L'UQTR convoquée en commission parlementaire

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L'UQTR sera sous la loupe des parlementaires ce mercredi.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les dirigeants des établissements d'enseignement au niveau universitaire, dont l'Université du Québec à Trois-Rivières, sont convoqués devant l'Assemblée nationale, cette semaine. Ce sera au tour de l'UQTR, mercredi matin, de comparaître devant la Commission de la culture et de l'éducation.

Ces auditions arrivent quelques mois à peine après le dépôt d'un rapport accablant de la Vérificatrice générale du Québec concernant la gouvernance et les projets immobiliers de l'UQTR.

Cet exercice suscite donc l'intérêt. Pour un, le porte-parole de la Coalition Avenir Québec en matière d'enseignement supérieur, Jean-François Roberge, réserve de nombreuses questions au recteur intérimaire André G. Roy qui sera à Québec en compagnie de ses vice-recteurs.

La Loi sur les établissements d'enseignement de niveau universitaire prévoit en effet l'audition des dirigeants tous les trois ans.

Un exercice d'imputabilité est alors réalisé à partir d'une grille d'indicateurs développée par le ministère de l'Éducation.

Un document de l'Assemblée nationale indique que «les auditions des dirigeants d'établissements d'enseignement de niveau universitaire sont, entre autre, une occasion de discuter de gestion».

Rappelons notamment que dans le dossier de la construction du campus de l'UQTR à Drummondville, des contrats ont été fractionnés, ce qui contrevient à la Loi sur les contrats des organismes publics.

En fractionnant ses contrats, l'UQTR a évité les appels d'offres publics. Six contrats totalisant 266 000 $ ont été accordés de gré à gré et de façon simultanée à la même firme d'experts en gestion de projet.

Dans le même ordre d'idée, le député Roberge entend poser des questions au sujet du contrat entre l'UQTR et la firme Sodexo. Des informations sont sorties, rappelons-le, dans le cadre d'audiences de la Commission des relations du travail à l'effet que Sodexo aurait décroché un contrat de huit ans à l'UQTR alors que le maximum autorisé par la loi est de cinq ans. Il aurait aussi obtenu une réduction de loyer de 29 000 $ par année.

La vérificatrice générale avait en effet noté que «le conseil d'administration et la haute direction n'ont pas assumé pleinement leur rôle» en matière de saines pratiques de gestion lors de l'attribution de contrats. L'administration de l'UQTR a notamment accordé des contrats sans la permission du gouvernement, indique la VGQ.

La haute direction n'avait pas transmis à son conseil d'administration des renseignements essentiels concernant la viabilité financière du fameux projet de colisée de 5000 places qu'elle voulait construire sur le campus, avait constaté la VGQ. Voilà d'ailleurs un autre dossier au sujet duquel M. Roberge entend avoir l'heure juste mercredi.

On se rappellera, d'autre part, que 200 000 $ de fonds publics ont été dépensés en honoraires juridiques dans le dossier du renouvellement de la chaire de recherche de l'ancienne rectrice, Nadia Ghazzali. «La rectrice a fait l'objet d'allégations selon lesquelles elle aurait contrevenu au code d'éthique et de déontologie et se serait placée en situation de conflit d'intérêt», avait souligné la VGQ.

Le député Roberge veut savoir ce qui est advenu de la rectrice. A-t-elle décroché un simple contrat de professeure? A-t-elle reçu des indemnités? Reçoit-elle encore son salaire de rectrice? Autant de questions auxquelles il souhaite obtenir des réponses.

La VGQ s'est inquiétée aussi de la viabilité du projet de Drummondville, estimant que l'UQTR n'a «pas justifié adéquatement le besoin d'un campus de cette envergure (...) et n'a pas suffisamment pris en compte des risques importants liés à sa situation financière».

On ignore toujours, d'ailleurs, si le budget de l'année 2014-2015 s'est soldé ou non par un déficit.

Ce ne sont pas les sujets qui manqueront, lors de ces auditions. La vérificatrice générale a constaté, par exemple, qu'en décembre 2013, le conseil d'administration a confié les responsabilités liées à l'observation des règles contractuelles, jusqu'alors exercées par son secrétaire général à l'adjointe de la vice-rectrice aux finances. Or, selon la VGQ, cette adjointe «n'a pas l'indépendance nécessaire pour vérifier un processus dont l'application est sous la responsabilité de sa supérieure».

Le porte-parole de la CAQ indique finalement qu'il souhaite aussi questionner les dirigeants de l'UQTR au sujet de la nouvelle politique en matière de relations de presse adoptée en mars dernier par l'UQTR qu'il perçoit comme étant une façon de faire «inhabituelle».

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