâte que l'école commence. Avant, à chaque matin, je devais me battre avec, c'était l'enfer», renchérit la jeune mère. C'était avant qu'elle ne s'inscrive à l'école citoyenne.

«Des outils, tout le monde en a besoin dans la vie, tant les parents que les enfants. Parfois, c'est juste une petite niaiserie pour que l'enfant débloque. Mais s'il n'y a pas personne pour t'en parler, pour t'aider, ou si tu ne vas pas chercher les outils, ton enfant va rester à la même place», conclut-elle.

Projet en péril

Depuis la première école citoyenne, les succès et les retours sur le marché du travail se comptent par dizaines à COMSEP. Si, cette année, Marie-Josée Tardif peut s'en remettre à une kyrielle de partenaires pour l'aider à joindre les deux bouts, comme le Fonds de développement social de la Ville de Trois-Rivières et la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, rien n'indique que l'enveloppe budgétaire sera au rendez-vous l'an prochain.

Autant que certains parents de l'école citoyenne peinent à se projeter dans l'avenir, vivant au jour le jour, autant la coordonnatrice adjointe peine-t-elle à planifier sur le long terme la programmation de l'école citoyenne. Au printemps dernier, elle a craint que les coupes financières qui sont tombées surCOMSEP aient raison de la pérennité du projet.

«Avant, j'avais une intervenante payée», mentionne Mme Tardif, en soulignant l'apport indispensable d'une bénévole de longue date, Manon Claveau, pour animer les ateliers. «Si elle n'était pas venue nous sauver, je ne sais pas ce que j'aurais fait. L'école citoyenne était l'un des projets en péril à COMSEP.»

Avis aux intéressés, il reste quelques places disponibles pour combler les sièges de la cohorte 2015-2016. Seuls critères d'accessibilité: être parent de jeune enfant et ne pas avoir terminé son secondaire cinq. Pour de plus amples informations, on communiquera à COMSEP en composant le 819 378-6963.

olivier.gamelin@lenouvelliste.qc.ca

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